Critique On a fait le tri n°37

Critique On a fait le tri n°37

Note de l'auteur

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les dernières sorties de la planète BD.

 

NOBODY (SAISON 1, T.4 : LA SPIRALE DE DANTE)

Quelle première saison conclue en beauté par ce quatrième rendez-vous ! C’est bien simple, on a l’impression de lire en BD un excellent polar. Avec un principe immuable : la notion d’absence de corps et d’identité. Cette série est également très graphique avec un univers sombre, glauque parfois et qui ne donne pas franchement confiance en l’humanité. Pas plus que les bribes de politique américaine réelle qui s’invitent dans cette fiction. En l’espèce, une psychologue noue une relation de confiance avec un individu qui s’accuse d’avoir commis un crime. Sauf qu’entre ses dires et la vraie vie, il y a plus que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Ce qu’il va lui révéler va éclairer cette première saison d’un jour nouveau. C’est violent, cela prouve s’il en est encore besoin, la noirceur de l’âme humaine. Ça sent la crasse mais on a du mal à s’en passer.

Écrit et dessiné par Christian de Metter
Édité par Noctambule

 

LE TROISIÈME FILS DE ROME (T.2 : EUNOUS, LE PREMIER SPARTACUS)

Tout est dit ou presque dans le titre de ce deuxième opus. Nous sommes en 138 av. J.-C. et les maîtres sont d’une cruauté sans bornes avec leurs esclaves. La Rome antique fait peu de cas de ces hommes qui assurent sa prospérité. Eunous et ses pouvoirs mystiques sont une nouvelle fois humiliés. Une fois de trop. Si bien que lui et ses compagnons prennent d’assaut une ville de Sicile pour défier Rome l’éternelle. Les esclaves qui se rebellent contre leurs maîtres, David contre Goliath, cela marche souvent. Sauf que la guerre de libération se mue en déstabilisation de la cité impériale par une secte. Entre réalité et fiction, on navigue à bon compte dans les méandres de l’histoire.

Écrit par Laurent Moenard
Dessiné par Dejan Nenadov
Édité par Soleil

 

CHAQUE JOUR DRACULA

Dracula, le jeune, est un élève d’une petite école mais un élève un peu fragile, frêle et pas bien grand. Si bien qu’on ne manque pas de se moquer de lui et de lui faire vivre un enfer. Ses nuits sont mêmes pires que ses journées puisque le petit vampire n’arrive plus trop à dormir hanté par la perspective de la journée d’après. Son papa Vlad, plutôt que de venger son rejeton, va s’adonner à une entreprise de regonflage massif de moral. Si bien que son môme ne va plus hésiter à tenir tête à ses tortionnaires en culotte courte. Évidemment, c’est en creux le cas du harcèlement scolaire qui est exposé pour tous ceux qui sont différents de la masse. C’est bien fait et plutôt pédagogique. C’est pour des yeux pas trop plissés mais ça fonctionne.

Écrit par Loïc Clément
Dessiné par Clément Lefèvre
Édité par Delcourt jeunesse

 

JOUR J OPÉRATION DOWNFALL (T.33 : SANS L’ARME NUCLÉAIRE, L’INVASION DU JAPON PAR LES TROUPES AMÉRICAINES DEVIENT INÉVITABLE)

Suite et fin de Sur la route de Los Alamos. On retrouve les principaux protagonistes avec toujours en point de départ de cette aventure en deux tomes : et si l’histoire avait quelque peu dévié de sa route officielle. Là, des agents étrangers cherchent à mettre la main sur le professeur Oppenheimer, le père du programme nucléaire américain, un homme aussi désireux de mener à terme le projet Manhattan qu’inquiet de ses conséquences. Au Mexique, il croisera Jack Kerouac, le pape de la beat generation. Sans Oppenheimer, Washington ne pourra bombarder le Japon et donc devra intervenir au sol. Pas la même chanson. Bien construit, iconoclaste et passionnant. Comme souvent avec Pécau et Duval aux manettes.

Écrit par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessiné par Denys
Édité par Delcourt

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