#Critique Smokin’ Parade (T.1)

#Critique Smokin’ Parade (T.1)

Note de l'auteur

L’éditeur Kana dégaine son nouveau seinen, un titre un peu racoleur, qui sous ses airs subversifs et barrés, reste finalement bien dans les clous. Aux commandes, on retrouve Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou, le duo d’auteurs derrière Deadman Wonderland. À vrai dire, on y croyait fort mais au final, ce premier tome ne parvient pas à nous convaincre, victime d’un récit a priori vu et revu. La mécanique est bien huilée, toutes les cases sont cochées et le lecteur peut prédire dans les grandes lignes, le cheminement de ce début d’histoire. Un peu lassant, à la longue.

 

Alors, au menu de cette introduction de Smokin’ Parade, voici Yôkô Kakujô, jeune collégien qui, le jour de ses 15 ans, va vivre un événement traumatique. Alors qu’il rentre chez lui fêter son anniversaire avec sa sœur, il se retrouve nez-à-nez avec une infâme créature à tête de lapin en peluche. Il semblerait qu’une greffe de jambes ait transformé la sœurette en une aberration de la nature, avide de sang. Comme cadeau, Yôkô se fait arracher les bras et une jambe. Joyeux anniversaire ! Heureusement pour lui, une bande de tarés cornus et armés jusqu’aux dents débarque et massacre sa sœur sous ses yeux impuissants. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le jeune homme n’est pas mort, sauvé in extremis par les Jackalope, cette brigade spéciale en charge d’éliminer les Spiders, les fameuses bestioles à tête de peluche. Et bien entendu, Yôkô rejoint la fine équipe, gagnant au passage une méga-prothèse du bras pour balancer des super-punchs à tout-va. Sur le principe, le nouveau titre de Kataoka et Kondou n’a absolument rien de novateur et reproduit à la lettre un schéma photocopié ad nauseam. Un garçon + un trauma + de vilaines créatures + une organisation spécialisée et mystérieuse = 50% des publications shōnen et seinen, ces dernières années. On ne compte plus les titres utilisant exactement les mêmes ingrédients, à quelques détails près. Dernièrement, ce sont notamment Versus Earth, Trisagion, Grim Reaper ou encore Battle Rabbits qui ont utilisé la même recette. Bien évidemment, chaque mangaka y ajoute sa petite sauce personnelle mais ça finit franchement par avoir le même goût.

 

Cependant, sur la forme, il faut le reconnaître, Smokin’ Parade s’en sort très bien. Les auteurs injectent dans leur récit, une esthétique tordue et glauque à travers un graphisme adulte et très agressif. Ils ne lésinent pas sur la violence, tranchant des membres et transperçant des corps à tout-va. Entre plans iconiques et séquences de carnage, le titre trouve sa tonalité, un délire « over the top » et un brin hystérique qui tente de cacher un manque flagrant d’inspiration. Comme on peut s’y attendre avec ce genre de titre, on n’échappe pas non plus au fan-service gratos et racoleur. Même s’il paraît prématuré de réduire le titre à ces seuls éléments, le combo gore et plans coquins ne laisse rien présager de bien folichon. Bref, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais ce premier tome de Smokin’ Parade peine à convaincre. Assez dommage… !

 

Smokin’ Parade (T.1)
De Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou
Édité par Kana

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