Cult : critique du pilote

Cult : critique du pilote

Note de l'auteur

Créée par Rockne S. O’Bannon

Certains concepts marchent aussi bien sur le papier qu’à l’écran, et certains font chou blanc. Avec son épisode pilote, Cult semble être l’emblème de la série intéressante sur le papier qui se retrouve malmenée une fois réalisée. Retour sur 40 minutes de médiocrité.

Le pilote débute sur une vidéo montrant Billy Grimm (Robert Kneeper) parler des adeptes de son culte. L’ambiance secte et adeptes est décidément à la mode cette année (coucou The Following). Cependant le show de la CW s’écarte très vite du profil de la série de la FOX, d’une part du fait de son contenu et d’autre part à cause du fossé qualitatif qui les sépare. The Following, c’est bien, tandis que Cult, c’est pas bien. Suite à cette courte scène on nous colle un générique vaguement énigmatique à base d’images semi-subliminales et on enchaîne sur deux flics affublés d’autant de charisme qu’un couple de mollusques. Le tout sent le navet à plein nez et on s’inquiète franchement.

Cult, le show dans le show

C’est donc à ce moment là que la série devient intéressante, pendant à peu près cinq minutes. Un zoom arrière nous place dans la réalité et on comprend que ce que l’on regarde depuis le début n’est en fait qu’une série télé fictive (diffusée sur la CW, histoire d’accentuer cette mise en abîme à vous donner mal au crâne). Dans Cult, Jeff Sefton (Matthew Davis), journaliste, enquête sur la disparition de son frère, Nate (James Pizzinato). Ce dernier est obsédé par un show télévisé appelé « Cult » et il semble que sa disparition soit liée à cette série. Notre Cult s’ouvre donc sur cette fausse série à succès avant de nous placer dans le monde réel. Concept intéressant me direz-vous, ce à quoi je vous répondrais que oui, mais seulement dans l’idée.

Si seulement le show dans le show nous paraissait à nous téléspectateur aussi fascinant qu’il l’est pour ses milliers de fans fictifs, on pourrait sans doute plus accrocher à la série. Malheureusement ce n’est pas le cas et le « Cult » de Cult est un show ô combien risible. Mettre Robert Kneeper dans un énième rôle de psychopathe, faire de l’auto-promo pour la CW et avoir une flic blondinette en vedette ça ne marche pas. Et même si cela n’est pas le vrai Cult, la « vraie » série ne parvient pas à sauver les meubles. Il se passe beaucoup trop de choses, de nombreux axes narratifs sont avancés, des tas de questions posées, et au lieu de servir la série cela l’handicap d’emblée en rendant son scénario confus. Faire quasiment tapis d’entrée de jeu, c’est loin d’être un bon coup de poker.

Cult ne sera jamais culte

Même si le concept est intéressant, il n’est pas bien mis en avant. Matthew Davis, pourtant tout à fait convaincant dans The Vampire Diaries, nous livre là un personnage principal creux, pour lequel on n’éprouve qu’une très légère sympathie, et qui se résume tout bonnement à être une coquille vide. Jeff est en duo avec Skye Yarrow (Jessica Lucas), une jeune femme qui travaille pour le network et arrive tout juste à attirer l’attention du public. Ils trouvent tous deux le show suspect mais peine à nous faire éprouver de l’intérêt pour cette histoire. Au final, Jeff ne sait pas où est son frère, il se fait du mouron, ça a un lien à une série B de la CW… Et au bout du compte tout le monde s’en fout, surtout nous téléspectateur.

Comme tout pilote digne de ce nom, celui de Cult balance tout ce qu’il a dans le ventre pendant ses cinq dernière minutes. Mais, même si ces éléments font vaguement levé un sourcil, le cliffhanger final ne sonne que comme une vaine tentative de convaincre le téléspectateur de revenir la semaine suivante. Cependant, vous l’aurez bien compris, pour moi Cult n’a même pas un petit goût de reviens-y.

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