#Critique Sénéchal : aux armes, loyautés tristes

#Critique Sénéchal : aux armes, loyautés tristes

Note de l'auteur

Grégory Da Rosa nous propose, avec Sénéchal, un premier récit ambitieux et intimiste, écrit à la première personne du singulier.

C1-Sénéchal-OK-V2-732x1024L’histoire : Philippe Gardeval est le sénéchal de Lysimaque. La Ville aux Fleurs, qui devient ville assiégée. Un réveil plutôt rude, surtout quand on se rend compte qu’un traitre est à l’intérieur des murs. Défendre la ville, défendre son roi, défendre son honneur et combattre les fous de la foi, les bizarreries de magiciens, mais aussi faire face à sa propre histoire.

Mon avis : Sénéchal a cette qualité d’avancer à pas comptés. Chaque intrigue, chaque pan de l’univers se dessine, se complexifie. Sommes-nous dans un livre médiévale ou dans une intrigue fantastique complexe ? À vous de voir au fur et à mesure. Grégory Da Rosa aborde un récit ambitieux, qui dans ce premier tome, pose plus un prologue, où nous finissons enfin la dernière page avec toutes les cartes en mains. Et au lieu d’être agaçant, il parvient à rendre ce procédé assez fascinant, et en évitant tout deus ex machina.

Alors, certes, on pourrait se plaindre de deux trois lourdeurs, de rôles féminins intéressants mais (pour le moment ?) assez faibles, et surtout, le lecteur pourra faire preuve d’un léger agacement face aux insultes que se lancent nobles et combattants, toutes ou presque de nature homophobes (ou mettant en cause la chasteté d’un homme dont la nature des relations avec un autre homme serait plutôt clairement indiqué).

Grégory Da Rosa, photo de son profil Twitter

Grégory Da Rosa, photo de son profil Twitter

La langue est par ailleurs l’un des principaux atouts du roman, utilisant vieilles expressions, un langage daté mais compréhensible, et mots médiévaux pour parler des habits des femmes et hommes de la cour et une construction des rapports humains, des sentiments et de la méfiance, tout à fait prenant. Une jolie découverte chez Mnemos !

Si vous aimez : Les huis clos dans une cité médiévale ou tout le monde ou presque pourrait être un traitre, et des mystères fantastiques et un brin mythologiques. Les débuts de L’Assassin royal de Robin Hobb pour l’introduction du fantastique petit à petit.

Autour du livre : Il s’agit du premier roman de l’auteur montpelliérain Grégory Da Rosa, âgé de 28 ans, et dont le fil twitter est ici.

Extrait :  » – Philippe ! éclata la voix grasse du roi Édouard. Enfin ! Tu daignes poindre ton foutu museau parmi nous !
Je connaissais ce ton : celui du reproche mêlé aux prémices de la colère. Car Édouard était homme à s’emporter promptement et parfois sans raison tangible. Le peuple l’avait d’ailleurs surnommé le Sanguin, et je trouvais cette image fort à propos quand on savait que son visage avait cette façon si caractéristique de s’empourprer lorsque le courroux lui venait. On devinait le sang affluer dans ses veines tendues telle une armée conquérante, écarlate et déchaînée dont chaque cavalier aurait dressé l’oriflamme.
– Édouard, répondis-je en usant volontairement de son prénom, veux-tu bien excuser mon retard ? Cette satanée guerre m’oblige à des veillées nocturnes qui ont eu raison de moi ce matin, je le crains. »

Sénéchal
Écrit par Grégory Da Rosa
Édité par Mnémos

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