#Critique The Walking Dead – Edition Prestige (Vol.1)

#Critique The Walking Dead – Edition Prestige (Vol.1)

Note de l'auteur

Ha Noël ! Un moment synonyme de sapin décoré, de cadeaux enveloppés, de chocolats dégustés et de rire d’enfants. Mais avec la sortie du premier tome de l’intégrale The Walking Dead, ce moment magique va aussi être l’occasion de tripailles bouffées, de cerveaux léchés et de hurlements.

 

walking-dead-prestige-vol-1-2Ça raconte quoi ?

À moins que vous n’ayez passé les dernières années dans une grotte perdue au fin fond du Cantal ou que vous ayez réussi à éviter toutes les discussions autour de la machine à café (respect), vous savez que cette série raconte la vie et la survie d’un groupe de personnes mené par Rick Grimes après l’apocalypse zombie.

 

C’est de qui ?

De Robert Kirkman au scénario et de Charlie Adlard au dessin bien sûr, mais également de Tony Moore.

 

Quequoiqui ?

En effet, pour ceux qui l’auraient oublié, le créateur de Battle Pope est le cocréateur et premier dessinateur de The Walking Dead. Ce qui ne manque pas de rendre cette relecture intéressante.

 

walking-dead-prestige-vol-1-5À quel niveau ?

On a tendance à l’oublier aujourd’hui, mais The Walking Dead ne fut pas un succès immédiat en France. Bien au contraire. Publié initialement chez Semic (dans la collection Semic Noir) en 2005, le premier tome de la série sera, du fait de la dissolution de la société, le seul publié en France durant deux ans. Ce n’est qu’en 2007 que les morts-vivants posent définitivement leurs bagages chez Delcourt pour un succès modeste au départ mais qui ne cessera de grandir pour devenir aujourd’hui le comics le plus lu en France.

 

Un succès qui dans un même temps fait figure d’exception. Dans un secteur où la majorité du public amateur de BD ne jure que par le cartonné, la série de Robert Kirkman pourrait apparaître comme le vilain petit canard avec son noir et blanc et ses couvertures souples s’il n’y avait pas des puissants arguments jouant en sa faveur. Fer de lance du genre « zombie », The Walking Dead est apparu au sein d’un mouvement déjà bien lancé à l’époque et même sans s’attarder pour le moment sur les qualités artistiques de l’œuvre, on pourra noter que le caractère feuilletonnesque et la capacité à surprendre et choquer le lecteur, l’inscrivant en cela dans une longue tradition, a permis à la série de se constituer un fidèle public bien avant que l’adaptation télévisée ne soit diffusée.

 

walking-dead-prestige-vol-1-4The Walking Dead n’a plus rien, aujourd’hui, à prouver. Cette nouvelle édition, qualifiée de « prestige », peut donc se voir avant tout comme la confirmation d’une tendance qu’on retrouve chez tous les éditeurs. Celle de proposer des volumes épais avec une forte pagination pour un prix qui ne dépasse pas le seuil psychologique pour le public. Que ce soit Urban avec les rééditions de Scalped, 100 Bullets ou bien encore Geoff Johns présente Green Lantern, Panini avec la collection Marvel Icons, Akileos (avec Fear Agent) ou Milady (avec Locke & Key)¹, le phénomène est bien implanté. Et encore, nous ne parlons pas ici de la BD franco-belge. Si ces nouvelles éditions permettent de remettre en avant les séries dans les rayons, on peut également voir que le lecteur semble plus enclin à débourser un peu plus de sous pour ce qu’il considère comme un bel objet ou pour se lancer dans une série qui ne dépassera pas un certain nombre de volumes. On est, apparemment, plus enclin à investir dans une série quand on sait qu’il y a cinq gros tomes plutôt que dix petits.

 

Et l’œuvre dans tout cela ? Relire les débuts de l’aventure alors qu’on a encore en mémoire le vingt-sixième tome reste un exercice intéressant tant on se trouve déstabilisé tout en reprenant rapidement ses marques. Après un début citant 28 jours plus tard pour enchaîner sur la quête solitaire de Rick et les retrouvailles avec sa famille, The Walking Dead trouve peu à peu ses marques. Et alors que la série s’est démarquée pour nous raconter « l’après » apocalypse de manière extrêmement poussée, il est assez amusant de voir que les premiers conflits et les premières problématiques opposent un Shane croyant à la survie de l’ancien monde et au rétablissement des institutions à un Rick déjà persuadé (à un niveau plus inconscient qu’autre chose) qu’ils sont entrés dans une nouvelle ère. En cela, la mort de Shane reste un symbole fort pour la suite de l’histoire et sa survie dans la série télévisée constituera d’ailleurs l’une des premières grandes erreurs de l’adaptation.

 

walking-dead-prestige-vol-1-3Si des personnages, comme Dale, ne sont pas totalement comme nous les connaissons, la grande différence tient bien à Tony Moore. Plus académique dans sa construction (un gaufrier classique et propre, des décors détaillés), son dessin clair et précis nous donne de quoi nous régaler en termes de scènes gores et horrifiques, mais représente en soit une sorte de barrière quant à la véritable horreur et noirceur de la situation. En cela, l’arrivée de Charlie Adlard constitue un changement majeur et bénéfique pour la série qui monte en grade et va trouver son véritable rythme de croisière. The Walking Dead propagera une ambiance crépusculaire quasi constante que les rares rayons de soleil n’arriveront jamais à détruire.

 

Dès lors, la série s’installera également dans une routine, agréable certes mais bien là. Les survivants arrivent à un endroit, une problématique se pose, des conflits naissent avant une résolution dans le sang. Si le procédé peut faire sourire et agacer, il n’en reste pas moins que c’est de cette routine que va naître la grande qualité de la série. Celle de voir évoluer sur une longue période des personnages auxquels on va s’attacher. The Walking Dead, c’est le soap-opéra de la tripaille et c’est aussi pour cela qu’on l’aime.

 

 

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Walking Dead – Édition Prestige – Volume 1 (Contrebande, Delcourt, Image) comprend les épisodes US de The Walking Dead #1 à #12 et Image Comics Holiday Special)

Écrit par Robert Kirkman

Dessiné par Tony Moore et Charlie Adlard

Prix : 24,95 €

 

 

¹ ou bien même un jeune éditeur comme Bliss avec, notamment une œuvre sur laquelle nous reviendrons pas plus tard que tout à l’heure

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