Pilote automatique : Dads (Fox)

Pilote automatique : Dads (Fox)

Note de l'auteur

« Restez assis, messieurs : on ne va pas rester » (La direction de la Fox)

L’histoire : cofondateurs d’une société spécialisée dans la création de jeux vidéo, Eli (Seth Green) et Warner (Giovanni Ribisi), deux amis d’enfance, voient leurs vies bouleversées par le retour de leurs pères dans leur quotidien. Si David (Peter Riegert), le géniteur de Warner, est persuadé (à tort) que son fils et lui s’entendent bien, Crawford (Martin Mull), celui d’Eli, doit faire face à la méfiance de son rejeton.

Autour de la série : Produite par Seth McFarlane (Family Guy, American Dad ! The Cleveland Show), Dads est la première incursion du bonhomme dans l’univers de la comédie live. Pour franchir le pas, McFarlane s’est tourné vers Alec Sulkin et Wellesley Wild, co-scénaristes du film Ted, qui a permis au scénariste-producteur-réalisateur de cartonner au cinéma en 2012.

La série ouvre la soirée du mardi de la Fox, juste avant Brooklyn Nine Nine et en face de… NCIS (CBS) et Agents of SHIELD (ABC).

Avis : Si le mardi soir à la télé américaine était une guerre, et si le premier épisode de Dads était l’arme secrète de la Fox pour remporter la victoire, on dirait au network de se rendre. Tout de suite. Et en demandant pardon.

En 2012/2013, les networks ont proposé plusieurs pilotes mal construits ou pas très drôles ou exploitant mal la thématique posée. Dads, c’est tout ça. Et en plus, c’est looooooong…

Tiens, j’ai fait plusieurs fois ces têtes hier soir. C’est marrant.

Alors que la distribution principale est plutôt aguicheuse, alors que le trio McFarlane/Sulkin/Wild est capable de mêler humour plus ou moins potache et propos de fond, Dads rate systématiquement sa cible. Et n’est jamais drôle. Jamais, jamais, jamais.

Le plus gros problème : le ton de la série. On sent chez les auteurs une volonté de développer une comédie parfois irrévérencieuse et en même temps, une envie de poser les bases d’une série familiale calibrée pour un network aujourd’hui. Donc, avec peu d’aspérités. La greffe ne prend pas : les quelques séquences voulues mordantes tombent à plat et, de façon assez confondante, la chute de chaque scène fait flop.

Avant la diffusion du pilote, Dads s’est attiré les foudres de la critique qui a jugé raciste une scène de négociations conduites par Eli et Warner avec des clients japonais. Certaines associations ont demandé à la Fox de retourner le pilote. Kevin Reilly, président du network, est lui-même monté au créneau pour demander du temps avant de juger la série.

Le souci, en fait, c’est que Sulkin, Wild et la chaîne n’assument pas ce qu’ils veulent faire. On leur parle de All in the Family ? Ils font mine de se boucher le nez pour dire que ce n’est pas leur truc. C’est pourtant en acceptant le côté borderline de leurs personnages, de leur propos, qu’ils pourraient s’en sortir.

Est-ce que cela est désormais réservé au câble ? Pas forcément : si on développe une histoire solide pour mettre en mouvement les personnages, il est encore possible de fabriquer des épisodes à double niveau de lecture. Et il faut surtout que les gags s’enchevêtrent dans un propos clair.

La tenue pose problème ? L’histoire beaucoup plus…

En refusant de prendre ce chemin, Dads tourne à vide puis fonce dans le mur : dans le pilote, ce qui pourrait être impertinent est raciste. Ce qui devrait être touchant est bête au possible. Ce qui aurait pu être amusant ne marche pas du tout (La scène de la facture !).

Ici, l’histoire est trop faible pour remplir la triple mission « Poser une comédie familiale/Développer un propos corrosif/Esquisser de bons portraits ». Dommage : quand on voit le casting, on se dit que c’est largement possible.

Mais le projet a eu un développement chaotique : le rôle de Camilla, la femme de Warner, devait au départ être tenu par Erin Pineda. Et celui de Warner était à l’origine promis à Tommy Dewey – Josh dans The Mindy Project. Peut-être cela a-t-il joué : Ribisi a en tout cas déploré le manque de temps pour préparer ce pilote.

Episode 2 ? : Non, je ne reviendrai pas. Et en même temps, la suite ne peut pas être pire, a priori… mais en fait, non. Ou alors, peut-être. Juste pour être sûr. Et je le ferai pour vous, soyons clairs.

Quoi qu’il en soit, le pilote a réuni 5,6 millions de téléspectateurs. Un chiffre plutôt bon. Reste à savoir combien reviendront la semaine prochaine.

Dads, pilot

Ecrit par Alec Sulkin et Wellesley Wild

Réalisé par Mark Cendrowski

Avec Seth Green (Eli), Giovanni Ribisi (Warner), Martin Mull (Crawford), Peter Riegert (David), Vanessa Lachey (Camilla), Brenda Song (Veronica), Tonita Castro (Edna).

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