#Critique Postal par Matt Hawkins, Brian Hill et isaac Goodhart

#Critique Postal par Matt Hawkins, Brian Hill et isaac Goodhart

Note de l'auteur

Dans l’ombre du catalogue Marvel et des productions de Mark Millar, la collection Fusion de Panini Comics n’en propose pas moins des œuvres de bonnes qualités de manière régulière. Aujourd’hui, penchons-nous sur le cas de Postal, une œuvre qui va vous réconcilier avec un métier souvent décrié.

 

Ça raconte quoi ?

Il y a les mégalopoles, les grandes villes, les villes modestes, les villages, les lieux-dits, les trous perdus et les villes fantômes. Et puis il y a Eden. Comme son nom l’indique, cette bourgade est une sorte de havre de paix pour les 2 198 habitants qui la composent. Pour la grande majorité, des criminels. Bâtie par eux, Eden est cachée du monde et géré d’une main de fer par son maire. Mais quand un meurtre survient, celle-ci fait appel à celui qui connaît tout le monde en ville, son facteur.

 

C’est de qui ?

Au scénario Matt Hawkins (Necromancer) et Bryan Hill (Romulus). Au dessin Isaac Goodhart.

 

C’est bien ?

Oui. L’idée d’une ville fondée sur une singularité commune à la majorité des habitants n’est pas nouvelle en BD. On pense bien sûr à Top Ten d’Alan Moore et dans un sens Postal ne révolutionne en rien cette approche. Mais la maîtrise du récit en fait une lecture tout ce qu’il y a de plus agréable.

 

Cela tient en premier lieu au paradoxe que représente Eden, ce havre de paix rempli d’anciens criminels. Bien sûr, tout ceci est une façade et les mauvaises habitudes ont la vie dure. Derrière le confort feutré des maisons peuvent se cacher trafics et autres joyeusetés. De la même façon, si la ville représente une sorte de deuxième chance pour des gens désireux de mettre leur passé de taulard derrière eux, il n’en reste pas moins que certains ne sont pas logés à la même enseigne.

 

Eden n’a rien d’un projet idéaliste. Sa fondation s’est faite dans le sang et au fur et à mesure du récit, le passé refait surface. Le lecteur découvre les tenants et aboutissants des pactes qui ont permis la naissance de la ville, tout comme la vérité sur certains personnages lui apporte un nouvel éclairage.

 

Centre de tout ce petit monde, le facteur Mark Shiffron se démarque rapidement. Fils du maire et atteint d’un syndrome d’Asperger, son regard froid sur la ville et ses habitants est à la fois fascinant et terrifiant. Très vite impliqué personnellement dans les événements qui secouent peu à peu la ville, Mark cherche à faire sa place et à lutter contre ses obsessions. Il y a un petit côté Dexter en lui qui intrigue. De la même manière, sa relation avec la serveuse Maggie (personnage très intéressant également), ou son désir de rapprochement avec un père décrit comme un vrai diable, apporte le sel nécessaire à une série qui arrive à nous faire croire à la réalité de son concept, notamment en décrivant le quotidien et les rituels de cette ville.

 

« Eden est une ville de criminels sans crime. On ne vient pas ici pour une seconde chance, mais pour la dernière »

 

 

Postal – Tome 1 : Carte Postale (Fusion, Panini Comics, Image Comics) comprend les épisodes US de Postal #1 à #8
Écrit par Matt Hawkins et Bryan Hill.
Dessiné par Isaac Goodhart

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