#Critique Problemos

#Critique Problemos

Note de l'auteur

Eco-village, électro-sensibles et défenseurs à l’extrême du « vivre autrement » sont les nouvelles cibles de l’humour absurde d’Éric Judor. Une bonne blague qui n’oublie pas de taper sur tout le monde, mais aussi de tourner un peu à vide.

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Après la série Platane, dans laquelle Éric Judor s’en prenait au petit monde du cinéma et du showbiz parisien, l’ancien binôme comique de Ramzy s’allie à l’humoriste et scénariste Blanche Gardin et poursuit sa carrière solo en gardant sa ligne : point de départ prétexte, humour absurde et vannes caustiques. Pour le meilleur et pour le pire. Forcément, au jeu de la caricature, les premières victimes sont les membres de la communauté du film, enfoncés jusqu’à l’absurde dans leurs préceptes de vie. Mais là où on aurait pu s’attendre aux bonnes vieilles railleries unilatérales des « gens normaux » envers ce mode de vie alternatif, ou de la simplicité scénaristique du « poisson hors de l’eau » comme la cultive le moins inspiré Dany Boon, le film décide heureusement d’aller plus loin.

Commence alors un joyeux défilé de vannes où tout le monde en prend pour son grade, de l’hilarante Blanche Gardin qui ne révèle pas le sexe de son enfant pour justement lui laisser choisir plus tard, à un Éric Judor à la ramasse dès qu’on parle du corps féminin, en passant par le « banni » Youssef Hajdi et les illuminations joyeuses du reste de cette troupe de dingues. Avec un postulat de départ comme celui de Problemos, forcément les gags sont d’une débilité bienvenue. Après un début assez diesel, où le film peine à trouver son rythme et son ton, on finit par rire nerveusement de l’idiotie des situations, qui rappelleront aux plus anciens l’humour d’Albert Dupontel à ses débuts. Au final, on s’amuse bien sans se marrer, la faute à un second acte un peu ronronnant, et à certaines blagues qui tournent à vide.

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C’est assez facile de trouver dans cette bonne farce un regard mouillé d’acide sur notre société actuelle, et la satire touche au but et avec ce qui fait sa force : ne pas décider de vainqueur en mettant tous les idiots dans le même panier. Les fans de la moue idiote d’Éric Judor et de l’humour de Blanche Gardin trouveront leur bonheur, quand d’autres s’amuseront de retrouver les situations décalées des films de Quentin Dupieux (les excellents Wrong, Rubber, et Réalité). À l’heure du désert comique français, vous comprendrez qu’on s’empare avec joie de ce petit plaisir imparfait.

 

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De Éric Judor

Avec Éric Judor, Blanche Gardin, Célia Rosich, Youssef Hajdi, Michel Nabokov, Dorothée Pousséo, Claire Chust…

De retour de vacances, Jeanne et Victor font une halte pour saluer leur ami Jean-Paul, sur la prairie où sa communauté a élu résidence. Séduits par ce groupe qui prône le « vivre autrement », où l’individualisme, la technologie et les distinctions de genre sont abolis, Jeanne et Victor acceptent l’invitation qui leur est faite de rester quelques jours. Mais un matin, ils découvrent que la population terrestre a été décimée par une terrible pandémie, ce qui fait du groupe les derniers survivants du monde. Va-t-il falloir se trouver de nouveaux ennemis pour survivre ?

En salles le 10 mai 2017

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