#Critique The Authority – Les Années Stormwatch (T.2) de Warren Ellis

#Critique The Authority – Les Années Stormwatch (T.2) de Warren Ellis

Note de l'auteur

Avec la sortie du deuxième et dernier volume de The Authority : Les années Storwatch, Urban Comics répare une certaine injustice : l’absence d’une édition complète d’une des séries les plus importantes de la fin du 20ème siècle.

 

Storwatch t2 - 002Ça raconte quoi ?

Organisation sous mandat de l’O.N.U., Stormwatch regroupe une multitude d’êtres dotés de super-pouvoirs dans le but de résoudre des menaces d’ampleurs diverses et variées. Divisés en trois sections (Stormwatch Red, Prime et Black), les différents membres de l’équipe sont des soldats chevronnés, d’anciens policiers, des victimes de conflits ou tout simplement des individus presque lambda.

 

Mais, après avoir stoppés différents attentats terroristes, des serial killers ou des attaques extraterrestres, l’organisation dirigée par l’implacable Henry Bendix va devoir faire face à des antagonistes bien plus puissants : Un ancien et puissant super-héros et ses compagnons bien décidés à sauver le monde de lui-même.

 

 

 

 

Storwatch t2 - 004C’est de qui ?

Déjà présent dans le premier volume, Tom Raney termine ici sa prestation, il sera par la suite remplacé le temps d’un arc par Oscar Jimenez avant l’arrivée de Bryan Hitch (Ultimates, Justice League of America) qui restera jusqu’à la fin de la série. Chris Sprouse se charge quant à lui du fameux épisode WildC.A.T.S./Aliens #1. Quant au scénario, c’est bien entendu toujours Warren Ellis à la barre pour une salve d’épisodes qui vont repousser beaucoup de limites.

 

C’est bien ?

Non seulement c’est bien, mais c’est même totalement indispensable pour qui s’intéresse à ces moments de bascule entre deux époques au sein de la bande dessinée super-héroïque. Si le scénariste avait déjà marqué sa différence dans le premier volume de The Authority : Les années Stormwatch (Stormwatch #37 à #47) à travers une remise en cause de certaines conventions et une attitude à jouer sur le registre de la manipulation et de la paranoïa, il va ici passer à la vitesse supérieure.

 

Avec Changer ou mourir (Stormwatch #48 à #50), Ellis va prolonger l’exploration de la figure du super-héros, un thème déjà abordé dans Jenny Sparks (Stormwatch #44) pour la confronter durement à une certaine réalité. Itération de Superman, John Cumberland, alias Le Très Haut, veut utiliser ses vastes pouvoirs ainsi que ceux de son équipe afin de rendre le monde meilleur. Un projet louable qui va se heurter à la vision conformiste d’un Henry Bendix, véritable représentant d’un système établi et en ordre de marche, qui n’hésitera pas à utiliser toutes les ressources de Stormwatch pour contrer ce changement de paradigme.

 

Storwatch t2 - 003Déstabilisant par bien des aspects, l’histoire retourne les valeurs et pourrait faire de Stormwatch le véritable « vilain » de l’histoire si Ellis n’avait eu la bonne idée de bien séparer les super-héros et Henry Bendix. Il n’est alors pas anodin que la résolution dramatique de l’intrigue passe par Jenny Sparks. Création du scénariste apparue dès son arrivée sur la série, elle est, par sa nature, un témoin privilégié du 20ème siècle et, par extension, du genre super-héroïque.

 

La relance de la série à la suite de cette noire intrigue est très symbolique (un nouveau départ pour l’équipe avec un nouveau leader et de nouvelles pratiques) mais apparaît rétrospectivement comme un amer chant de cygne et une ouverture vers une nouvelle ère. Si Drôle de temps (Stormwatch #1 à #3) met en avant une équipe harmonieuse contre une organisation ennemie, les histoires suivantes, Un monde meilleur (Stormwatch #4 à #6) et Plaie béante (Stormwatch #7 à #9), vont tester les limites morales de l’équipe. Des limites que n’hésiteront pas à franchir les membres de Storwatch Black. Très peu présents depuis la reprise de la série, Jenny Sparks, Jack Hawksmoor et Swift restent pourtant omniprésents par le changement nécessaire et inévitable qu’ils représentent. À l’occasion d’un crossover avec Dark Horse¹, Warren Ellis va profiter de la rencontre de l’équipe avec les célèbres Aliens pour tirer un trait définitif sur une forme de groupe super-héroïque qui a fait les beaux jours des années 90 mais qui est devenu obsolète.

 

Dernier épisode d’une série à (re)découvrir, Sans direction (Stormwatch #11) prouve déjà les capacités d’une équipe plus restreinte bien décidée à sauver le monde en s’affranchissant de toutes les règles pour rapidement mettre hors de nuire une menace potentielle. Face à de nouveaux ennemis, il faut penser et réagir autrement : The Authority sera la réponse.

 

 

Storwatch t2 - 001

 

 

The Authority : Les années Stormwatch – Tome 2 (DC Essentiels, Urban Comics, DC Comics) comprend les épisodes US de Stormwatch (vol.1) #48 à #50, Stormwatch Preview #1, Stormwatch (vol.2) #1 à #11 et  WildC.A.T.S./Aliens #1
Écrit par Warren Ellis
Dessiné par Tom Raney, Oscar Jimenez, Chris Sprouse et Bryan Hitch

¹ Dont les droits, longtemps bloqués, empêchèrent l’édition d’une intégrale complète de la série. Ami lecteur français sache que tu tiens dans les mains l’unique édition compilant toute la série.

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