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Dans le froid de Juillet (critique de Cold in July / Juillet de Sang)

Dans le froid de Juillet (critique de Cold in July / Juillet de Sang)

Note de l'auteur

Cold-in-July-affiche-1Troisième film du jeune réalisateur Jim Mickle, (ne cherchez pas les deux premiers ne sont pas sortis au cinéma mais en direct-to-DVD), Cold In July, adaptation d’un roman de Joe R. Landsale, intrigue par son casting et son ambiance années 80. Mais qu’en est-il réellement ? Comment fonctionne le trio Michael C. Hall, Sam Shepard et Don Johnson ? À quel genre appartient réellement ce film ? En quoi cet énième revival des années 80 est-il intéressant ?
Première chose, si vous n’avez pas encore regardé la bande-annonce de ce film, ne le faites pas. Allez-y sans aucune attente, ne vous piégez pas en regardant le trailer qui ne saurait que trop vous en dire sur l’intrigue. Cold In July est un film qui fonctionne sur la surprise de son avancée narrative et il est un peu dommage de se gâcher l’histoire.

Le synopsis est vague (et tant mieux) :
1989, Texas. Une nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, Richard Dane est malgré lui entrainé dans un monde de corruption et de violence.

Parlons peu, parlons bien : ce film possède de nombreuses qualités (qui raviront certains) parmi quelques défauts (qui en feront rager d’autres). L’histoire est simple, celle d’un homme, étranger à la violence, confronté à un milieu qu’il ne connaît pas. C’est d’abord d’une métamorphose dont il est question, dans l’Amérique profonde, au contact des armes, Richard Dane va se transformer petit à petit et ressentir un besoin de liberté par rapport à son train-train quotidien. Soulignons que l’intérêt du film vient également de son aspect hybride, de son basculement au bout d’une demi-heure dans un tout autre genre. Il pourrait commencer comme une sorte d’History Of Violence (Cronenberg) pour ensuite tomber dans un thriller, touchant du doigt des thématiques tels que le snuff movie. Cold in July est surtout un film hommage aux films des années 80-90 et aux séries B. Il commence sur un ton presque trop sérieux pour finir par se détendre et toucher un second degré bien plus fun dans sa deuxième partie.cold_in_july_7_-_r_bsm_studio

La mise en scène de ce film a, elle aussi, quelque chose d’assez magique. Chaque plan ressemble à une photo, la lumière est complètement folle, les scènes de nuit sont « léchées » à la perfection, les gélatines bleues-vertes font leur petit effet, bref, Ryan Samul, le directeur photo ne se fout pas de notre gueule. L’ambiance des années 80 joue un rôle assez fun, avouons-le. Emprunt de films à la Carpenter, John Mickle s’amuse en jouant sur des clichés s’en jamais s’en moquer. Petit coup de cœur pour le combo coupe mulet-moustache de Michael C. Hall, il fallait oser tout de mêmecold_a.

Le trio d’acteurs convainc par sa complicité et sa qualité de jeu. Michael C. « Dexter » Hall, livre, dans son premier long-métrage, une performance plus qu’honorable. On se dit qu’on avait bien raison de miser sur lui à l’époque de Six Feet Under et on lui souhaite surtout une bonne continuation sur grand écran, lieu où il a bien mérité sa place. Qui de mieux pour l’accompagner que Sam Shepard (Les Moissons du Ciel, l’Etoffe des héros), acteur qui, de la première à la dernière minute, crève l’écran. Et enfin, Don Johnson, un des Deux Flics à Miami, qui amuse par son naturel et sa sympathie. La présence et le charisme des acteurs renforcent les personnages un peu vagues qui, incarnés, prennent une dimension bien plus forte.

Saluons enfin, la musique de Jeff Grace, véritable petit bijou-hommage des thèmes d’Halloween ou de The Fog, imprégnée des tempos électro des années 80.

Hélas, tout n’est pas parfait, les qualités de ce film divertissent mais ne transcendent pas (contrairement au récent Nightcall puis plus efficace dans la claque donnée au spectateur). Le scénario peut parfois être un peu poussif et le final peut donner l’impression d’une morale un chouïa douteuse, mais bon, chacun y verra ce qu’il voudra.
Si vous aimez les thrillers des années 80-90, si vous êtes client d’action, de films de mecs et de belles bagnoles, ce film peut vous convaincre. Si cela vous rebute, passez votre chemin.

En tout cas, c’est une belle surprise quand on ne s’attend à rien.

Cold in July, réalisé par Jim Mickle, US, (1h49), avec Michael C. Hall, Sam Shepard, Don Johnson,… sortie le 31/12/2014

Et vu qu’il ne vaut mieux pas regarder la bande-annonce, voilà un petit extrait de la B.O. en compensation :

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