#Critique : The Magpie Salute (Eagle Records)

#Critique : The Magpie Salute (Eagle Records)

Promis juré, un de ces jours on va arrêter de parler d’Atlanta et du rock ensoleillé qu’on y pratique, le genre sudiste propice aux descentes de bières locales (à consommer avec modération, puisqu’on vous le dit !) et aux barbecues au bord d’un lac après une bonne heure à conduire sur une autoroute bordée de pins odorants. Un de ces jours ouais… Mais pas aujourd’hui ! Parce que pardon, voici venir The Magpie Salute !

Et derrière ces oiseaux à tendances cleptomanes qui nous saluent bien, se cachent une autre famille de volatiles bien connus des amateurs de rock, qu’il soit southern, psychédélique ou tout simplement classique, les légendaires mais défunts Black Crowes.

Emmenés par les frères Robinson, Chris au chant et Rich à la guitare, les Black Crowes ont remis au goût du jour au début des années 90 une certaine manière de pratiquer le rock n’ roll tel qu’il fût théorisé à l’origine par les Rolling Stones, leurs petits frères des Faces (qui firent don aux pierres qui roulent d’un certain Ron Wood par la suite) et Led Zeppelin.

Rich Robinson

Rich Robinson

Des Stones, les frères Robinson ont emprunté la science du riff, ce côté less is more caractéristique des compositions de Keith Richards, un style partagé par les Faces auprès desquels Chris Robinson puisera son inspiration vocale dans le lyrisme soul de Rod Stewart. De Led Zeppelin enfin, les Black Crowes vampiriseront la complexité musicale et la virtuosité, ainsi qu’un certain parfum de soufre dans les attitudes.

Une petite dizaine d’albums plus tard si l’on inclut la compilation Croweology (2010), sorte de best of composé de titres réenregistrés en versions acoustiques et l’incroyable Live at the Greek (1999), qui témoigne de la rencontre entre le groupe et Jimmy Page au travers d’une série de reprises de Led Zeppelin (entre autres), les Black Crowes tireront leur révérence, suite à divers conflits internes. Comme souvent lorsque deux frères sont à la manœuvre d’un même navire.

Chacun des deux corbaques ayant déjà tâté des projets parallèles, la reconversion fut assez facile… Chris coule désormais des jours heureux avec le Chris Robinson Brotherhood, une formation taillée sur mesure pratiquant un jam rock californien hérité des grandes heures du Grateful Dead saupoudré d’une pincée de country music. Rich de son côté, après une poignée d’albums solos assez anecdotiques, a finalement trouvé la bonne formule, la seule qui lui convienne et qui se trouvait juste sous son nez, reformer les Black Crowes sans son grand frère !

Le regretté Eddie Harsh

Le regretté Eddie Harsh

Car The Magpie Salute, ce n’est pas autre chose ! Composé de Marc Ford à la guitare, Sven Pipien à la basse et Eddie Harsh aux claviers (malheureusement décédé depuis l’enregistrement de l’album), tous des anciens corbeaux noirs, le groupe n’a pas vocation à révolutionner le genre, bien au contraire ! Reprenant les choses là où les Black Crowes les avaient laissées, The Magpie Salute se propose de remettre le couvert histoire de ne pas laisser tomber les fans historiques du groupe en continuant à jouer ses chansons et, pourquoi pas, en ajouter d’autres à leur répertoire.

Mais pour le moment, c’est surtout de reprises qu’il s’agit. The Magpie Salute, premier enregistrement officiel de la nouvelle formation comprend dix titres enregistrés en live aux studios Applehead Recording de Woodstock comprenant des classiques des Black Crowes (Wiser Time, What Is Home), une chanson héritée du groupe éphémère de Rich Robinson Hookah Brown (Omission) ainsi que des reprises qui en disent long sur les influences de bonhomme, du Fearless des Pink Floyd au Glad and Sorry des Faces en passant par une version hallucinante du Comin’ Home de Delaney & Bonnie sans oublier le Time Will Tell de Bob Marley qui faisait déjà partie du répertoire des Crowes.

the_magpie_salute-the_magpie_salute_aEt ça sonne ! John Hogg au chant assure la transition avec les vocalises soul de Chris Robinson de la plus belle des manières, épaulé dans sa tâche par un groupe de choristes qui avaient déjà fait leurs preuves auprès des Black Crowes et de Rich Robinson, le reste de la bande suit le mouvement avec bonheur et l’on retrouve sans peine le mojo du groupe originel.

Certes, il ne s’agit pour le moment que de reprises et The Magpie Salute reste avant tout un groupe de scène, mais le potentiel est là. Rendez-vous donc le 7 juillet prochain à La Maroquinerie (Paris) pour se faire une idée in situ et qui sait, peut-être voir arriver un album entièrement original par la suite. C’est tout le mal qu’on leur souhaite en tout cas !

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