#Critique Wraithborn de Marcia Chen et Joe Benitez

#Critique Wraithborn de Marcia Chen et Joe Benitez

Note de l'auteur

En cette fin de mois de février où l’hiver commence à laisser peu à peu la place au printemps, Glénat nous propose de nous replonger dans le passé avec un volume faisant office de témoignage nous rappelant à chaque page que l’adage « c’était mieux avant » ne fonctionne pas toujours.

 

wraithborn T1 - 2Ça raconte quoi ?

Traquant et combattant les démons qui veulent détruire les humains, Mélanie Moore détient le Wraithborn qui lui donne force et agilité dans sa quête…… Mais plutôt que de raconter sa vie aventureuse, la série préfère se consacrer à la façon dont Mélanie à acquis ce pouvoir. Et pour cela, il faut bien six épisodes.

 

C’est de qui ?

C’est écrit par Marcia Chen et Joe Benitez. Ce dernier est également le dessinateur de la série.

 

Et c’est bien ?

Si l’introduction et le résumé plus haut ne vous ont pas donné un indice quand à la qualité que nous trouvons à l’ouvrage disons alors tout net : Non.

 

Vous vous rappelez ces reportages télévisés qui nous montraient le quotidien de personnes voulant vivre dans le passé ? On suivait la vie de ce quarantenaire qui vivait comme dans les années 50 américaines ou bien encore ce retraité qui faisait tout pour vivre comme un français de la fin du XIXème siècle. Comme souvent, ces reportages ridiculisaient des personnes dont il est certain qu’ils n’étaient pas la caricature grotesque de ce qu’on a pu voir en un quart d’heure d’émission. Il n’empêche que c’était à chaque fois rigolo de les voir reproduire un mode de vie très fantasmé sans jamais y parvenir totalement, la réalité du temps qui passe venant régulièrement (et cruellement pour eux, j’imagine) se manifester. Cette sensation, on la retrouve en lisant Wraithborn.

 

wraithborn T1 - 3Qu’importe que cette mini-série date de 2005 ¹, le fait est qu’on a l’impression de se retrouver en 1995 quand Image faisaient déjà office d’outsider venant dépoussiérer le marché de la bande dessinée américaine. À cette époque où le dessinateur était le roi, le scénario importait bien moins qu’un dessin destiné à en mettre plein les rétines. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et l’approche de ces dessinateurs s’est rapidement montrée vaine. Lire Wraithborn aujourd’hui apparaît donc comme une exploration d’une époque dans ses plus mauvais côté. Ça en serait amusant voire touchant si la série n’était pas si récente et si les auteurs ne sabordaient pas leur histoire dès les premières pages en évacuant d’office la lutte entre une guerrière aguerrie et sans scrupule et une horde de démons pour exclusivement se concentrer sur la timide Mélanie et ses aventures au lycée chichement entrecoupées de quelques prises de bec, de personnages caricaturaux et de hurlements de vierges effarouchées. Dès lors, l’aventure proposée par Wraithborn paraît totalement creuse, ennuyeuse et longue. Une véritable compilation de tout ce que le comics peut offrir de plus consternant. Six épisodes qui ne racontent rien mais qui n’hésitent pas à prendre des dizaines de pages pour le dire en tentant de noyer le poisson avec un dessin moche et des personnages ridicules qui feront le bonheur de tous ceux qui pointent du doigt la misogynie et la vulgarité dans les comics.

 

Mauvaise nouvelle, c’est la crise, on ne vous apprend rien. Bonne nouvelle, avec Wraithborn vous économisez 15 euros.

 

 

 

 

wraithborn T1 - 1

 

 

 

Wraithborn – Tome 1 : Renaissance (Glénat Comics, Glénat, Benitez Productions) comprend les épisodes US de Wraithborn Redux #1 à #6
Écrit par Marcia Chen et Joe Benitez
Dessiné par Joe Benitez

¹ On regrettera d’ailleurs que Glénat Comics ne se soucie guère de la présentation et la remise dans le contexte éditorial jouant sur un flou disgracieux pour faire croire à une œuvre récente dans la lignée de Lady Mechanika autre œuvre de Joe Benitez récemment éditée par Glénat.

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