#Critique Petits meurtres à l’étouffée de L.J. Raven, Chetville et Quaresma

#Critique Petits meurtres à l’étouffée de L.J. Raven, Chetville et Quaresma

Note de l'auteur

Meurtres en série dans la capitale des Gaules et de la gastronomie, Laure Grenadier, journaliste culinaire, mène l’enquête. Dans les bouchons lyonnais, les apparences sont parfois trompeuses.

crimesGourmands-4L’histoire : alors qu’elle débarque entre Rhône et Saône pour un reportage sur la gastronomie lyonnaise et ses fameux bouchons, Laure Grenadier assiste à la mort violente de trois restaurateurs qu’elle connaît. Avec son photographe, Paco Alvarez, ils se muent en Emma Peel et John Steed tout en traversant la riche histoire du bien-manger dans le Rhône. Jusqu’à démasquer le ou les coupables.

Mon avis : c’est une très jolie découverte qui nous est proposée avec ce voyage à Lyon. Un voyage des sens dans un des hauts lieux de la cuisine française et mondiale. Un voyage pédagogique puisqu’on part aux sources de ces spécificités rhodaniennes. D’où vient le mot « bouchon » ? Quelle est l’histoire des fameuses « mères » lyonnaises symboles de la gastronomie de la ville ? C’est hyper-bien fait et très instructif.

Cette adaptation du roman de Noël Balen et Vanessa Barrot est une évocation de tout ce qui se fait de bon à Lyon. Jambons persillés au beaujolais, caillettes aux épinards, boudin blanc au foie gras, sabodet braisé au vin rouge… Mais aussi un détour par Collonges-au-Mont-d’Or chez le Pape de la gastronomie, Paul Bocuse. Sans oublier l’emblématique Mère Brazier de la rue Royale.

La montée en puissance de l’intrigue est bien menée. Graduelle. On se dit à la lecture qu’on aura bien du mal à crimesGourmands-1connaître le dénouement dans cet opus. Qu’il va bien falloir qu’il y ait un deuxième pour aboutir cette enquête. Sauf qu’à trois pages de la fin, bing, on précipite la chute et c’est bien regrettable. La dimension psychologique, bien entretenue jusque-là, fait pschitt ! Que de précipitation inutile. Il aurait fallu dérouler le scénario plus lentement. Comme une pelote de laine. C’est une vraie mauvaise idée.

L’adaptation, le roman original peut-être également mais faute de l’avoir lu, c’est difficile de l’affirmer, connaît de petites faiblesses. On a l’impression par exemple que les journalistes sont les auxiliaires des forces de police, voire des enquêteurs assermentés. Laure Grenadier et son ancien mec, Jean-Philippe, scribouillards de leur état, ont ainsi le droit d’entrer sur les scènes de crime devant les « Bleus ». Elle est même convoquée par un commissaire pour lui soumettre ses propres hypothèses. Cela manque cruellement de précision sur des détails qui crédibilisent pourtant une intrigue.

Cela reste plaisant mais la conclusion n’est pas à la hauteur du reste. Dommage.

crimesGourmands-2Si vous aimez : Agatha Christie adaptée en BD.

En accompagnement : évidemment une table dans un bouchon place du Change à Lyon ou, pour les plus fortunés, un petit séjour chez le Grand Paul.

Autour de la BD : c’est la première réalisation de L.J. Raven en BD au stylo. Au crayon, Denis Chetville est plus rompu aux planches (Sam Lawry, Sienne…).

Petits meurtres à l’étouffée est la première adaptation de la série Crimes gourmands qui en comprend quatre. La deuxième BD, prévue pour la fin d’année, se passera cette fois à Paris.

Extraits : « Ces fils de pute l’ont assommé, ligoté et étouffé avec un sac poubelle… »

« Ils étaient plusieurs ? »

« Je ne sais pas. La caisse a été vidée. »

« C’est ça le mobile ? La recette ? »

« Apparemment ».

Petits meurtres à l’étouffée
Écrit par L.J. Raven
Dessiné par Chetville
Édité par Delcourt

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