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Dans le lecteur du cinéphage : éloge de The Sadist, par David Mikanowski

Dans le lecteur du cinéphage : éloge de The Sadist, par David Mikanowski

Inédits, curiosités, nanars, chaque semaine, le cinéphage David Mikanowski vous fait découvrir une perle rare. Et franchement ça donne envie, foi de Plissken !

LE SADIQUE (The Sadist, 1963) de James Landis

UNHAPPY DAY…. “Imaginez Fonzie torturant la famille Cunningham” disait John Landis à propos du Sadique, petite série B vindicative et malsaine sortie aux States en 1963, quelques mois avant l’assassinat de John Kennedy. Cette œuvre rare et culte ressemble en effet à un épisode particulièrement sick des Jours heureux où le Fonz serait devenu psycho et aurait troqué son peigne pour un cran d’arrêt rouillé.

Dans ce huis clos ultra tendu, deux enseignants et une prof de maths gironde se rendent à un match de baseball, avant de tomber en panne de bagnole dans un bled paumé. Ils ont le malheur de s’arrêter dans un garage désert, faisant aussi office de casse de voitures, et de croiser sur leur chemin Charlie Tibbs, un taré congénital, accompagné de sa petite amie mâcheuse de chewing-gum, Judy. Un jeune couple rock’n’roll, ancêtre de Mickey et Mallory Knox, les Natural Born Killers imaginés trente ans plus tard par Tarantino.

Superbement photographié en noir et blanc par Vilmos Zsigmond (le chef op’ inspiré de Délivrance, Rencontre du troisième type et Voyage au bout de l’enfer) dont ce fut le premier long métrage (on le retrouve au générique sous le nom de William Zsigmond), ce pur film de drive-in est un concentré de terreur, aux scènes folles, dont le final, hystérique, n’a rien à envier à celui du premier Texas Chain Saw Massacre, de 1974. Ce long métrage, très noir, réserve de plus de très nombreuses surprises.

Car aujourd’hui encore, Le sadique fait peur. La faute à cette trogne épouvantable de Arch Hall, Jr qui joue ce tueur exalté. Il en fait des caisses en voyou, c’est vrai, mais son interprétation est tellement bizarre et outrancière, qu’elle en devient réellement effrayante. D’autant que ce personnage quasi-analphabète semble tout droit sorti, avec sa veste en jean, de Graine de violence de Richard Brooks. Ce rebelle exècre, en effet, tout ce que peuvent représenter ces trois professeurs (le savoir, la discipline, l’éducation) et braque sur eux un flingue en permanence.

Merci à l’éditeur français Le chat qui fume, d’avoir eu la bonne idée d’exhumer cette bande putride, présentée pour la première fois dans sa version intégrale, en VOST. Le DVD zone 2 est, de plus, encodé en 16/9 dans une copie très potable. Si vous voulez impressionner une jeune fille riche, préférez donc ce sommet de cinéma dévoyé à Faubourg 36.

David Mikanowski
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