#Critique The Authority (T.1) par Warren Ellis et Bryan Hitch

#Critique The Authority (T.1) par Warren Ellis et Bryan Hitch

Note de l'auteur

Après avoir poussé les limites de Stormwatch dans ses derniers retranchements, Warren Ellis explose le cadre du comic-book pour s’échapper sur les terres du blockbuster Hollywoodien afin de proposer l’équipe de super-héros la plus mastoc qui soit.

 

the authority T1 2Ça raconte quoi ?

Stormwatch est morte, les seuls survivants sont devenus des simples conseillers pour l’ONU. Leur frustration est donc grande à la suite de l’assaut d’une centaine de surhommes sur Moscou engendrant des dizaines de milliers de morts. Qui pour arrêter l’état terroriste de Gamorra ? Dans l’ombre pourtant une équipe est là. Les rescapés de Stormwatch Black, Jenny Sparks, Jack Hawksmoor et Swift ont recruté les puissants Apollo, Midnigther ainsi que l’ingénieur et le Docteur. Réunis, ils forment la force de frappe la plus puissante au monde, capable d’intervenir sur n’importe quel point du globe en un instant. Face aux nouvelles menaces et à leur puissance, il faut la réponse d’une autorité supérieure : The Authority.

 

 

 

C’est de qui ?

De Warren Ellis qui avait déjà posé les bases de cet univers à travers la série Stormwatch publiée précédemment chez Urban sous le titre The Authority – Les années Stormwatch. Au dessin, il retrouve Bryan Hitch avec qui il avait déjà collaboré.

 

the authority T1 3C’est bien ?

Bryan Hitch qui vous a éclaté le plus la rétine et vous aurez une petite idée du déchaînement de The Authority. Suite de Stormwatch (mais qu’on peut très bien lire sans connaître cette dernière), la série de Warren Ellis et Bryan Hitch est une date dans le comic-book de super-héros. S’inscrivant dans un contexte où beaucoup d’auteurs s’interrogeaient sur le genre en lui même, ou sur la place du super-héros à l’aube d’un nouveau siècle, The Authority est une figure de proue de ce mouvement et va influencer considérablement tout ce qui viendra par la suite.

 

Équipe restreinte et ne rendant de compte à personne, cette autorité suprême décide par elle-même de protéger la Terre quitte à passer outre certains interdits. Bien qu’agissant dans un certain anonymat à ses débuts (conséquence de l’époque Stormwatch Black), l’équipe va vite se montrer au grand jour et assumer qu’elle ne souffre d’aucun contrôle ou direction si ce n’est par ses propres membres. Car bien que Jenny Sparks soit la dirigeante naturelle du groupe (position qui lui apportera une certaine stabilité et participera à son parcours), chaque membre est un élément à part entière et a voix au chapitre. Ellis y développe ici son gout pour la SF avec les personnages de l’Ingénieur et du Docteur (deux versants d’une même pièce), continue de développer sa version de John Constantine (Jenny Sparks) et s’amuse avec le couple Apollo/Midnighter dont l’homosexualité est décrite à travers quelques touches (et sera vraiment mise en avant avec Mark Millar).

 

the authority T1 6Puissance de feu incommensurable et capacité d’intervention quasiment sans limites. Authority représente la réponse face aux limites rencontrées par Stormwatch et qui fut le fil rouge des derniers épisodes de la série sous Warren Ellis. Ici, Sparks, Jack, Swift, Apollo, Midnighter, l’Ingénieur et le Docteur sont le représentant ultime d’un genre et font face à des menaces à l’échelle planétaire et galactique dont la puissance va crescendo : des guerriers surpuissants venant d’un État terroriste suivi de l’invasion d’un monde parallèle pour finir sur le retour du créateur de la Terre. Trois arcs de quatre épisodes chacun. Un cadre strict permettant une concision qui sied à la démesure graphique de Hitch.

 

 

 

 

the authority T1 4Car si The Authority s’inscrit dans un mouvement de fond (qui va lui-même puiser ces sources chez les prédécesseurs et notamment les Uncanny X-men de Chris Claremont et Marc Silvestri), elle se démarque avant tout par la qualité et l’approche de son dessin. Dans ce qui reste l’un de ses meilleurs travaux, le dessinateur transpose ainsi la logique d’Ellis en construisant ses planches sur la base de cadres horizontaux rappelant immédiatement le format cinématographique. Semblant sortir de l’influence d’Alan Davis, Hitch pose ici le dessin qui fera sa réputation de maître de la démesure et du gigantisme (et qui atteindra son sommet avec le magnifique JLA:Heaven’s Ladder de Mark Waid)

 

Sommet de Warren Ellis dans le genre, The Authority marque aussi l’entrée des super-héros dans le XXIe siècle que ce soit par son influence ou au sein même de son histoire. La conclusion de ce tome est un magnifique chant du cygne, ansi que l’annonce d’une nouvelle ère qui promet beaucoup et dont Mark Millar sera le conteur. Rendez-vous au prochain tome.

 

« Nous sommes ici pour vous donner une seconde chance. Bâtissez un monde qui vaille la peine d’y vivre. Nous sommes Authority. Soyez sages »

 

 

the authority T1 1

 

 

The Authority – Volume 1 (DC Essentiels, Urban Comics, DC Comics) comprends les épisodes US de The Authority #1 à #12 et Wildstorm summer special #1

Écrit par Warren Ellis et Paul Jenkins

Dessiné par Bryan Hitch, Cully Hammer et Georges Jeanty

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