On a lu…The Bunker (T.1) de Joshua Hale Fialkov et Joe Infurniari

On a lu…The Bunker (T.1) de Joshua Hale Fialkov et Joe Infurniari

Note de l'auteur

Les futurs apocalyptiques se suivent et se ressemblent fortement. Avec The Bunker, le lecteur ne voyage pas en terre inconnue. Mais la nouvelle série proposée par Glénat offre suffisamment de variations pour être intéressante.

 

51Pfv4eO+RL._SX323_BO1,204,203,200_Cinq amis de fac décident d’enterrer une capsule temporelle avant de rentrer dans la vie active. Si vous fréquentez ce site tous les jours, c’est que vous vous abreuvez de séries télé créées par l’impérialiste américain et donc vous savez que cette capsule est une manière d’enterrer les témoignages d’une époque pour la redécouvrir des dizaines d’années plus tard. C’est donc ce que font Daniel, Heidi, Natasha, Billy et Grady. Mais, alors qu’ils s’apprêtent à creuser le trou, ils tombent sur un bunker. À l’intérieur, des documents à foison et des lettres à leurs noms écrites par eux-mêmes dans le futur. Les cinq jeunes découvrent alors qu’ils sont au centre du cataclysme mondial qui s’abattra d’ici quelques années. Bonne journée.

 

Le futur tel que décrit dans les premières pages de The Bunker n’est pas des plus originaux et n’est qu’à l’image des craintes de notre société. En voulant résoudre le problème de la faim dans le monde, l’un des membres de la bande, Daniel, va ouvrir la porte à une vaste pandémie qui décimera la majorité de la population et plongera les survivants dans le chaos. Revenir dans le passé pour empêcher la catastrophe est également une proposition narrative éculée. Pourtant la série de Joshua Hale Fialkov et Joe Infurnari ne tombe jamais dans le piège de la reproduction sans saveurs. Mieux même. Si on pense énormément à la série Lost et au manga 20th Century Boys à la lecture de The Bunker, c’est avant tout pour la capacité à construire une intrigue à tiroirs remplie de mystères se basant sur des personnages forts. À la série télévisée, The Bunker emprunte la magie du mystère. À la bd de Naoki Urasawa, il s’inspire d’une dramaturgie axée sur un groupe d’amis à travers les époques.

 

album-page-large-29231Cependant, ces quatre premiers épisodes se démarquent assez vite de ces modèles. Les rebondissements sont surprenants et efficaces et malgré la part de mystères qu’ils véhiculent (comment les informations du futur ont-elles pu venir dans le présent ?), ils ne représentent pas le seul intérêt du récit. Les personnages sont suffisamment bien brossés et écrits pour soutenir l’histoire. Chacun à sa part d’ombre et ses petits secrets, et on accepte facilement leurs versions du futur compte tenu de ce qu’ils font dans le présent. Grady, en premier lieu, devient le personnage le plus fascinant par son importance.

 

Bien qu’intéressant, The Bunker pêche toutefois par un problème de lecture et de clarté. Difficile de s’y retrouver ainsi dans les premières lectures des lettres que découvrent les cinq protagonistes. De même, par la suite, certains passages paraissent brouillon et nécessite une deuxième lecture pour bien comprendre les enjeux. Moment fort du récit, la découverte du futur attentat terroriste est difficilement compréhensible dans ses enjeux et l’implication de ses protagonistes. La B.D. aurait gagné à plus de limpidité dans le dessin afin de moins alourdir la lecture.

 

Avec un premier tome enthousiasmant et évitant les recueils qu’on retrouve un peu trop souvent actuellement (ce besoin de mettre en place énormément d’éléments sans rien faire avancer tel qu’on a pu le constater avec le récent Outcast), The Bunker s’apparente à une excellente surprise. La suite sera toutefois déterminante afin de juger si les auteurs maîtrisent leur récit et savent où le faire aller.

 

 

 

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The Bunker – Tome 1 : Capsule Temporelle (Glénat Comics, Glénat, Oni Press) comprend les épisodes de The Bunker #1 à #4

Écrit par  Joshua Hale Fialkov

Dessiné par  Joe Infurnari

Prix : 14,95 euros

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