#Critique Wonder Woman – Terre 1 (T.1) de Grant Morrison et Yanick Paquette

#Critique Wonder Woman – Terre 1 (T.1) de Grant Morrison et Yanick Paquette

Note de l'auteur

Actualité oblige, il est était certain qu’Urban Comics allait surfer sur la vague Wonder Woman pour proposer moult récits. On commence notre nouveau voyage chez les Amazones aujourd’hui en s’attardant sur un projet particulier qu’attendaient avec impatience les fans d’un des plus grands scénaristes de comics : Grant Morrison.

 

 

wonder woman terre 1 02Ça parle de quoi ?

Du procès de la princesse Diana, accusée par son peuple de traîtrise. Pour se défendre, la jeune femme va raconter son histoire et expliquer les choix qui l’ont poussée à se confronter à ses sœurs et à sa reine de mère.

 

 

C’est de qui ?

De Grant Morrison donc, le scénariste écossais qui a révolutionné les X-men, la Ligue de Justice ou bien encore Batman. Au dessin, il retrouve Yanick Paquette avec lequel il avait collaboré sur Batman Incorporated.

 

 

 

wonder woman terre 1 01C’est bien ?

C’est spécial surtout. Tout d’abord, il faut savoir que cet ouvrage s’inscrit dans la collection Terre-1 destinée à proposer des visions alternatives des personnages de DC Comics. Ces histoires ne font donc pas partie de la continuité mais doivent se voir avant tout comme des visions d’auteurs. Si, on l’avoue sans problème, le Superman de Joe Michael Straczynski et le Batman de Geoff Johns nous indifféraient globalement, l’annonce d’une version de la princesse de Themyscira par le grand scénariste écossais nous enthousiasmait totalement, surtout avec un complice dont la qualité des dessins n’est plus à prouver. Après avoir réussi un travail de synthèse remarquable sur Batman et une ode majestueuse à Superman, il apparaissait presque logique que Grant Morrison s’attarde que le troisième monument composant la trinité DC.

 

wonder woman terre 1 05Au final, si la beauté graphique de l’album n’est même pas à démontrer grâce à un Paquette qui nous offre des planches magnifiques et un découpage rappelant parfois celui de J. H. Williams III, la version jusqu’au-boutiste de l’univers de Wonder Woman donne de quoi s’interroger. La force de l’œuvre est de reprendre le concept initial tout en le poussant dans ses retranchements et en le passant par le prisme des idées et plaisirs d’un William Moulton Marston que les tabous de l’époque ne pouvaient guère voire exprimer tel quel dans un comics. Connu tout autant pour son travail sur le détecteur de mensonge que son combat pour l’égalité des sexes, le créateur de Wonder Woman était aussi un adepte du masochisme et du bondage et formait un ménage à trois avec Elizabeth Holloway Marston et Olive Byrne¹.

 

De fait, si les plaisirs de l’attachement se perçoivent très bien dans beaucoup d’épisodes de Wonder Woman (ne serait-ce que par la création du lasso de vérité, son arme de prédilection), Grant Morrison pousse l’idée jusqu’au bout en concevant une origin-story guère différente de celle des origines mais dénuée du filtre de la censure de l’époque. L’œuvre montre dès lors une sexualité et un érotisme plus visible, affirme l’homosexualité des Amazones et déploie un féminisme combatif et virulent. Ce dernier sera d’ailleurs au centre de l’histoire et du procès de Diana.

 

Les changements plus à même de faire parler tel que Steve Trevor devenu ici un afro-américain ou bien la découverte des vraies origines de Diana sont au final secondaires face à un girl power guerrier s’opposant à un féminisme plus tolérant incarné par Etta Candy et son groupe. Au final, c’est peut-être en cela que Wonder Woman Terre-1 tire son épingle du jeu. Car si le titre n’est clairement pas le meilleur boulot de son auteur, son approche reste intéressante par sa compréhension d’un personnage multi-facettes qui s’est souvent défini par son opposition à ses sœurs dans un esprit d’ouverture pour aller de l’avant.

 

wonder woman terre 1 03

Wonder Woman – Terre-1 (DC Deluxe, Urban Comics, DC Comics) contient les épisodes US de Wonder Woman : Earth One Vol 1.
Écrit par Grant Morrison
Dessiné par Yanick Paquette

¹ On est d’ailleurs très curieux de voir le film Professor Marston & the Wonder Women d’Angela Robinson

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