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Deauville 2014, jour 1 : les larmes de Chouchan, la beauté de Chastain et un Allen mineur

Deauville 2014, jour 1 : les larmes de Chouchan, la beauté de Chastain et un Allen mineur

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Deauville 2014, c’est parti et hier soir, la cérémonie d’ouverture de la 40e édition du Festival du Cinéma Américain s’est ouverte avec la projection de Magic in the Moonlight, le nouveau film de Woody Allen. Le réalisateur n’avait pas fait le déplacement mais il avait enregistré un court message vidéo depuis New York pour s’excuser platement, remercier le Festival d’avoir accueilli plusieurs de ses films et regretter de ne pouvoir être présent, tout en concluant avec un hilarant : “Mais c’est super aussi d’être à New York”.

La soirée se poursuivit avec le traditionnel discours des huiles puis Lionel Chouchan, co-fondateur du festival, prit la parole pour un hommage poignant à son ami André Halimi, qui avait créé la manifestation avec lui en 1975 et mourut le 1er décembre 2013, à 83 ans, emporté par la maladie de Parkinson. Etranglé à plusieurs reprises par l’émotion, Chouchan salua comme il se doit le journaliste-producteur-réalisateur touche-à-tout.

Jessica Chastain et Pierre Lescure

Jessica Chastain et Pierre Lescure

Après deux autres hommages rendus à Lauren Bacall et Robin Williams, qui s’étaient croisés sur les planches du festival en 1999, la cérémonie rentra dans le vif du sujet avec l’hommage rendu à la magnifique Jessica Chastain, qui entra sur scène après un discours de Pierre Lescure, membre du jury de ce 40e festival. Illuminée d’un sourire à faire tomber raide la grande salle entière (et pleine comme un œuf) du CID, Chastain conclut son intervention d’un touchant “Je vous remercie de tout mon cœur”, et en français messieurs dames !

Foin de palabres, passons aux films : 14 longs-métrages indépendants en compétition, sur lesquels devront statuer les 7 jurés présidés, pour cette 40e édition, par Costa-Gavras. Hormis la “newbie” Marie-Claude Pietragalla, tous (à savoir Claude Lelouch, Jean-Pierre Jeunet, André Téchiné, Vincent Lindon, Pierre Lescure et donc Costa-Gavras) ont été présidents de précédentes éditions.

Au Daily Mars, on tentera de passer au crible un maximum de films de la compétition, dont les plus attendus se nomment Jamie Mark is dead, Juillet de sang, Un homme très recherché, Whiplash ou encore le slasher It Follows (déjà projeté à Cannes et aussi sélectionné cette année à l’Etrange Festival). On tâchera aussi d’aller jeter un oeil aux “Premières” hors compétition, dont le Chef de Jon Favreau (précédé d’une excellente réputation), Camp X-Ray de Peter Slatter, Pasolini d’Abel Ferrara, The November Man de Roger Donaldson ou encore The Disappearance of Eleanor Rigby : Them, de Ned Benson.

 

Magic in the Moonlight : Woody Allen bégaie, nous on baîlle

 

magic+in+the+moonlight+posterMagic in the Moonlight, 44e long métrage de Woody Allen, a donc ouvert le bal. Magnifiquement photographiée par Darius Khondji , cette nouvelle comédie romantique du névrosé le plus célèbre de New York sent pourtant la naphtaline à plein pif. Un film de petit vieux, où Woody Allen, après nous avoir pourtant surpris l’an passé avec le troublant et dérangeant Blue Jasmine, replonge dans les pires clichés sclérosés de son cinéma, déjà subis en 2009 par le spectateur dans le foutraque Whatever Works. Comme dans ce dernier, un alter ego du réalisateur (Larry David dans Whatever works, Colin Firth dans Magic…), cynique, déplaisant et terrorisé (sans l’avouer) par ses certitudes sur la mort, va finalement tomber raide dingue d’une jolie poupée de trente ans sa cadette.

Nous ne sommes plus dans un New York contemporain comme dans Whatever Works mais sur la Côte d’Azur en pleines années folles, ambiance Gatsby Le magnifique. Colin Firth incarne un prestidigitateur génial mais odieux, qui va tenter à la demande d’un ami de démasquer l’imposture d’une soi-disant médium (Emma Stone) usant de ses dons pour amadouer les riches oisifs de la Riviera. Bien entendu, le magicien va tomber sous le charme de sa cible et voir son univers contaminé par un virus inconnu de sa matrice rationnelle : l’amour.

Malgré la belle enveloppe visuelle de Magic in the Moonlight, on s’ennuie poliment dans ce précieux magasin de porcelaine vieillissant où Woody, une fois encore, convoque les mêmes ficelles – jazz rétro, jolie muse, héros alter ego, suspense amoureux digne d’un roman photo, angoisse maladive de la mort – au fil d’une bluette bulle de champagne totalement prévisible du début à la fin. Oui, les dialogues et Colin Firth, ainsi qu’un gag récurrent très réussi impliquant un ukulélé,  électrisent de temps à autres ce festival de redites. Mais cela ne suffit guère à sauver Magic in the Moonlight de sa vacuité rasoir et d’une histoire à laquelle il est absolument impossible de trouver un bout de vraisemblance, tant elle semble suinter le fantasme d’un auteur obsédé de jeunesse perdue et s’obsédant à la retrouver par films interposés. Le tout au mépris d’un scénario un tant soi peu élaboré.

Dans le même genre mais en bien pire, mon avis sur Les Recettes du bonheur, de Lasse Hallström : N’ALLEZ SURTOUT PAS VOIR CE PUTAIN DE FILM INDIGESTE ET TRUFFE DE CLICHES AVARIES !!! On va y revenir pour assaisonner ce nanar comme il le mérite…

 

Magic in the Moonlight, de Woody Allen. Scénario : Woody Allen. Durée : 1h38. Sortie le 22 octobre

 

La critique enthousiaste de Magic in the Moonlight, de Woody Allen, par David Mikanowski, c’est par ici !

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