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#Critique Sombres cités souterraines : une aventure au pays imaginé

#Critique Sombres cités souterraines : une aventure au pays imaginé

Note de l'auteur

Lisa Goldstein est enfin de retour en français ! Et les éditions du Mouton électrique nous offre un de ses romans, datant de 1999, qui n’a pas pris une ride et emprunte autant à Neil Gaiman qu’à Robert Holdstock. Enfonçons-nous dans les réseaux souterrains des métros londoniens et américains…

sombres-cites-souterrainesL’histoire : Quand il était enfant, Jerry a vécu de biens étranges aventures dans un monde merveilleux et parallèle. Sa mère en a profité : le voilà devenu héros de romans. Devenu adulte, il se demande : ce qu’il a vécu, était-ce un rêve ou était-ce la réalité ? Et à ce moment-là, quelle réalité lui a retourné l’esprit, donné tant de cauchemars ? Une jeune journaliste, Ruthie, décide d’enquêter avec lui sur son passé… Mais elle n’est pas la seule à s’intéresser avec lui à « Pays imaginé »…

Mon avis : De nombreuses inspirations sont visibles dans cet ouvrage de Lisa Goldstein. Certaines sont explicitement nommées, de Peter Pan à Alice aux pays des merveilles. D’autres sont bien plus discrètes et pourtant plus puissantes, à savoir : Neverwhere de Neil Gaiman. Car la question que tout le monde se pose, c’est avant tout : qu’est-ce qui se passe dans les métros, une fois que tout le monde a le dos tourné ? Notamment le métro londonien, qui a l’air d’être un théâtre d’ombres très particuliers. Comme Gaiman, Goldstein se pose aussi cette question : Quelle est la réalité des rêves et des imaginaires enfantins, une fois passé à la moulinette « adulte » ? Que ramenons-nous de nos aventures extraordinaires enfantines dans les mondes parallèles ?

137331_cDans Sombres cités souterraines, comme il est montré sur la couverture, il faut aussi affronter des dieux égyptiens, des archétypes des mythes gallois, et des parents un peu ratés… On a aussi l’impression de passer à travers La Forêt des Mythagos de Robert Holdstock. En effet, les mythes peuvent être réels et à force de passer du temps à les côtoyer, ne devenons-nous pas partie prenante de l’histoire ? Bref, la vie dans toute sa complexité, avec donc sa part de rêve.

Mais si ce roman rappelle donc nombre de ses illustres prédécesseurs, il tente en plus d’y donner une explication. Celle-là vous conviendra-t-elle ? À chaque lecteur de le savoir. Certes, on peut reprocher à l’auteur l’aspect très genré de la narration : à la femme les sentiments maternels, la passion et l’amour, l’homme n’étant au final qu’un pantin. Seuls les enfants sont tous traités de la même façon, grâce à leurs liens aux mondes imaginaires. Mais on se laisse happer dans ce récit qui vous fera penser à tant de vos lectures, (si, si, même Horologiom de Fabrice Lebeault et Florence Breton), comme une belle promenade dans une ville dont chaque édifice vous semble familier mais qui, mis côte à côte, offre un nouveau panorama.

Si vous aimez : les romans d’urban fantasy, où le merveilleux se passe sous nos yeux, dans les rues de San Francisco, les cimetières et les métros.

Lisa Goldstein

Lisa Goldstein

Autour du livre : Les Moutons électriques vont continuer d’éditer cette auteure, notamment en collection Helios, avec Amaz en octobre 2017, et en grand format en janvier 2018, Walking the Labyrinth.

Extrait : « Il y avait un jardin à l’arrière, cela Jerry l’avait gardé en mémoire, un jardin annexé par les chardons, le lierre et les ronces, parce qu’Ann n’avait cure de s’en occuper. Mais y avait-il eu un portail, un bois et un arbre ? Il n’en savait rien. Et avait-il inventé des histoires pour les lui raconter ? Elle avait toujours soutenu que oui.
Il ne conservait chez lui aucun exemplaire des livres d’Ann. Les visiteurs se disaient toujours surpris par ce détail ; Mme Berry ferait de même, il le savait, si elle l’apprenait. Son unique concession à la gloire de sa mère était un beau livre sur E. A. Jones et le Pays que lui avait offert son ex-femme, avant qu’elle ne découvre combien il détestait la série des Jérémy. Il quitta le jardin pour la maison, se lava les mains et prit l’ouvrage sur l’étagère.
Jérémy au Pays Imaginé avait été publié en 1953, disait-il. Ça semblait à peu près correspondre – il avait sept ans, à l’époque. En admettant qu’il ait commencé à raconter les histoires à Ann à l’âge de cinq ans, supposons qu’il ait fallu un an pour les écrire et trouver un éditeur, un de plus pour que le livre sorte. Et ensuite un volume par an durant les trois années suivantes, jusqu’en 1956. »

Sombres cités souterraines
Écrit par
Lisa Goldstein
Traduit par
Patrick Marcel
Édité par
Les Moutons électriques

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