# Critique Valérian et la cité des mille planètes

# Critique Valérian et la cité des mille planètes

Note de l'auteur

Chargé de maintenir l’ordre dans la galaxie, un couple d’agents spatio-temporels tente de mettre la main sur un hérisson doté de superpouvoirs. Au-delà de la laideur, une compil-remix de 30 ans de SF, la bêtise de Luc Besson en bonus…

 

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Dans le cosmos, des humains et des aliens se battent pour le dernier hérisson de l’espace qui fait caca des trucs ! 

Voilà, c’est le résumé impartial, définitif (et drôlissime) du « plus grand défi » de Luc Besson, Valérian et la cité des mille planètes, et c’est signé de notre Dr No.

Ce qui m’amène à poser quelques questions — essentielles — à l’ami Besson :

– Est-ce que tu as écrit l’intégralité de ton scénar sur la tranche d’une feuille de papier à rouler ?

– Est-ce que ça t’a pris plus ou moins de 15 minutes pour gribouiller ton nouveau chef-d’œuvre ?

– Luc, est-ce que tu avais fumé quand tu as pondu ton scénar ? Si oui, tu peux m’appeler, car j’en veux. Beaucoup !

– Quelles gueules ont fait les producteurs chinois et les cadres en costard de Paribas quand tu leur as pitché ton histoire de « Je-fais-caca-des-perles » pour leur soutirer 180 patates ?

Pour être tout à fait honnête, le film semble inspiré de plusieurs albums de la BD du XXe siècle Valérian (L’Ambassadeur des ombres, La Cité des eaux mouvantes, L’Empire des mille planètes). Il est donc question d’une enquête des agents spatiaux Valérian et Laureline, sur fond de marivaudage sidéral (« Tu veux m’épouser ? » « Euh, non »), de complots, de militaires et  politiques très méchants, d’E.T. très gentils et de Rihanna en alien transformiste. Mais, en gros, cela reste de la grosse bessonnerie qui tâche avec des poursuites poussives en réalité augmentée, des bastons et deux grands moments régressifs : Laureline qui met sa tête dans le trou de balle d’un poulpe (véridique !) ou des personnages recouverts de morve extraterrestre. Pas complètement étonnant de la part d’un mec qui a inventé une histoire avec Scarlett Johansson métamorphosée en clé USB (Lucy) ! Voilà pour le scénar d’un film que Les Inrocks qualifient de « charmant ».

 

valerian 2Je me souviens être sorti furax de trucs aussi foireux que Le Cinquième élément, The Lady ou Lucy. Sans parler de films dégueulasses comme Léon, Taxi, Taken, avec leurs sous-textes pédophiles, leurs blagues racistes, misogynes, les péripéties vroum vroum. Ici, tout est mauvais, raté, bas de plafonds. Rien ne fonctionne : les acteurs principaux sont calamiteux, mention spéciale à Dane DeHaan, pas fait pour jouer les héros bad boy, et à Cara Delevingne, qui semble défiler sur un podium avec son air constipé pendant 2 h 17 ; le look du film, probablement conçu par un informaticien parkinsonien sous acide ; les SFX tocs, dépourvus du moindre intérêt (déjà vus ou bâclés) ; le montage qui semble s’éterniser durant quatre heures. Pas une image iconique comme dans Le Cinquième élément (quand Leeloo sautait dans le vide), pas une once d’émotion (comment cela serait-il possible avec des ectoplasmes comme DeHaan et Delevingne, alors que Besson aurait été plus inspiré en prenant Ethan Hawke et Rihanna qui brillent dans des seconds rôles), pas un plan de cinéma (sérieusement, tout a déjà été vu et revu dans les jeux vidéo ou chez James Cameron, George Lucas, Ridley Scott ou Steven Spielberg), pas une séquence qui intrigue, amuse, fait vibrer.

Pour vous faire marrer, je pourrais écrire que Valérian est au cinéma ce que le PQ est à la littérature. Ça se vend, c’est joli, parfumé et coloré, mais il n’y a pas grand-chose à lire. Non, Valérian, c’est un déferlement de fric, de sons en THX (en tout cas, il n’y a pas la muzak de l’autre naze d’Eric Serra) et d’images multicolores qui vous regardent distraitement en pensant à ce que vous allez manger plus tard ou à votre liste de courses. Dès le générique du début, avec la musique de David Bowie, l’impression qui m’a saisi pour ne jamais me lâcher, c’est le vide, le rien. J’ai eu l’impression d’être happé par le vide, de regarder un écran vierge. Dès la sortie de la salle, le disque dur de mon cerveau avait déjà tout effacé. Valérian, c’est simplement le néant.

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Valérian et la cité des mille planètes de Luc Besson avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Ethan Hawke et Rihanna.

 

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