#Critique Saint Seiya – Saintia Shô (T. 8)

#Critique Saint Seiya – Saintia Shô (T. 8)

Note de l'auteur

1507-1Décidément, les voies de l’univers Saint Seiya sont impénétrables. Le titre de Chimaki Kuori poursuit son inexorable et insipide descente dans l’enfer des spin-off issus de la saga mythologique de Masami Kurumada, tout en bouffant à tous les râteliers. Voilà maintenant bien trop longtemps que l’on assiste impuissant au naufrage d’une licence qui, jadis, brillait au firmament des shônens. Après y avoir cru une fraction de seconde, autour des tomes 2 et 3, cela fait cinq tomes que Saintia Shô se perd dans les méandres de sa narration chaotique et sans saveur. Ne reste qu’une pâle copie de copie de copie… au féminin.

 

Shôko se retrouve face à sa sœur pour la seconde fois depuis qu’elle abrite l’âme de la maléfique déesse de la discorde, Eris. Et là, rien ne se passe si ce n’est les jérémiades de la jeune femme pour faire revenir sa sœur à la raison. Pendant ce temps-là, deux saintia de bronze, Mii (comme chez Nintendo !!) et la nana qui faisait de la moto dans le tome précédent (un grand moment), décident de se rendre sur le Mont Étoilé, car selon les dernières paroles de Saga du Gémeaux, se trouve là-bas un objet important pour Athéna. Et là, bim ! Elles se retrouvent transportées devant le temple de la Lune, aux portes de la déesse Artémis. Euh… Ouais, OK… ! Mais en fait, ce n’était pas vraiment ses dernières paroles à Saga, puisque le voilà de retour après avoir prêté allégeance à la déesse Eris. Et là vous vous dites : « Sérieux, ils nous refont ce coup-là ?! » Ouais, sauf que le petit twist, c’est qu’il se réincarne carrément en Arès, dieu de la Guerre. Voilà, voilà… Donc on récapitule, on a quatre dieux, dont une Athéna une nouvelle fois inutile, deux super méchants prêts à semer discordes et guerres en chaîne et la dernière qui fait passer des tests débiles afin de savoir si les chevaliers sont dignes de la voir. Et malgré tout cela, il ne se passe absolument rien. Pas une once d’intensité ne vient réveiller une histoire qui avance à l’aveugle, tout en piochant allègrement dans l’œuvre de Kurumada.

 

qwl1ydlc8naxyduplvnc-300x439Le parcours de Saintia Shô est assez étrange. Après une ouverture augurant d’un simple spin-off, le titre a cherché à trouver une certaine légitimité dans la galaxie Saint Seiya en développant une intrigue en parallèle du récit original. Le temps de deux tomes, on a vécu à nouveau, de manière très succincte et anecdotique, le tournoi intergalactique ainsi que la bataille du Sanctuaire. Et puis, comme ça, l’air de rien, le titre a repris la tangente pour s’embourber dans une histoire vue mille fois. C’est tout à fait symptomatique de ce que subit la licence depuis des années. On assiste, à chaque tentative, à l’impossibilité pour les auteur(e)s qui s’y frottent, de prendre du recul par rapport à l’œuvre maîtresse. Ils sont écrasés par un fan-service paresseux, prisonniers d’une mécanique, incapables de sortir d’une routine, allant, ici, jusqu’à prendre des idées un peu partout. Car au-delà de la énième réincarnation divine dans le corps d’un proche (Shun, Alone, Kyôko), Chimaki Kuori pioche dans l’OAV La Légende de la pomme d’or, dans le film Tenkai-Hen ainsi que dans la suite officielle Next Dimension. À vrai dire, ça fait tout de même beaucoup pour un seul tome. Et dès lors qu’on le termine, comme pour chacun d’entre eux, on ne peut s’empêcher de penser que c’est un énorme gâchis. Explorer le destin et l’histoire des femmes chevaliers, avec tous leurs codes, aurait pu apporter une pierre importante à l’édifice Saint Seiya et surtout proposer une approche novatrice mais non… On repassera ! Au lieu de ça, on se tape un truc sans âme, sans direction et définitivement sans cosmo-énergie !

 

Saint Seiya – Saintia Shô (T. 8)
De Chimaki Kuori et Masami Kurumada
Édité par Kurokawa

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