#Critique Persona 5 : Le Dernier Samouraï

#Critique Persona 5 : Le Dernier Samouraï

Note de l'auteur

Après la terrible déception qu’était Final Fantasy XV (critique ici), mon cœur de joueur avait perdu tout espoir pour le futur du JRPG. Je devais me rendre à l’évidence, le RPG occidental allait continuer sans partage sa domination. Mais après des années à l’attendre, Persona 5, tel le messie, est enfin sorti chez nous en avril sur PS4 et PS3. Développé et édité par Atlus (Deep Silver en Europe), ce nouvel opus d’une licence déjà mythique m’a redonné la foi. Loin d’avoir dit son dernier mot, le JRPG n’est pas encore prêt à disparaître. Le dernier samouraï Persona 5 est là pour s’en assurer.

 

Retour aux sources de la série

Même si cela peut surprendre, Persona est à l’origine un simple spin-off d’une autre série phare d’Atlus. Inspiré des romans d’Aya Nishitani publié à la fin des années 80, la célèbre licence Shin Megami Tensei nous présente un univers atypique d’urban fantasy fortement influencé par le monde de l’occulte et les œuvres intemporelles de H.P Lovecraft. Alors qu’à l’époque la majorité des JRPG comme Final Fantasy (article sur la série ici) où Dragon Quest suivait les codes de l’heroic fantasy établis par le jeu de plateau Donjons et Dragons, Shin Megami Tensei prenait une tout autre direction avec son ton mature, son monde contemporain et ses légendes urbaines.

Shin Megami Tensei

Sorti en 1992 sur Super Famicom et plus tard sur PC-Engine et Playstation, le premier opus des Shin Megami Tensei devient rapidement un véritable phénomène au Pays du Soleil Levant. Accusé de satanisme à cause de ses références à l’occulte, l’aura mystique autour de la licence n’en sera que décuplée, attirant sans cesse de nouveaux joueurs. Surfant sur la vague à succès de la série, Atlus développe en 1994 un opus à part entièrement focalisé sur un lycée infesté par des démons. Sans vraiment être le premier Persona, Shin Megami Tensei If posera les premières bases de la future licence avec son contexte scolaire et urbain qu’on retrouvera (quasiment) tout au long de la série.

Shin Megami Tensei if 2

C’est en 1996 que le tout premier Persona sous la houlette de Kouji Okada et Kazuma Kanedo sort enfin sur Playstation. Avec pour titre Revelations : Persona, le jeu reprend le gameplay soigné des Shin Megami Tensei avec des combats au tour par tour assez tactiques. L’histoire se déroule principalement dans un lycée de la ville de Mikage-Cho et met en scène un groupe de lycéens affrontant des démons avec l’aide de personas, créatures d’inspiration mythologique qui aident le joueur durant les combats. Le succès est immédiat et gagne même l’Amérique du Nord faisant de Revelations : Persona un classique de l’ère Playstation.

Revelations Persona

Depuis ce n’est pas moins de neuf titres estampillés Persona, dont deux très bons jeux de combats et même un jeu de danse, qui ont vu le jour, démontrant l’immense popularité de la licence au Japon. En 2006, Persona 3 inaugure sur Playstation 2 un nouvel aspect du gameplay avec le côté simulation de vie d’un lycéen japonais qui est depuis caractéristique de la série. À la frontière d’un visual novel, la série des Persona nous donne la possibilité de gérer notre temps libre entre de nombreuses activités annexes et surtout de tisser des liens avec nos camarades. En plus de l’exploration des donjons, c’est un tout nouveau pan de gameplay qui vient se greffer au reste du jeu.

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Mais si les Persona ont gagné une telle renommée, c’est surtout pour leurs histoires et leurs atmosphères qui baignent dans une douce folie. En s’inspirant des travaux de Carl Jung, précurseur en psychothérapie, la série d’Atlus interprète brillamment le concept du « Persona ». De plus chaque opus aborde des thèmes relativement durs et peu vus dans le jeu vidéo comme le suicide, la religion, la folie et la psyché humaine. Il n’en fallait pas plus pour que la série devienne une valeur sure des JRPG et se bâtisse une solide réputation auprès des joueurs. Malheureusement tout comme les Shin Megami Tensei, la licence Persona aura toujours eu du mal à s’imposer en occident faute d’une pauvre localisation.

 

La revanche du tour par tour

Persona 13Pour faire simple, Persona 5 est un JRPG qui peut être divisé en deux parties. La première est un dungeon-crawler qui consiste à explorer des donjons de fond en comble, avec des combats au tour par tour durant lesquels le joueur pourra donc invoquer les fameuses personas. Ces créatures légendaires sont en réalité des matérialisations de nos alter-ego et nous aident durant les combats en faisant surtout office de magies. Comme dans tous les opus de la série, seul le personnage principal, c’est-à-dire vous, peut utiliser plusieurs personas. Réparties entre huit éléments, les personas présentent toutes des points forts et des points faibles ainsi que des compétences uniques. Dans la plus pure tradition des Shin Megami Tensei, vous avez la possibilité de collectionner les personas donnant au titre un petit côté Pokémon particulièrement addictif. Pour récupérer de nouvelles personas, il vous faudra soit négocier avec des ennemis pendant les combats pour qu’elles rejoignent votre collection soit fusionner deux personas en une nouvelle entité dans la Velvet Room. Pendant les combats, vous pouvez switcher à tout moment entre vos personas en fonction de la menace. Il est donc important de bien connaître ses créatures pour les utiliser à bon escient comme, par exemple, contre un ennemi vulnérable à un seul élément. Pour inciter le joueur à user intelligemment ses personas, le système de combat vous autorise d’ailleurs un tour supplémentaire si vous exploitez efficacement la faiblesse d’un ennemi. Attention toutefois, les ennemis peuvent en faire de même et profiter également de la faiblesse de vos coéquipiers.

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En dehors de l’utilisation des personas, les combats reprennent des mécaniques bien huilées du tour par tour, comme la possibilité d’exécuter des attaques en mêlée, des attaques à distance, des attaques groupées et bien sûr d’utiliser des objets. Bien que l’IA soit à ma surprise relativement bonne, il sera toujours préférable de coordonner vous-même les attaques de vos alliés pour un résultat optimal. À la fois complexe, profond et accessible au néophyte, le système de combat de Persona 5 est un modèle du genre. Atlus nous démontre une fois de plus que le tour par tour peut être tout aussi entraînant et dynamique qu’un action RPG, n’est-ce pas Square Enix ?

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Persona 22Les donjons, qu’on appellera dans le jeu « Palaces », représentent les esprits torturés des antagonistes et bénéficient d’un level design plutôt pas mal. Dans un souci de donner à chaque Palace une identité propre, les développeurs nous ont concocté des donjons non seulement grands, mais véritablement uniques. L’exploration n’est jamais source d’ennui et il est important de rester sur ses gardes sous peine de se perdre plus d’une fois dans ces labyrinthes. Il est d’ailleurs impossible d’explorer un donjon en une seule session et il faudra y retourner plusieurs fois avant d’en voir le bout. Du fait de la grande taille des Palaces, le joueur a la possibilité de privilégier l’infiltration plutôt que les affrontements directs en prenant par exemple les ennemis par surprise. En effet, enchaîner les combats ne sera pas chose aisée faute d’un nombre d’objets limités et de points de sauvegardes old school bien espacés. Pour les joueurs qui aiment la course aux niveaux et améliorer les statistiques des personnages, Persona 5 met également à disposition sous la forme de quêtes annexes des donjons générés aléatoirement appelés Mementos.

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Persona 10La deuxième partie de Persona 5 est tout aussi intéressante et s’apparente à une simulation de vie, parce que se battre pour changer le monde c’est bien, mais avoir de bonnes notes à l’école en même temps c’est encore mieux. Dans la peau d’un lycéen de Tokyo, vous allez devoir devenir un sacré bon équilibriste pour jongler entre votre vie sociale pendant la journée et votre rôle de justicier la nuit. Pour renforcer l’importance de vos choix, Persona 5 présente un système de calendrier bien pensé. Vous allez vivre jour par jour l’histoire qui s’étale sur plusieurs mois et pour cela il faudra bien organiser son emploi du temps. Que vous privilégiiez l’exploration d’un Palace ou un rendez-vous avec une fille, cela sera votre choix. Mais attention, le temps est limité et choisir une option plutôt qu’une autre ne sera pas sans conséquence. Cette idée qu’on doit constamment faire des sacrifices donne à Persona 5 une profondeur de jeu insoupçonnée. Aller en cours, trouver un petit job étudiant, gérer vos relations amoureuses, explorer Tokyo, bref même la plus insignifiante des activités ou interactions sociales devient importante puisqu’elle permet d’améliorer les statistiques de son personnage (connaissances, charme et courage). Cette idée que la phase de simulation de vie et celle de dungeon-crawler soient intimement liées n’est pas nouvelle, mais elle est dans Persona 5 superbement bien exécutée.

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Persona 11Les nombreux personnages secondaires ne sont pas là juste pour faire de la figuration. Passer du temps avec eux et nouer des relations ne sera pas seulement utile à l’avancement de l’histoire, cela débloquera aussi de nouvelles compétences et possibilités pendant les combats. Faire évoluer votre affinité entre vous et les vingt « confidents » est un élément essentiel de Persona 5 et donne accès à des quêtes annexes tout aussi intéressantes que le scénario principal. Il est vrai que compléter chaque quête annexe demandera du temps, mais contrairement aux quêtes Fedex de Final Fantasy XV ce ne sera pas du temps perdu. Elles approfondissent encore davantage le background de chaque personnage et apportent toute une vraie plus-value à l’histoire. Ceux qui connaissaient déjà bien la série l’auront sans doute déjà compris, Persona 5 n’est pas là pour révolutionner la licence. Ce dernier opus est plutôt un condensé de toutes les bonnes idées de chaque épisode et c’est très bien.

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Don’t Steal my Heart Away!

Persona 16Résumer en quelques lignes l’univers et le scénario de Persona 5 est un exercice haut combien difficile. Comme le veut la tradition, le jeu prend place dans un Japon contemporain et réaliste. Le héros, connu plus tard sous le nom de Joker, est un jeune lycéen qui a eu le courage d’intervenir lors de l’agression d’une femme. Malheureusement pour lui, l’agresseur en question était un homme d’affaires influent avec des connexions dans la justice et la police. Victime d’une profonde injustice, Joker passe de sauveur à criminel. Ceux qui connaissent un peu la culture nippone le savent déjà, avoir un casier judiciaire même minime au Japon peut être un véritable enfer. Renvoyé de son lycée, Joker est catapulté par ses parents à Tokyo chez Sojiro Sakura, une connaissance de la famille qui tient un petit café dans le quartier de Sangen-Jaya. Malgré son statut de criminel, le jeune héros est accepté dans un nouveau lycée. Évidemment cette arrivée ne se fait pas sans bruits, vos jeunes camarades n’hésitant pas à vous pointer du doigt dans les couloirs et à entretenir des rumeurs sur votre prétendu passé de voyou. Mais heureusement vous n’êtes pas complètement seul et comme c’est toujours le cas depuis la nuit des temps, les « cancres » à l’école sont solidaires et s’entraident. C’est ainsi que vous faites la connaissance de votre premier nouvel ami Ryuji Sakamoto, une tête brûlée au grand cœur.

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Persona 2Rapidement, on se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond dans cette école. De nombreuses rumeurs de harcèlement sexuel (pour ne pas dire viols), tortures physiques et mentales de la part d’un professeur de gym circulent dans le lycée. Par hasard (ou pas…), vous êtes mystérieusement propulsé au détour d’une ruelle dans le Metaverse, une dimension parallèle entre le monde réel et le monde des rêves. Dans le Metaverse, l’esprit torturé et les pensées sordides d’adultes particulièrement corrompus se matérialisent sous la forme de Palaces. En fonction des désirs et du crime de l’adulte, le Palace n’aura évidemment pas la même forme. Durant l’exploration du Palace du professeur de Gym en compagnie de Ryuji, vous êtes lamentablement capturés et emprisonnés par les gardiens. Mais au moment de l’exécution, Joker réveille enfin son pouvoir. Il fait tomber son masque et invoque son moi intérieur, son Persona. Avec l’aide de son nouveau pouvoir, notre jeune héros est maintenant capable d’affronter les hordes de gardiens et les seigneurs des Palaces. À la manière du personnage de Light dans le manga Death Note, Joker va alors se lancer avec ses compagnons dans une croisade sans pitié pour purifier les cœurs de ces adultes corrompus. Le groupe se baptise « The Phantom Thieves of Hearts » et aura pour seul objectif de voler les cœurs des Palaces forçant ainsi l’adulte à confesser ses crimes dans la vraie vie.

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Si cela peut paraître légèrement compliqué et farfelu, c’est parce que l’histoire de Persona 5 l’est indéniablement. En plus de son univers atypique, le soft d’Atlus n’hésite pas à exploiter des thèmes matures rarement vus dans le jeu vidéo comme l’esclavage moderne, le harcèlement sexuel ou la corruption en politique. Le jeu soulève d’ailleurs des questions très intéressantes, puisqu’au final l’histoire nous montre des adolescents punissant de manière expéditive de mauvais adultes. Mais qui sommes-nous pour punir ? Pourquoi la justice ne fonctionne-t-elle pas ? Pourquoi les adultes sont-ils si facilement corruptibles et pervertis ? Évidemment Persona 5 reste avant tout un jeu et ne répondra pas clairement à vos questions, laissant libre cours à votre interprétation.

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Persona 5 c’est surtout l’histoire d’un cri de rage de cette nouvelle génération contre une société qu’elle ne comprend pas. Tous les personnages sont des adolescents aux corps d’adultes, mais avec encore les yeux et la naïveté d’un enfant. À travers les Phantom Thieves of Hearts, ce petit groupe cherche désespérément sa liberté dans une société restrictive et contradictoire. Pour notre héros et ses amis, il faut faire le changement maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Le scénario aborde dans ce sens le conflit générationnel comme aucun autre jeu auparavant. En reprenant des codes qu’on retrouve traditionnellement dans les comics américains, Persona 5 nous raconte une histoire universelle, celle d’une bataille entre des héros et des vilains issus d’une même société. Contrairement à la culture nippone qui met souvent en avant les ennemis comme des envahisseurs, Persona 5 parle ici d’un ennemi intérieur.

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Le concept de « Persona » s’inspire largement des travaux de Carl Jung. Selon le psychanalyste suisse, les « Personas » sont les manifestations de notre personnalité, autrement dit les masques qu’on présente au monde, et prennent dans le jeu la forme de créatures légendaires. En plus des « Personas », le jeu interprète aussi le concept de « l’inconscient collectif ». En dehors des Palaces, les Phantom Thieves of Hearts doivent se battre dans le Memento, un donjon géant généré aléatoirement qui représente donc l’inconscient collectif de la population, ses pensées corrompues et surtout ses peurs. Que ça soit dans les Palaces ou les Mementos, le joueur fait face aux Shadows, des créatures issues des parties négatives de nos personnalités refoulées. Vous suivez toujours ?

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Persona 5 place également le concept d’empathie au cœur du jeu, et il le fait de façon magistrale. La brillante écriture de Katsura Hashino réussit à tisser un lien invisible entre le joueur et les nombreux personnages du jeu. Le titre d’Atlus prend son temps pour développer ses protagonistes, permettant au joueur d’apprendre à connaître leurs motivations, leurs angoisses et leurs rêves. Résultat, la chimie à l’écran entre tous les personnages fonctionne parfaitement. Tous sont complémentaires et ils partagent non seulement une amitié, mais également un idéal. Ils ne sont pas là juste par hasard, les Phantom Thieves of Hearts forment une communauté, un groupe solide pour surmonter ensemble les épreuves. À l’inverse des RPG occidentaux tel que The Witcher 3 (critique ici) ou Skyrim qui mettent en avant l’effort individuel avec des héros surpuissants, Persona 5 préfère l’effort de groupe. Clairement, à part dans les précédents épisodes de la série, je n’avais pas vu un tel traitement des personnages secondaires depuis Final Fantasy IX.

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Nihon e yōkoso (Bienvenue au Japon) !

En plus d’être un excellent jeu et d’avoir un scénario complexe et original, Persona 5 est également un plongeon la tête la première dans la culture japonaise. De la même manière que le jeu Yakuza 0 (critique ici), le titre met en scène la société nippone de façon réaliste, avec ses règles et ses traditions parfois très étranges pour nous autres occidentaux. Les amateurs de mangas ou d’animes seront plus au mois en terrain connu, mais pour les autres Persona 5 sera un dépaysement total.

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Calvin-3-actsDire que Persona 5 est un titre profondément japonais est un euphémisme puisque même la narration est typique du pays. Sous la plume de Katsura Hashino, le scénario est arrangé selon une technique qu’on retrouve dans quasiment tous les arts nippons (même les arts martiaux), celle du Jo (Introduction) –Ha (Développement) –Kyu (Conclusion). En occident, nous sommes tous plus au moins familier avec la structure narrative en trois actes héritée d’Aristote et du théâtre grec. Des films comme Star Wars ou les jeux Mass Effect sont par exemple parfaitement calqués sur ce modèle. Au Japon et plus généralement en Asie, la narration a un rythme singulier dont nous ne sommes pas familiers. Au lieu de trois actes, l’histoire est divisée en cinq actes : introduction (très) lente, développement de l’histoire et tension qui monte légèrement, rupture dramatique inattendue, accélération ultra rapide de l’histoire et résolution du conflit tout aussi abrupte.

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Contrairement à d’autres formes de narration qui introduisent souvent le « mal » à surmonter dès le début, la narration de Persona 5 suit un autre chemin avec cette idée d’une routine qui s’installe, donnant ainsi le temps au scénario de construire ses personnages et de faire monter lentement la tension. C’est pour cette simple raison que pour beaucoup de joueurs, le début du jeu semble trop lent par rapport au reste de l’aventure. Dans la plupart des œuvres occidentales, le milieu est souvent le ventre mou de l’histoire. Ici c’est tout le contraire puisque c’est au milieu que l’élément perturbateur va bouleverser le rythme de l’histoire et donner au joueur un sentiment d’urgence inattendue. De plus, cette technique narrative utilisée par exemple dans Final Fantasy VI rend souvent la fin imprévisible jusqu’au dernier moment.

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Un plaisir pour les yeux et les oreilles

Persona 19Si le gameplay et l’histoire sont remarquables, l’emballage l’est tout autant. L’esthétique de Persona 5 est juste incroyable et réussit parfaitement à retranscrire l’atmosphère complètement folle du jeu. Faire chauffer les cartes graphiques avec effets de particules c’est bien, mais ça ne fait pas tout et ça, les développeurs l’ont bien compris. Alors oui, le JRPG d’Atlus n’a pas la réalisation technique d’un Horizon : Zero Dawn ou un Final Fantasy XV. Développé sur un moteur en interne, Persona 5 a bénéficié de l’expérience du studio engrangée sur leur précédent jeu, Catherine. La direction artistique est à tomber par terre et la palette de couleurs rouge-noir-blanc donne au jeu un cachet comics/mangas inimitable. Sans avoir le réalisme d’un Yakuza, la capitale japonaise est parfaitement modélisée et visiter les différents districts de Tokyo est un pur bonheur. Et que dire de la bande-son ! Composés par le génie Shoji Meguro, la musique de Persona 5 avec ses morceaux d’acid jazz est un véritable délice pour les oreilles.

Conclusion

Faites sonner les trompettes, le monde du JRPG tient enfin son nouveau roi ! Atlus nous a livré une fois de plus un titre unique en son genre. Sous couvert d’un excellent jeu, Persona 5 est une œuvre de son temps et sur son temps. Tel un miroir, le scénario de Katsura Hasino n’hésite pas à critiquer les dérives de notre société contemporaine et donne enfin la parole à cette nouvelle génération. À coup sûr, ce nouvel opus va marquer son époque d’un fer rouge, comme le retour inespéré d’un genre qu’on croyait disparu. Que vous aimiez ou non le jeu japonais, Persona 5 est déjà un classique et doit à être à tout prix sur votre étagère. Merci Atlus, et chapeau !

Persona 5

Développeur : Atlus
Éditeur : Deep Silver
Prix : 50 euros

 

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