#Critique Silent Hill (T.1 Rédemption) de Tom Waltz et Steph Stamb

#Critique Silent Hill (T.1 Rédemption) de Tom Waltz et Steph Stamb

Note de l'auteur

Ouvrage faisant partie de la première vague du nouvel éditeur Mana Books, Silent Hill : Rédemption propose un spin-off à la célèbre licence d’horreur du jeu vidéo de Konami, avec une histoire très classique dans son fond et bien étrange dans sa forme.

L’histoire : Jack Stanton est un tueur à gages au service d’un mafieux, Finn Conway, sévissant à Boston. Après avoir fait sa réputation en remplissant quelques contrats, Jack décide de tout plaquer et de s’enfuir avec la femme de son patron, Jill, pour se la couler douce sur une plage de sable fin. Mais Finn ne l’entend pas de cette oreille et envoie ses hommes de main pour retrouver sa femme et liquider son ancien tueur à gages. Jill se fait alors kidnapper par leurs poursuivants avant d’être emmenée jusqu’à une petite ville nichée dans les montagnes : Silent Hill.

Mon avis : adapté par Tom Waltz au scénario (qui a déjà officié sur l’excellent comics Teenage Mutant Ninja Turtles) et Steph Stamb aux dessins, Silent Hill : Rédemption reprend la structure classique de la série : un personnage au passé douteux se retrouve perdu dans cette ville brumeuse, remplie de créatures infernales, et va affronter ses propres peurs, matérialisées sous les traits de monstres. Jack Stanton prend donc cette place, tueur implacable forcé par son père à devenir un tueur de sang froid et cherchant à trouver la paisible vie qu’il n’a jamais eue. Si l’histoire se révèle efficace et dans le ton de la licence, basant son récit autour de flash-back pour expliquer la situation de départ, elle ne cherche jamais à dépasser son concept de base. Le héros ira simplement de lieu en lieu, subissant les épreuves qui se dressent face à lui, jusqu’à un dénouement final qui ne surprendra pas.

Jack en devient un personnage faussement torturé, se transformant non pas en héros mais bien en victime de tout ce cauchemar, et permet de retranscrire efficacement l’aspect horrifique et sans pitié de la licence. Les habitués reconnaîtront les références à la saga, comme l’hôpital Brookehaven de Silent Hill 2 et ses infirmières, véritables codes visuels de la saga toute entière, ainsi qu’une apparition fugace du Pyramid Head, juste là pour compléter le fan service obligatoire. Le « dessin » de Steph Stamb est par contre un poil problématique : cherchant à respecter l’aspect sale et brumeux de la saga vidéoludique, Stamb tente d’alimenter les cases avec des couleurs sanglantes pour justifier l’horreur des scènes. Le principal problème vient de la technique utilisée, donnant l’impression d’utiliser des personnages en vieille 3D avant de retravailler dessus pour donner l’effet « dessiné », tout en calant quelques textures plus ou moins heureuses afin de combler les décors. La volonté de « salir » l’image rend même certaines cases pas vraiment compréhensibles, et l’ensemble donne parfois dans l’amateurisme quand on regarde certains personnages dans le détail.

Silent Hill : Rédemption ne révolutionne pas la licence et embarque le lecteur dans un spin-off efficace sans non plus rester dans les annales, mais il est difficile de passer outre des dessins douteux et un style graphique tentant tant bien que mal de respecter l’aspect graphique de l’ère PsOne, avec tout ce que cela implique. Une plongée dans l’horreur, dans tous les sens du terme.

Silent Hill – Tome 1 : Rédemption (Mana Books, IDW Publishing) comprend les épisodes US de Silent Hill: Sinner’s Reward #1 à #4
Écrit par Tom Waltz
Dessiné par Steph Stamb

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