#Critique Sukeban Turbo de Sylvain Runberg et Victor Santos

#Critique Sukeban Turbo de Sylvain Runberg et Victor Santos

Note de l'auteur

Quand la technologie permet la convergence de talent et l’appropriation des codes culturels autres que ceux de son propre pays, cela peut donner des histoires magnifiques… ou pas.

 

sukeban turbo - 4Ça raconte quoi ?

Shelby Buckman est la chef d’une bande de lycéenne : les Sukeban Tribe. Influencées par un mouvement féminin japonais, elle et ses amies sont les terreurs de leur lycée et de leur quartier. Chantage, racket, drogue, tout y passe dans un rodéo de violence telle une fuite en avant d’un monde et d’un passé qui les rattrapent.

 

C’est de qui ?

Au dessin, c’est un de nos chouchous, Victor Santos, qui offre une excellente prestation bien que moins intéressante que le récent Polar. Au scénario, c’est Sylvain Runberg qui nous raconte l’histoire.

 

 

 

 

C’est bien ?

Non. On passera rapidement sur l’astuce commerciale consistant à mettre un label « comics » pour ce qui est une BD française, pour s’attarder sur une histoire qui peut au moins se targuer d’avoir un bon travail graphique. Car si ce travail veut s’avérer payant et intéressant, l’adaptation d’une culture contestataire, violente et rebelle au sein d’une époque et société différente doit dépasser le simple cadre du folklore et s’intégrer dans un récit solide.

 

sukeban turbo - 3Il se trouve que malheureusement, Sukeban Turbo a bien du mal à construire sur la longueur un récit qui semble ce conclure sur ce qui aurait pu constituer le cœur même de l’intrigue. Adolescente violente et rebelle pour des raisons absconses, Shelby est mise en valeur. Problème : il n’y a jamais un contrepoids à cette description mettant en perspective ce que l’on peut voir, à savoir une femme qui vole, deale et tabasse des gens gratuitement. Si, au départ, Runberg semble ne pas trop savoir où aller avec ces deux personnages principaux dont la relation est plus dictée que montrée, cela se rattrape un plus tard (trop tard serait-on tenté de dire) quand le récit se prête à raconter le début d’une ascension dans le monde du crime. Une sorte de Scarface au féminin sans pouvoir, hélas,  montrer le ridicule du personnage.

 

C’est bien cette absence de recul ou même de perspective différente qui fait de Sukeban Turbo une BD amusante mais très naïve passé un certain âge. À noter par contre des bonus très intéressants sur l’histoire des Sukeban, qui, s’ils ne justifient pas l’achat, font au moins passer la pilule.

 

 

 

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Sukeban Turbo (Glénat Comics)
Écrit par Sylvian Runberg
Dessiné par Victor Santos

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