On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô

On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô

Note de l'auteur

Saint-Seiya-Saintia-Sho-1_440Quoi de neuf sous le sombre soleil du business-plan des saints de Kurumada ?  Voilà que débarque Saintia Shô une nouvelle itération absolument pas indispensable de Saint Seiya,  franchise-mère ultra sclérosée dans son mercantilisime primaire. Mais tentons donc de nous y intéresser un (petit) peu au vu de son histoire hyper prétexte: Saintia Shô relate l’histoire de Shôko, une jeune martialiste qui est sans nouvelles de sa soeur Kyoko devenue boursière avec la fondation Graad, géré par Saori Kido/Athéna. Shôko se retrouve alors face à Eris, une méchante déesse de la discorde pas cool, qui veut lui piquer son corps pour effectuer sa réincarnation (la routine habituelle quoi). Mais Kyoko débarque alors, avec sur elle une armure (et une jolie jupette), car il s’avère que c’est une saintia, une protectrice d’Athéna!

A peine arrivée, pas de bol, voila qu’elle se sacrifie en devenant le réceptacle d’Eris à la place de sa soeur. Mais Shôko, elle ne va pas laisser sa sister comme ça, oh que non! Elle va s’entrainer et devenir une saintia, et pas n’importe laquelle: Celle du petit…cheval! Si c’est pas la classe mondiale ça! Non mais il faut comprendre que dans la team Kurumada, on avait épuisé le stock des canassons à connotation mythologique! C’est donc tout à fait logique de revenir aux bases de la famille des équidés!

Après ce méchant résumé de votre serviteur, coupons court au suspense: Une fois encore, cette nouvelle volonté de décliner jusqu’à plus soif une histoire issue de l’univers des saints tire beaucoup trop sur l’opportunisme pour être un tant soi peu convaincante. Jugez vous-même: Kyoko/Shôko n’est qu’un double du chevalier pégase, qui dispose, elle aussi, d’une technique analogue à Seiya avec les météores d’Equelleus (les météores du p’tit cheval quoi), sans compter que la possession d’Eris entre Shôko et Kyoko rappelle en plus celle de Ikki et de Shun avec Hadès  (Vous la sentez la prise de risque maximum de l’auteure là ?). Bref, ce nouvel opus ne cherche pas du tout à être ambitieux, tout du moins sur son premier tome. Il capitalise sur des idées maintes fois utilisées, histoire ne pas perdre le lecteur avec des évidences qui frisent l’insulte à son intelligence. Comme si le fait de proposer quelque chose de différent en terme d’amorce narrative dans l’univers de Kurumada n’était désormais plus possible. Jugez vous-même: Entre un cheval ailé, un lion et maintenant un petit poney, les protagonistes principaux des différentes séries sont tout, sauf originaux car sempiternelles reprises ou dérivés.  Mais encore s’il ne s’agissait que de ça…

450px-Saintia_general_00Car effectuer une série en parallèle d’un univers très riche, c’est une très bonne idée en soi mais réussir à garder une crédibilité certaine à son encontre, c’en est une autre. A la base, les saints choisis pour défendre Athéna ne devaient-ils pas être des orphelins envoyés par Mitsumasa Kido? Ces mêmes saints ne devaient-ils pas être issus du même père pour effectuer cette formation ? A la base, encore, les femmes chevaliers ne devaient-elles pas obligatoirement porter un masque? ( L’explication foireuse à ce sujet dans le manga laisse songeur quand à la vacuité de sa justification féministe). Mais surtout, c’est qu’elles arrivent vraiment comme un cheveu sur la soupe ces saintias dont on a jamais entendu parler! Et en plus, elle se retrouvent face à une puissance déifique de grande ampleur, bien au delà de celle du sanctuaire. Un peu étrange de retrouver des jeunes filles en prise avec une puissance divine, avant que les bronze saints n’en ait eu l’occasion. Bref, comme toutes règles établies, il va s’en dire qu’elles n’existent que pour mieux être transgressées. Et ça n’en est que plus vrai dans Saintia Shô qui ne se pose pas trop de questions à ce sujet…

Saintia Shô n’est pas non plus la purge absolue tirée de l’univers de Kurumada.  Le manga se situe en parallèle à la série mère dans sa chronologie, ce qui en fait un intérêt certain (même s’il est trop tôt pour en comprendre tous les aspects). Quand au dessin de Chimaki Kuori, il sauve en grande partie les meubles grâce à sa clarté et son design agréable, même si on pourra toujours lui trouver un air de « shojo » pour garçons. On avait vu bien pire dès les premiers tomes de Saint Seiya G et Next dimension.

Cela reste toutefois bien peu car Saintia Shô rappelle aussi une douloureuse vérité sur Saint Seiya:  Si de l’exigence se doit d’être attendue de cette saga, nombre de ses très bonnes idées mériteraient d’être réutilisées intelligemment, croyez bien que les éditeurs et acteurs autour de la série n’en ont cure : Legend of Sanctuary (critiques ici et ), grosse nanardise intergalactique et Next Dimension (analyse ici), titre déjà vieillissant bourré de poncifs aux couleurs amalgamées le prouvaient déjà fort bien. Ce petit morceau de lecture incommodant qu’est Saintia Shô achève dès lors définitivement la série de notre enfance. Elle ne s’adresse qu’à ceux qui ont la collectionnite aiguë de tout ce qui attrait à cette franchise ou bien à ceux qui caressent encore et toujours l’espoir de retrouver ce qui en faisait sa force…

 

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