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#Critique Sur les traces de Frankenstein : la vérité dans le mensonge

#Critique Sur les traces de Frankenstein : la vérité dans le mensonge

Note de l'auteur

Victor, fils de Frankenstein ? Qui de la Créature ou de son Créateur a créé l’autre ? Et s’ils avaient tous deux réellement existé, leurs destinées croisant celles de Mary Shelley et d’autres ? André-François Ruaud entremêle les fils narratifs.

L’histoire : Beaucoup de bonnes histoires commencent par « Et si… », même si l’auteur a supprimé ces deux mots liminaires, voire n’en avait pas même conscience. Et si Victor Frankenstein et sa Créature-sans-nom avaient réellement existé, et que Mary Wollstonecraft Godwin Shelley, auteure de l’immortel Prométhée moderne, n’avait fait que relater une histoire vraie ?

Mon avis : En croisant les dates, André-François Ruaud fait se croiser les destins. Ceux de Mary Shelley, de son mari, l’angélique Percy Bysshe Shelley, et du démoniaque Lord Byron, avec ceux de Victor Frankenstein et de sa Créature. En partant du célèbre paradoxe du nom – la Créature-sans-nom du roman est souvent appelée Frankenstein par le grand public, alors que son Créateur n’a désormais pour lui que cette image de savant fou hurlant « It’s alive ! » – l’auteur de Sur les traces de Frankenstein dévide la bobine d’une histoire devenue légende, d’une légende devenue mythe. Car la Créature-sans-nom est bien inscrite dans notre ADN horrifique ; elle a sa carte dans le Tarot de la terreur, au côté de Dracula, du loup-garou, etc.

André-François Ruaud entremêle les dates, les destinées mais surtout la réalité et la fiction. Et l’on ne sait plus trop bien, en tant que lecteur, quel élément relève de l’une ou de l’autre. Certes, cette Olympe de Pierre-Franche, dont le nom paraît une version française de « Frankenstein », semble un peu trop belle pour être réelle. Mais en tant que lecteur, on se prend au jeu – et parfois on s’y perd, par excès de digressions et de personnages pas franchement centraux – et à souhaiter faire ses propres recherches pour démêler le vrai du faux.

En définitive, la chose n’est pas très importante. Tout est vrai et tout est faux à la fois. Reste l’idée que, quelque part, un être immortel est toujours parmi nous. Et qu’une grenouille coasse depuis deux siècles dans une mare, invaincue par la mort.

André-François Ruaud

Si vous aimez : Une Histoire réinventée où le mensonge révèle une nouvelle part de vérité. Mais aussi Le Poids de son regard, le magnifique et vertigineux roman de Tim Powers mêlant déjà tous ces personnages hautement passionnants (et y ajoutant une bonne louche de vampires/incubes).

Extrait : « Si la créature a pris, dans l’esprit du public, le nom de son créateur, il convient de ne pas oublier ce dernier. Par lui, non seulement le mythe prométhéen trouva une moderne résonance, mais encore Victor Frankenstein devint-il l’un des premiers archétypes de ce que les récits populaires nommeront le « savant fou ». Bien avant le docteur Lerne ou le docteur Moreau : le docteur Frankenstein. Et qu’importe d’ailleurs de savoir si Victor avait obtenu ou non un doctorat. Le créateur et sa créature forment deux immenses mythes pour nos temps industriels. »

Sur les traces de Frankenstein
Écrit par
André-François Ruaud
Édité par Les moutons électriques

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