#Critique Superman – Loïs et Clark de Dan Jurgens

#Critique Superman – Loïs et Clark de Dan Jurgens

Note de l'auteur

Pris entre l’agonie d’un New 52 et l’arrivée de l’ère Rebirth, la mini-série Superman – Loïs et Clark semble se faire discrète à l’instar de son histoire. Et pourtant, c’est dans ses pages qu’on trouve la plus importante note d’intention d’un éditeur en perdition désireux de se remettre en question pour mieux renaître.

 

superman lois et clark 005Ça raconte quoi ?

Lors de l’événement Convergence, Clark Kent alias Superman et sa femme Loïs Lane (ces héros dont le lecteur a suivit les aventures depuis 1986 jusqu’à 2011) sont coincés dans une Gotham City emprisonnée sous un dôme. Le couple est toutefois heureux et attend un heureux événement. Toutefois les menaces cosmiques se rappellent à eux.

 

Après avoir survécu à la Convergence et vu leur monde disparaître, Loïs et Clark se retrouve sur la Terre de l’univers New 52. Leur arrivée coïncide avec l’attaque de Darkseid et la création de la Ligue de Justice. Face à ce monde différent et plus méfiant, Clark refuse de se dévoiler et laisse agir le Superman de cette Terre.

 

Quelques années plus tard, Loïs et Clark vivent incognito sous le nom de White. Loïs écrit sous pseudonyme et Clark sauve quand même le monde, mais leur plus grande tâche est d’élever John, un jeune garçon qui tient beaucoup de sa mère et découvre peu à peu l’héritage paternel.

 

C’est de qui ?

Neil Edwards, Marco Santucci et Stephen Segovia accompagnent au dessin Lee Weeks tandis que Dan Jurgens (Justice League Internationale) s’occupe du scénario d’un personnage qu’il connaît bien.

 

superman lois et clark 002C’est bien ?

Rarement une œuvre qui aurait pu facilement tomber dans la nostalgie mal placée s’est révélée audacieuse dans sa volonté de corriger la direction artistique d’un personnage phare de l’univers DC. Alors que la relance des titres de l’éditeur en 2011 avait aussi pour but de moderniser le personnage de Superman, les choix créatifs et le désordre éditorial enfoncèrent encore plus le super-héros dans l’indifférence générale. Avec sa version fade du plus grand super-héros, DC oscilla sans cesse entre la volonté de montrer LE super-héros ultime tout en étant une sorte de super-jeune-homme qui découvre la vie. L’hésitation fut d’autant plus dommageable que les personnages secondaires (pilier des séries Superman) ne furent jamais bien intéressants. Ceux qui ont pour fonction de poser un cadre terrestre à un Alien surpuissant se révélèrent au mieux quelconque, au pire franchement désagréable (Loïs Lane en tête). Même les coups marketing (Superman n’a plus de pouvoir, son identité est révélée au monde) ne changèrent la donne.

 

Semblant conscient de la mauvaise direction et alors que se profilèrent une réorientation de son univers, DC envisagea un choix audacieux : tuer Superman. Si l’envisager est une chose, que mettre à la place ? C’est là qu’intervient ce qui deviendra la note d’intention de Rebirth.

 

superman lois et clark 007Si elle n’est pas un redémarrage à zéro de l’univers DC, cette nouvelle ère se définit par un besoin de renouer avec les ingrédients qui faisaient tout le sel de ce monde. Plus de couleurs et une capacité à poser une multitude de génération de héros. Redéfini par John Byrne en 1986, Superman était le modèle de cet univers par son accomplissement en tant que jeune adulte, homme puis époux. Le couple qu’il formait avec Loïs était le socle de tout et disparut à l’arrivée des New 52. Si Rebirth devait fonctionner, il fallait reconstruire ce socle. Il fallait faire revenir Superman tel que les lecteurs l’aimaient depuis des dizaines d’années.

 

Cette tâche en deux temps (au sein de l’événement Convergence puis d’une mini-série) est confiée à Dan Jurgens. Choix logique tant le scénariste a présidé au parcours de Superman durant l’une de ses ères les plus passionnantes sous l’égide de l’éditeur Mike Carlin. De fait, le retour aux sources est d’une maîtrise sans failles. Jouant aisément avec le décalage entre un couple issu d’un univers plus tolérant et un monde plus méfiant, Jurgens construit ses épisodes en s’aidant de flashback montrant les premières années de la vie des jeunes parents. Un procédé permettant de renforcer la tension dramatique alors qu’arrive le moment que Loïs et Clark redoutaient : John découvrant leur secret.

 

Grâce, entre autre, aux dessins superbes de Lee Weeks, Superman – Loïs et Clark titille les sommets qualitatifs de l’extraordinaire Superman – Identité secrète, notamment par cette capacité à parler de la vie de tous les jours à travers les exploits extraordinaires d’un grand super-héros. Et alors que Rebirth arrive en France, remercions Dan Jurgens pour avoir rebâti la maison Superman dans un matériau indestructible prompte à offrir de futurs grands récits.

 

superman lois et clark 001

 

Superman – Loïs et Clark (DC Renaissance, Urban Comics, DC Comics) comprend les épisodes US de Convergence Superman #1 et #2 et Superman : Loïs and Clark #1 à #8
Écrit par Dan Jurgens
Dessiné par Neil Edwards, Marco Santucci et Stephen Segovia et Lee Weeks

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