#Critique Sherlock 4×02 : The game is on !

#Critique Sherlock 4×02 : The game is on !

Note de l'auteur

Que j’aime quand d’autres que moi, ainsi Ozephe, ont raison. Que j’aime à voir un épisode de Sherlock qui arrive à mêler enquête, amour, amitié et famille. À rendre ses personnages humains, ses intrigues palpitantes, ses épisodes scotchants. Après un premier épisode dont je reste très déçue, nous touchons enfin le cœur de ce qui fait la machine Sherlock, dans ce qui est sans doute un des meilleurs épisodes de la série. Ou comment Steven Moffat et Mark Gatiss aiment à jouer aux montagnes russes. 

SPOILER ALERT !

sherlock-main-lying-detectiveDe retour dans le jeu. Après ce premier épisode qui nous avait paru mollasson et complètement en porte-à-faux avec tout ce qui nous plaisait auparavant dans la série (notre avis ici), pour un épisode qui avait divisé dans la team série, autant dire que ce dernier va sans doute rassembler notre grande famille. Parce que cet épisode offre enfin ce que le précédent ne donnait pas. Du lien. Le lien profond qui unit Sherlock, non seulement à John, mais aussi à Mrs Hudson, Molly, son frère à la limite, et surtout, ses clients. De la folie, aussi, à travers la perte de contrôle de Sherlock, la perte de pied de John. De l’humanité.

sherlock_season4_6-e1483930241755Mary a le droit à son temps. Le temps de la pleurer, le temps de la voir. Elle remplace dans une certaine mesure Sherlock. John, en effet, n’a plus besoin que le détective de Baker street lui explique son fonctionnement, ses déductions. Mary s’en charge. Elle est encore plus présente, plus vivante que lors des épisodes précédents. Elle est la boussole de John, et peut-être même de Sherlock, ce dernier la remerciant à voix haute sur la fin. Sherlock, lui, n’est plus cette figure de cire que l’on voyait dans l’épisode précédent. Il est mal rasé, marqué, ridé. Il arrive même à douter de lui. Il est d’autant plus humain lors de sa description par Mrs Hudson, qui arrive à casser la logique des deux frères Holmes. Mrs Hudson qui prend une nouvelle tournure et montre combien dans cette série, tout le monde est bien plus complexe qu’il n’en a l’air. Vue par les yeux de John et Sherlock, elle est enfin elle-même, vue par les yeux des spectateurs. Et cette humanité semble presque contagieuse avec un Mycroft bien plus humain finalement qu’il ne pense l’être (mais, c’était déjà un peu visible dans l’épisode The Abominable Bride). Il reste bien entendu toujours aussi agaçant, irritant même lors de ses rapports avec Sherlock. Mais Lady Smallwood, surnom « Love », deviendra-t-elle son « poisson rouge » ?

L’amour est en effet le fil rouge de cet épisode, celui du lien retrouvé. L’amour amoureux, d’abord. De Mary bien entendu, tout au long de l’épisode. D’Irène Adler en toile de fond. Lady Smallwood qui entre dans la danse. Mais aussi amical, fraternel. De John et Sherlock, dont l’épisode servira à retisser ce lien. De John qui doit réapprendre à s’aimer, après avoir pensé à tromper sa femme. De Mrs Hudson envers ses deux locataires et de Mycroft envers son frère qu’il ne prétend protéger/surveiller qu’en tant que danger pour la couronne. Mais est-ce vraiment le cas ?

p04n6422L’enquête, enfin, a un sens. Ce n’est plus une chasse à l’obsession, l’obsession ne reste qu’en fond. C’est une chasse contre un monstre, un tueur en série inatteignable, riche et puissant, pas si loin d’un Magnussen. Aussi répugnant, par ses actes et sa perception de toute puissance. Par sa folie, il répond à celle de Sherlock, le « high-functioning sociopath ». Mis à nu, il se vautre dans la complaisance, le bonheur retrouvé de pouvoir tout avouer. Sa grande différence avec Sherlock ? Celle de n’avoir que des liens faussés, même avec sa fille. Des liens sombres, car abrutis par la drogue, une drogue qui fait oublier ce qui s’est dit quelques minutes avant. Culverton Smith, campé par un magnifique Toby Jones, coupe volontairement ses liens, chaque fois qu’il commence à les tisser. C’est aussi un « méchant » dont la réalité est peut-être celle de Jimmy Savile, DJ britannique philantrope et célèbre, ami de la Couronne et marathonien, mais aussi prédateur sexuel qui a notamment sévi dans les hôpitaux. Mais dans le cadre de la série, nous nous arrêterons aux meurtres.

Culverton n’est finalement pas le « grand méchant » de l’épisode. Pour finir le panorama, le vent de l’Est s’est levé. Euros. Enfin. La prédiction de Mycroft, dans le dernier épisode de la saison 3 est devenue réalité : « The east wind is coming Sherlock. It’s coming to get you. ». On peut féliciter le génie des scénaristes, mais surtout le talent de l’actrice. Et des maquilleurs. Sian Brooke est donc Sherrinford/Euros, le fameux numéro 3 de la famille Holmes. Quels sont ses liens avec Moriarty ? Après avoir failli mettre le couple de John en l’air, la voilà qui attente à sa vie. Pour un troisième épisode attendu avec impatience.

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