#Critique Sherlock : la métaphore du labyrinthe (/4×03)

#Critique Sherlock : la métaphore du labyrinthe (/4×03)

Note de l'auteur

Sherlock, c’est terminé ! Avec cet épisode, The Final Problem, difficile de savoir si c’est pour de bon, ou juste un season’s finale. Mais ça sonne bien comme un « au revoir », cette fois-ci. ATTENTION DIVULGÂCHAGE !

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Cette fois-ci plus de faux-semblants. Toute la vérité va être faite. Finis les masques, finis la drogue et les mensonges. Qui est Eurus et qu’a-t-elle fait de si terrible pour que Sherlock ne s’en souvienne pas ? Alors, si vous lisez cet article, nous espérons vraiment que vous avez déjà la réponse à ces questions. Mais nous nous attarderons surtout sur la manière, finalement assez convenue, mais qui fonctionne tout à fait, dont ces révélations ont lieu. Eurus, vent de l’Est, n’utilise rien d’autre que le labyrinthe.

Screen_Shot_2017_01_15_at_9.09.49_PMCe labyrinthe est celui où elle a enfermé ses rats de laboratoires. Ils sont au nombre de trois : Sherlock, Mycroft, et John. Et à travers des épreuves, de déductions et de morale, elle veut éprouver son petit frère au plus profond de son âme. Celui qui a osé l’oublier. Pendant ce temps, dans un avion, une petite fille est seule et veut être sauvée. Le labyrinthe n’est autre que l’ancienne prison d’Eurus. Chaque épreuve réussie laissera la place à une nouvelle épreuve, une nouvelle partie du labyrinthe qui s’ouvre aux trois hommes. Mais ce labyrinthe peut aussi être vu comme rien d’autre que le « palais mental » d’Eurus, où elle a convié sa « famille », là où un vieil hôtel est celui de Sherlock. Le fantôme de Moriarty plane d’ailleurs sur les deux. Et en réalisant chaque épreuve de ce labyrinthe, c’est une partie d’Eurus que l’on répare. Ou Sherlock que l’on brise ?

Mais un dilemme réussi, une décision prise ? Et c’est la voie ouverte vers un dilemme encore plus dur. Pour ceux qui connaissent l’auteur Jasper Fforde, l’issue semblait cousue de fil blanc. En effet, lors d’une des aventures de son héroïne, Thursday Next, dans le tome 5 pour être précise, cette dernière se retrouve sur le bateau du dilemme moral. Elle se retrouve à devoir faire des choix de plus en plus durs, de plus en plus compliqués, qui résultent par la mort de certains passagers. « Qu’arrive-t-il à la fin ? », demande-t-elle à l’un des marins. « Nous finissons toujours par tous mourir », répond-il. Thursday ne trouve alors qu’une seule solution. Elle refuse de rester à bord du bateau et s’échappe en pleine tempête à bord d’un canot de sauvetage. C’est le plan que va choisir Sherlock. La seule façon de battre Eurus, c’est de refuser de jouer. Et entre la mort de son frère, et celle de John, il a choisi. Ce sera la sienne.

eurus-violin-xlarge_trans_NvBQzQNjv4Bq1Cw_znh0xw4c9amLNKQzpVPDscuO0A3J--RJLm6TR6gMais le labyrinthe est aussi le voyage vers la guérison. Celle qui ramène à sa famille. Depuis la première saison, Sherlock est l’histoire d’une famille. Un frère que l’on déteste, Mycroft. Un frère, John, que l’on choisit. Des parents qui ne sont pas au courant que leur fille est en vie. Une sœur qui est une meurtrière. Une enfant qui est seule, sans personne pour la comprendre ou jouer avec elle. Eurus cherche d’abord à détruire ces liens. Elle ruine la relation de Sherlock avec Molly, dans une scène poignante, qui rend Sherlock fou de rage. Elle veut, et espère, la mort d’un frère. Elle veut être sauvée. Elle veut quelqu’un avec qui jouer. Autant de volontés contradictoires, pour une femme qui ne sait pas la différence entre le rire et le cri, la douleur et le plaisir. La résolution du labyrinthe, la fin de l’épisode permet sa reconstruction. Elle jouera, au violon, avec son frère. La famille se retrouve. Sherlock soutient son frère, et accueille enfin Greg Lestrade dans cette petite bande. Eurus est devenue adulte. En effet, ce labyrinthe est très proche des idées des univers parallèles, c’est un passage initiatique (voir le film éponyme avec David Bowie, qui a mal vieilli, au passage) vers l’âge adulte. La petite fille est libre.

Moriarty-136413666954102601On pourra parler sans doute encore plus de cet épisode. De sa construction, ses ruptures parfois très maladroites (la musique trop présente lors de l’arrivée de notre méchant préféré, Moriarty, entre autres), l’absence presque d’une enquête véritable, de ses personnages tous présents. Son final qui fait entrer Sherlock dans une légende d’happily-ever-after. Nous le ferons. Pour le moment, nous admirons ces révélations, dures et violentes (il n’y a jamais eu aussi rapidement autant de morts dans un épisode, il me semble), la profondeur de la folie, mais aussi de l’amour qui lie la grande famille de Sherlock. Les Holmes et les autres. Et je compte aussi sur mes autres collègues pour m’aider, à analyser la toile que nous ont dessiné, et laissé en cadeau, Mark Gatiss et Steven Moffat.

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