#Critique Superman (T.1) par Peter Tomasi et Patrick Gleason

#Critique Superman (T.1) par Peter Tomasi et Patrick Gleason

Note de l'auteur

Laisser pour compte de DC Comics depuis 2011 et les New 52, le personnage de Superman retrouve enfin sa splendeur d’antan. Un travail en plusieurs étapes que nous avions suivi et dont la concrétisation se retrouve dans une nouvelle série modernisant brillamment le plus grand des super-héros.

 

superman rebirth t1 2Ça raconte quoi ?

Superman est mort, vive Superman ! Après la mort de l’homme d’acier, son homologue d’une Terre parallèle décide de reprendre le flambeau. Plus âgé et plus sage, ce Superman doit aussi composer avec sa famille : L’investigatrice Loïs Lane et leur fils Jonathan qui développe des pouvoirs issus de son héritage Kryptonien. Ce métissage sera d’ailleurs l’objet de la première grande aventure de la famille face à l’Eradicator.

 

C’est de qui ?

Au scénario Peter Tomasi et au dessin Patrick Gleason, le duo à qui l’on doit la meilleure série de la franchise Batman de ces dernières années à savoir Batman & Robin s’axant sur la relation entre Bruce Wayne et son fils Damian. Autant dire qu’ils sont ici en territoire connu.

 

superman rebirth t1 4C’est bien ?

Oui et, foi de fan de Superman, cela fait plaisir tant la version New 52 était une déception dans son hésitation constante entre les aventures d’un jeune Superman et la volonté de conserver son image de plus grand des super-héros. Ce louvoiement constant secondé par une incapacité à gérer correctement les personnages secondaires sera la cause de l’échec artistique de cette tentative de modernisation. Ce retour au source (dont nous racontions les étapes ici) abouti donc aujourd’hui à l’entrée en jeu de Superman tel qu’il fut redéfini après Crisis on Infinite Earths avec cependant un changement majeur : l’arrivée de la paternité.

 

Super-héros dont une des caractéristiques principales réside dans sa double nationalité (et à l’heure actuelle, remettre en avant sa figure de migrant serait une bonne chose face à tous les connards de la planète) et l’influence de son éducation Terrienne et Kryptonienne, l’idée de transmettre celle-ci à sa propre progéniture va totalement de soi quand on réfléchi à l’évolution du personnage.

 

superman rebirth t1 3Il apparaît alors logique, pour que l’entreprise fonctionne, de poser Superman tel qu’il était avant les New52. C’est à dire en figure tutélaire du genre, héros solaire par excellence auquel se réfère tous les autres. De fait si on notera une certaine lourdeur a appuyer les effets et le but du méchant, Superman s’impose comme jamais son prédécesseur ne l’a fait auparavant. Fort, puissant, rassurant, sa sagesse nourrie de dizaine d’années d’expérience est brillamment mis en valeur par Tomasi et Gleason (le personnage prend son temps dans ses gestes ou ses paroles). Clairement voila des retrouvailles qui font plaisir. On s’amusera au passage de l’excellente réception de la série en France, notamment par une critique qui n’hésite pas invoquer leur manque d’intérêt (voire leur détestation) pour Superman pour mieux encenser cet album. Cette nouvelle série s’inscrivant clairement dans la continuité artistique du personnage telle qu’on l’a connaît depuis sa ré-invention par John Byrne, on pouffera (au mieux) devant ce paradoxe. Car si on final cette série permet de réconcilier un public avec l’idée qu’ils se font du personnage (tant bien même celle-ci serait fausse) alors tant mieux. Mais il y a plus.

 

superman rebirth t1 3Si Clark Kent/Superman est la vedette de sa série, un autre protagoniste est également mis en avant : Jonathan, son fils. La où Batman & Robin montrait une relation entre Bruce et Damian devant sans cesse se construire du fait de la personnalité même des deux êtres et de leur rencontre tardive, la relation père/fils de Superman est, naturellement, plus simple. Cela n’empêche toutefois pas les questionnements du fils face à ces nouveaux pouvoirs et les doutes de Clark face à tout cela. Moteur émotionnel de la série, leur relation est formidable. On regrettera, malheureusement, que le personnage de Loïs en pâtisse même si son rôle dans le dénouement de l’histoire reste bien fun. La lutte contre l’Eradicator achevée (avec une conclusion quand à l’idée de transmission bien utilisée avec les souvenirs des Kryptonniens) et Superman définitivement adopté par la Ligue et la Terre, il est temps d’aller de l’avant

 

Renaissance réussie pour Superman. En convoquant toute la mythologie du personnage tout en ouvrant une porte sur le futur (Jonathan), Tomasi et Gleason procède au travail de synthèse qui aurait du être fait depuis longtemps. Cerise sur le gâteau, on appréciera la manière dont le dessinateur joue avec les ombres et les lumières pour suggérer le costume traditionnel de Sup’. Parce que oui, le slip par dessus le pantalon, c’est fondamental.

 

 

 

 

« L’éclair m’a réveillé. J’ai eu peur. Il a frappé notre grange. Les animaux se sont mis à crier mais ils n’avaient pas à s’en faire. Mon père c’est Superman » – Jonathan

 

 

superman rebirth t1 1

 

Superman – Tome 1 : Le fils de Superman (DC Rebirth, Urban Comics, DC Comics) comprend les épisodes US de Superman Rebirth #1 et Superman #1 à #6

Écrit par Peter Tomasi et Patrick Gleason

Dessiné par Patrick Gleason, Doug Mahnke et Jorge Jimenez

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