#Critique Utawarerumono : Mask of Deception

#Critique Utawarerumono : Mask of Deception

Note de l'auteur

Utawarerumono_char.1_Développé par Aquaplus et édité chez nous par Deep Silver, Utawarerumono : Mask of Deception est un visual novel avec quelques passages en Tactical-RPG. Sorti il y a déjà deux ans au Japon, le jeu a débarqué par surprise en Occident dans une version traduite uniquement en anglais sur PlayStation 4 et PS Vita. Méconnue dans nos contrées, mais ultra populaire dans le Pays du Soleil Levant, la licence Utawarerumono n’est pas nouvelle. Utawarerumono : Mask of Deception est en réalité une suite longuement attendue d’un premier opus sorti en 2002 sur PC (et plus tard sur PS2 et PSP). Quasiment impossible à trouver et avec aucune traduction officielle à ce jour, Utawarerumono a heureusement pour nous fait l’objet d’une adaptation animée de qualité qui reprend dans les grandes lignes les événements du premier épisode. Utawarerumono : Mask of Deception étant une suite plus au moins directe, je vous conseille vivement de regarder l’animé avant de vous lancer dans cette nouvelle aventure. Cela vous aidera non seulement à vous familiariser avec l’univers et les personnages, mais rendra également l’expérience de cette suite bien meilleure. Pour rappel, Utawarerumono est une trilogie et trouvera enfin sa conclusion avec Utawarerumono : Mask of Truth en septembre.

 

Une histoire très japono-japonaise

Utawarerumono-Mask-of-DeceptionComme tout bon conte nippon qui se respecte, on retrouve évidemment un jeune homme amnésique se réveillant au beau milieu d’une forêt enneigée avec pour seul habit une robe d’hôpital. En plus de n’avoir aucun souvenir sur son passé, notre futur héros est attaqué par une mystérieuse créature. Il est sauvé in extremis par la charmante Kuon, une jeune femme avec des oreilles et une queue de chat aux talents d’apothicaire. Après avoir été baptisé Haku lors d’une (très) longue et curieuse discussion, Kuon vous propose de voyager avec elle le temps de vous remettre sur pieds. Sur la route, le duo fait face à une attaque de loups étranges. Armé d’un simple bâton, Haku a du mal à s’en défaire sous le regard amusé et l’incompréhension totale de Kuon qui elle se débarrasse facilement des créatures. Vous réalisez rapidement que Haku est l’unique homo sapiens dans un monde peuplé de demi-humains dotés d’une force et d’une résistance physique surhumaines. Cette différence flagrante de puissance fait d’ailleurs l’objet de nombreuses situations comiques et donne à Haku le statut d’un héros atypique. Au lieu d’utiliser ses muscles, le jeune homme se révèle être particulièrement intelligent et fera plutôt appel à son cerveau pour se sortir de mauvaises situations. Après quelques péripéties pour introduire un peu plus l’univers, vous faites enfin la connaissance du Général Ukuon. Ayant sauvé un village montagnard d’une attaque, ce dernier vous propose de devenir ses agents dans la capitale impériale. Selon Ukuon, l’Empereur et sa fille seraient en grave danger. Au fil de l’enquête, vous comprenez qu’il y a bel et bien anguille sous roche et que la capitale est un véritable nid de serpents. Haku et Kuon vont alors se faire embarquer malgré eux dans des intrigues politiques dans les plus hautes sphères de l’état.

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Utawarerumono: Mask of Deception_20170525220626Utawarerumono : Mask of Deception nous présente un univers médiéval fantastique typiquement japonais similaire à celui de Toukiden 2 (critique ici). Pour ceux qui sont habitués aux RPG occidentaux, avoir pour cadre le Japon Féodal est comme prendre un bon bol d’air frais. Le scénario est intéressant, mais met énormément de temps à décoller faute aux nombreuses longueurs. Comme déjà vu dans la critique de Persona 5 (lien ici), la narration de Utawarerumono : Mask of Deception reprend le concept du Jo-Ha-Kyu ce qui nous donne un début (très) long dans lequel le background et les personnalités des personnages secondaires sont vraiment approfondis, peut-être un peu trop. Même l’univers fait l’objet de maintes descriptions sur les us et coutumes de l’Empire Yamato (des heures sur l’art culinaire…) et ses habitants. L’écriture typiquement nippone peut surprendre puisqu’elle alterne en un instant moments dramatiques et situations comiques, voire complètement Utawarerumono-Mask-of-Deception 6loufoques. Contrairement aux Occidentaux, les Japonais aiment bien mélanger les genres et n’hésitent pas à injecter de l’humour dans des drames ou histoires épiques. Comme le veut la tradition dans la série, Utawarerumono : Mask of Deception est également un titre qui flirte constamment avec l’érotisme à la japonaise avec son casting de (trop ?) jeunes femmes mignonnes aux poitrines voluptueuses. À travers les clichés qu’on retrouve traditionnellement dans les animés, on se retrouve souvent devant des situations cocasses comme les fameuses scènes dans les bains chauds. Plus que de servir l’histoire, ces scènes font office de fan-service et sont surtout l’occasion d’admirer quelques artworks un peu osés.

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Sortez les lunettes, il y aura (beaucoup) de lecture !

Utawarerumono-Mask-of-Deception 2Si en achetant Utawarerumono : Mask of Deception vous pensiez jouer à un Tactical-RPG, passez tout de suite votre chemin. Ce nouvel opus est avant tout et surtout un visual novel (environ 70 % du jeu), c’est-à-dire un manga interactif (pour ne pas dire roman vu la taille des textes). Malheureusement, même les interactions sont réduites au minimum, on se contente de voir défiler les lignes dialogues et les interminables descriptions entre deux petits combats sans avoir son mot à dire sur le déroulement de l’histoire. À l’inverse des jeux Telltale comme Batman (critique ici) ou Les Gardiens de la Galaxie (critique ici), le joueur n’a strictement aucun choix dans les dialogues. Pour compenser, les illustrations sont vraiment magnifiques quoiqu’un peu génériques pour les décors en arrière-plan, ce qui contraste avec le brillant character design. Les doublages japonais sont eux dans le haut du panier de ce qui se fait actuellement et donnent un peu de vie à des artworks un poil trop statiques. La musique est aussi d’excellente facture, les thèmes s’enchaînent et ne cessent de surprendre par leurs qualité.

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Utawarerumono-Mask-of-Deception 3Des combats tactiques viennent donc pimenter de temps en temps l’histoire. Le gameplay reprend la base des Tactical-RPG comme les Fire Emblem ou Final Fantasy Tactics. Pour faire simple on déplace ses troupes au tour par tour sur une carte divisée en cases. Basiques, mais solides, les mécaniques de combat sont relativement faciles pour le genre et proposent très peu de nouveautés mis à part un système de QTE bien fichu qui permet avec le bon timing soit de réaliser des dégâts critiques soit d’esquiver une attaque. Exit les jobs ou les classes, dans Utawarerumono : Mask of Deception chaque personnage est véritablement unique ce qui est plutôt logique par rapport au côté visual novel du jeu. Durant les combats, vous pouvez sélectionner jusqu’à dix personnages sachant que tous ont des points forts/faibles différents. C’est donc à vous de trouver la combinaison parfaite en fonction des objectifs de la mission. Si vous êtes avant tout un amateur de visual novel et que le côté Tactical-RPG du jeu vous fait peur, rassurez-vous la difficulté est loin d’être insurmontable notamment grâce à la possibilité de remonter le temps (jusqu’à 50 tours !) pour réparer vos erreurs et anticiper les mouvements de l’adversaire. Un petit mot sur la réalisation technique des combats, le titre de Aquaplus est vraiment à la ramasse avec des graphismes en 3D isométrique très brouillons à la limite de la PS2.

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Conclusion

Avec son scénario intéressant et ses sublimes illustrations, Utawarerumono : Mask of Deception est un visual novel japonais qui vaut largement le coup d’œil. Mais malgré toutes ses qualités, le titre d’Aquaplus reste avant tout destiné à un marché de niche et un public de connaisseurs. Étant une suite directe de Utawarerumono, les fans du premier opus ou même de l’animé trouveront dans Utawarerumono : Mask of Deception exactement ce qu’ils recherchent et attendront déjà avec impatience le dernier volet de la trilogie annoncé pour septembre. Pour les autres et notamment les amateurs de Tactical RPG, il m’est très difficile de vous conseiller le jeu vu la faible part des combats dans la durée de vie globale. Même si on ne s’ennuie pas (trop) dans Utawarerumono : Mask of Deception, il faut clairement être un amateur du genre et aimer la lecture pour vraiment apprécier le titre à sa juste valeur.

Utawarerumono : Mask of Deception

Développeur : Aquaplus
Éditeur : Deep Silver
Prix : 40 euros

 

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