#Critique Walking Dead (T.28) par Robert Kirkman et Charlie Adlard

#Critique Walking Dead (T.28) par Robert Kirkman et Charlie Adlard

Note de l'auteur

Alors que la huitième saison télévisuelle de Walking Dead pointe le bout de son nez, Delcourt nous en propose le 28ème tome de l’œuvre originale. Une nouvelle salve d’épisodes qui clôture la guerre contre les chuchoteurs, non pas dans un grand climax comme on pourrait s’y attendre, mais dans une approche à l’intimité renversante.

 

Ça raconte quoi ?

Alors que la Colline a été détruite et que ses habitants cherchent à rejoindre Alexandria, celle-ci est en grand danger. Malgré sa défaite, Bêta, le chef des Chuchoteurs, a réussi à envoyer une immense horde de zombies sur la communauté. Rick et ses hommes vont devoir lutter face à cette déferlante impossible à stopper.

 

C’est de qui ?

Rien de nouveau : Robert Kirkman, Charlie Adlard et Stefano Gaudiano

 

 

 

C’est bien ?

Oui, mais pas de la manière à laquelle on se serait attendu. Habituellement, les fins d’arc de Walking Dead sont l’occasion d’un grand déferlement d’actions, de morts et de conflits. Si on retrouve cela ici, la mise en forme s’axe sur un point de vie intimiste salutaire. Dans la première partie de l’album se concentrant sur l’invasion de la horde de zombies, Charlie Adlard arrive à bien nous situer géographiquement les différents groupes. Et si la menace est énorme, on se rend compte aussi ici que les survivants ne sont plus des débutants mais des hommes et femmes qui ont surmonté l’apocalypse et ont appris à vivre avec.

 

Le rapport à la horde zombie est d’ailleurs intéressant. Outre un découpage favorisant un plus long temps de lecture comme pour mieux accentuer le caractère inéluctable de la déferlante, les auteurs modifient le rapport des personnages vis-à-vis de la menace. Celle-ci est gérée comme une catastrophe naturelle indomptable certes, mais à laquelle on peut résister et que l’on peut même tenter de canaliser avec succès, même si les pertes sont inévitables. On retiendra bien sûr le tête-à-tête de Rick et Negan, entouré par des centaines de zombies, nous permettant d’en découvrir un peu plus sur le passé de l’homme à la batte. Et si la résolution de la bataille fait de ce dernier un homme clé des aventures à venir, ce qu’on retiendra avant toute chose c’est bien entendu la deuxième partie de l’album centrée sur la mort d’un personnage clé.

 

Attention lecteur, on a peur de rien, on spoile !

 

La deuxième partie de l’arc est donc consacrée à la lente agonie d’Andréa dont la forme inédite est à la fois délicate et terriblement cruelle. Alors que beaucoup de morts de personnages du groupe de Rick furent marquantes par leur violence, leur soudaineté (Lori) ou par le fait d’un élément extérieur (Glenn tué par Negan), la mort d’Andréa assomme par sa lenteur et sa mise en forme presque digne. Mordue durant la bataille, elle meurt dans son lit au sein de sa communauté. Tour à tour, ses amis, camarades et alliés viennent lui parler et lui dire au revoir. Bien sûr, les moments les plus forts sont avec Carl et Rick.

 

Cette temporalité étirée met bien en valeur le changement de paradigme de la série depuis le saut dans le temps (bien plus que l’évolution de Negan et sa confession), mais arrive à conserver la dureté de la chose dans les derniers instants de la vie d’Andréa qui, plus que jamais, fait écho ici à une grande convention des histoires de zombies qu’on connaît bien mais qui garde sa puissance émotionnelle.

 

 

C’est fini tu peux lire la conclusion

Album marquant, Walking Dead – Vainqueurs conclu un arc narratif qui, s’il n’est pas forcément le plus épique, n’en reste pas moins intéressant par la capacité des auteurs à avoir remis en cause les bases de la série pour mieux développer les personnages et les situations. Alors que divers indices sont déjà lancés quant à la prochaine menace, on a hâte de voir ce que va devenir Rick après cette terrible épreuve.

 

Walking Dead – Tome 28 : Vainqueurs (Contrebande, Delcourt, Image) comprend les épisodes US de The Walking Dead #163 à #168
Écrit par Robert Kirkman
Dessiné par Charlie Adlard et Stefano Gaudiano

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