#Critique Sangreal – Road of the King (T.1)

#Critique Sangreal – Road of the King (T.1)

Il semblerait bien que Game of Thrones ait eu plus d’influence qu’on pourrait le croire sur l’industrie du manga. Non pas que les Japonais aient attendu les Stark et les Lannister pour se lancer dans des récits moyenâgeux et chevaleresques, mais force est de constater que ces derniers temps, beaucoup de titres jouent la carte de la conquête du pouvoir. Dans des styles assez différents, The Heroïc Legend of Arslân, Winged Mermaids, Les 7 Princes et le Labyrinthe Millénaire, et maintenant Sangreal, ont tous pour trame de fond une guerre intestine pour monter sur le trône. Voici donc le petit dernier, signé Maru Terayama et édité par Kana dans sa collection Big Kana. Ce premier tome pose des bases plutôt intéressantes avec une ligne scénaristique apparemment simple et claire.

 

An est une princesse en proie au doute. Et pour cause, An est un homme. Au milieu de la lutte sanglante pour la succession au trône, sa mère, avant de mourir, lui a conseillé de se faire passer pour une jeune femme, afin d’éviter de potentielles tentatives d’assassinat à son encontre. Sa rencontre avec Circé, une voyante qui tire le Tarot, va changer sa vie et l’amener sur la voie royale à laquelle il est destiné depuis son enfance. Voilà donc ce que nous réserve Sangreal, avec ce qu’il faut de complots, de faux-semblants, de trahisons et de rancœurs. Tout un programme ! Comme dit plus haut, même si les univers diffèrent et que le traitement n’est pas le même, ce nouveau titre partage un ADN identique avec beaucoup d’autres mangas. Encore, une fois, rien de nouveau mais le genre a vraisemblablement le vent en poupe ces temps-ci. Dans le titre de Maru Terayama, l’accent est mis sur la relation étroite qu’entretiennent un roi et son sage, cette personne énigmatique qui le suit et le conseille, quand il ne le manipule pas. Très vite, An et Circé tissent une relation très intime et la vénéneuse cartomancienne semble prête à tout pour asseoir son poulain sur le trône. Mais forcément, la révélation de An va attiser les jalousies familiales et mettre considérablement sa vie en danger.

 

Ce premier tome joue énormément sur l’ambiguïté sexuelle à travers le travestissement du prince. Car au-delà de l’effet de surprise, le jeune homme, par habitude et parce qu’il n’a rien d’autre à se mettre sur le dos, continue à s’habiller en robe. Le manga a toujours su s’amuser du mélange des genres, à travers tout un tas de procédés. Cette manière de brouiller les pistes entre féminin et masculin n’est pas toute neuve puisqu’elle remonte au théâtre Kabuki. Toujours est-il qu’ici, c’est ce « changement de sexe » qui est LE déclencheur de l’histoire et le fait de laisser An habillé en femme pendant tout le tome, tend à bien nous le rappeler. Mais ça devient presque artificiel et on finit par se demander vraiment pourquoi il ne se change pas. Non pas que ça nous dérange de le voir porter des robes, mais son affirmation publique en tant qu’homme et héritier légitime au trône ne semble pas vraiment en adéquation avec ce qu’il montre. Bon maintenant, ça n’enlève pas à ce premier tome ses qualités, mais il ne faudrait pas que tout ne repose que là-dessus. Niveau dessin, le style de Terayama est détaillé, tant en termes de décors que de chara-design. Si dans son ensemble son trait est assez rond et plutôt fluide, il sait se faire plus nerveux dans certaines scènes plus tendues et dès lors, les visages se tordent de colère ou de douleur dans des expressions parfois effrayantes. Globalement, ce premier tome coche les cases requises, à savoir un contexte et l’introduction de personnages dans un récit à la ligne et aux enjeux clairs. Pour le reste, on attendra quand même la suite avant de donner un avis trop tranché, mais ce premier tome porte en lui quelques petites promesses. De bonnes bases…

 

Sangreal – Road of the King (T.1)
De Maru Terayama
Édité par Kana

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