#Critique Alix, le serment du gladiateur de Martin, Jailloux et Breda

#Critique Alix, le serment du gladiateur de Martin, Jailloux et Breda

Note de l'auteur

Pour ce 36e opus, Alix se voit promettre du sang et des larmes. Toujours droit dans ses caligæ, le Gallo-Romain retourne dans des contrées qui ne lui ont pas laissé des souvenirs impérissables. Pour l’honneur d’un homme, le proche de César va risquer sa vie. Mais ce n’est pas forcément lui qui va la perdre. Pas plus que le lecteur perdra son temps.

L’histoire : La rigueur de l’hiver pousse Alix et son fidèle compagnon, Enak, vers le sud et Pompéi. Au pied du volcan, les deux comparses se prennent d’amitié pour un gladiateur valeureux, Acteus. Sauf que ce guerrier marses est l’objet d’une vengeance de la part d’une sorcière éconduite. Alix va tout faire pour qu’Acteus redevienne un homme libre. Mais le prix sera lourd à payer.

Mon avis : Oui. C’est un grand oui ! Probablement la plus accomplie des suites des personnages inventés par l’illustre Jacques Martin. C’est une aventure bien torchée, pas écrite à l’avance et avec une bonne dose de suspens. On n’imagine pas franchement quelle sera l’issue de ce périple parti de la douceur de la mer Tyrrhénienne pour atteindre les frimas des Apennins.

Alix, intrépide par définition, va risquer sa vie comme souvent pour défendre l’honneur d’un homme. Des humains mais aussi des fauves vont lui être opposés. Il les terrassera comme de juste. C’est aussi un retour dans une région, la Campanie, où il a failli tourner au vinaigre. Dans La Griffe noire, Alix fait face à d’anciens Étrusques qui sèment le chaos. C’est en mémoire de cette action que le futur duumvir va accéder aux vœux du jeune patricien et lui faciliter la tâche.

L’histoire d’Acteus est aussi un petit précis d’histoire romaine où l’on constate le rôle important que peuvent endosser les jeux. Panem et circenses sont les deux mamelles d’une société qui misent là-dessus pour le contrôle social de ses citoyens. C’est aussi le meilleur moyen de concourir à des charges politiques en achetant le soutien de la plèbe.

Et que dire de la vénéneuse Dipsas aussi belle que dangereuse ? C’est un des personnages forts de cette BD. Et sa dualité avec sa presque jumelle est très bien exploitée.

Réussite totale pour ce 36e Alix.

En accompagnement : Rome et la Méditerranée occidentale jusqu’aux guerres puniques de Jacques Heurgon aux PUF. Bon, c’est pour les intellos, hein, qui veulent en savoir plus sur le peuple des Marses.

Si vous aimez : La Griffe noire de Jacques Martin, histoire de resituer le contexte.

Autour de la BD : Marc Jailloux, au dessin, et Mathieu Breda, au scénario, s’essayent pour la troisième fois ensemble à reprendre l’héritage du père fondateur Jacques Martin. Après Britannia et Par-delà le Styx, c’est assurément leur meilleur opus. Jailloux avait déjà participé à La Dernière Conquête. Leur travail sur ce 36e rendez-vous est à la hauteur.

Extraits : « Là ! »

« Par les dieux, ils sont morts gelés ! »

« Pétrifiés par le froid… Pauvre Acteus, honorer son serment lui aura coûté la vie. »

« Et qui sait… Peut-être Dipsas a-t-elle finalement obtenu ce qu’elle désirait si ardemment ? »

Écrit par Marc Jailloux
Dessiné par Mathieu Breda
Édité par Casterman

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