#Critique Tenjin (T.1, 2 & 3)

#Critique Tenjin (T.1, 2 & 3)

Note de l'auteur

C’est le petit dernier des éditions Kana. Aux commandes de Tenjin, le duo Yoichi Komori et Tasuku Sugie s’éclatent visiblement et nous offrent un shōnen plein de qualités. Une sorte de descendant de Top Gun, qui assume son inspiration et qui nous livre un récit plus littéraire qu’il n’y paraît. L’incroyable destinée de notre héros dans le milieu de l’aviation militaire nous promet quelques grands moments de bravoure dans le plus pur style shōnen, avec un supplément d’âme. C’est maîtrisé, beau, prenant sans oublier d’être fun. Très bonne découverte !

 

Riku Sakagami n’a qu’un seul rêve, devenir pilote militaire et dompter les engins les plus rapides. Un héritage de son paternel qui fut contraint d’arrêter de piloter suite à un accident dont les circonstances ne sont pas très claires. Le but du jeune homme, rencontrer Tenjin, le dieu qui protège et gouverne le ciel. Dès son entrée à l’école de formation des pilotes, Riku fait preuve d’aptitudes innées exceptionnelles et se fait vite remarquer par ses camarades d’escadrille. Mené par ses idéaux et croyant à ce que beaucoup considère comme un conte pour enfants, le jeune homme va gravir les échelons, emportant dans son sillon celles et ceux qu’il côtoie. Amitiés, rivalités, jalousie, ascension fulgurante, dépassement de soi, destins brisés et scènes d’action ultra efficaces, Tenjin nous sert une recette que l’on connaît très bien mais ça fonctionne. À la manière d’un titre traitant d’une pratique sportive, le manga développe son récit autour d’une thématique précise, ici, l’aviation militaire. Juste pour que l’on soit clair : Tenjin n’est pas pro-guerre et ne fait en aucun cas l’apologie de l’armée. Il s’attache plus aux désirs irrépressibles qu’ont certains de voler. La sensation de liberté et de vitesse, lorsque le corps atteint ses limites et que le black-out n’est pas loin. Ils le savent, dans les cieux, la mort est partout et une seconde d’inattention peut être fatale. C’est cette quête de sensations liée à un sens du devoir qui les motive.

 

Au fil des tomes, Yoichi Komori dresse le portrait de ces femmes et de ces hommes prêts à tout pour conquérir les cieux, quitte à mettre leurs vies en jeu. Aux côtés de Riku, on fait la connaissance de Hasebe, Sasaki ou encore l’enfant prodige, Takaoka avec qui Riku va tisser une relation mêlant rivalité et admiration. Takaoka est à Riku, ce que Kojirō Hyūga (aka Marc Landers en français) était à Tsubasa Ohzora (aka Olivier Atton) dans Captain Tsubasa, c’est-à-dire un modèle, un objectif à atteindre. Mais étrangement, alors que l’on pouvait penser que le personnage de Tokaoka resterait le « nemesis » de Riku, des événements inattendus vont modifier cette dynamique. Du coup, dès le troisième tome, c’est Reiji Hamana, dit l’as des Agressors, qui reprend cette fonction. Il est le lieutenant de l’Escadrille d’entraînement au combat tactique, une sorte de fausse escadrille ennemie intervenant dans les sessions d’entraînement en plein vol. Bien plus marqué physiquement et surtout bien moins commode et abordable que Tokaoka, Hamana s’impose dès lors comme un adversaire de taille mais encore et toujours comme un élément de motivation supplémentaire pour le fougueux Riku.

 

Ces trois tomes de Tenjin maintiennent un rythme relativement soutenu, alternant scènes d’action aériennes bluffantes et séquences plus intimistes, voire introspectives. Les auteurs ne s’appesantissent jamais trop longtemps sur un élément, nous évitant un suspens qui pourrait vite devenir artificiel comme pour le mystère entourant l’accident du père de Riku, qui trouve rapidement des réponses. De plus, le récit s’offre quelques petites ellipses temporelles pour ne pas perdre de temps et inscrire le parcours de Riku et de ses camarades dans la durée, sans que l’histoire s’en retrouve plombée. En ce qui concerne le dessin de Tasuku Sugie, son trait rappelle celui de Takeshi Obata à de nombreux égards. Finesse et maîtrise du design général, scènes d’action nerveuses, découpage millimétré, Tenjin affiche là-aussi de vraies qualités. L’éditeur Kana a mis la main sur un titre excitant qui se lit avec plaisir. Pete « Maverick » Mitchell a du souci à se faire… !

 

Tenjin (T.1, 2 & 3)
De Yoichi Komori & Tasuku Sugie
Édité par Kana

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