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The Go-Go Boys : The Inside Story of Cannon Films / Golan-Globus (critique)

The Go-Go Boys : The Inside Story of Cannon Films / Golan-Globus (critique)

Note de l'auteur

gogoboysTourné par la réalisatrice de l’émouvant Dancing in Jaffa (2013), ce documentaire, sorti depuis le 22 octobre, retrace la saga haute en couleur de la société indépendante Cannon, dirigée par les impayables Golan-Globus (présents à Cannes en mai dernier pour une soirée de gala, alors que Menahem Golan était déjà gravement malade). Deux empereurs de séries B (voire moins) qui ont produit plus de 300 films en seulement dix ans ! Hommage d’un fan dévoué à ces deux flambeurs israéliens.

“Si vous tenez absolument à faire du cinéma, il n’y a pas de miracle : il faut s’y consacrer jour et nuit, n’avoir que cette idée en tête et sacrifier tout le reste. Et surtout, ne pas hésiter à voler de l’argent ou à vider les économies de votre vieille tante”. Ce conseil aux apprentis cinéastes est prodigué au début de The Go-Go Boys par Menahem Golan, le Massimo Gargia du bis. Né en 1929 en Israël, à Tibériade, la ville la plus basse en dessous du niveau de la mer dans le monde, Golan est obsédé par le cinéma dès son plus jeune âge. Il deviendra réalisateur et tournera dans son pays d’origine une vingtaine de films entre 1963 et 1979. Parmi lesquels El Dorado, le très beau La fille de la mer morte (Fortuna), Kazabian mais aussi l’improbable film d’espionnage, à base de néo-nazis, Trunk to Cairo, destiné au marché américain (avec des acteurs israéliens parlant anglais comme des vaches espagnoles).Lepke le caïd

Il s’associe ensuite avec son cousin germain Yoram Globus, plus jeune d’une douzaine d’années, et fonde en Israël la compagnie Noah Films, d’après le nom de son père. Yoram est pratiquement né dans un cinéma, à Haïfa, où son père exploitait une salle. À cette époque, les deux longs métrages les plus célèbres de Menahem sont Lepke le caïd (1975) avec Tony Curtis dans le rôle du criminel juif (sorte d’Al Capone, Louis “Lepke” Buchalter est devenu millionnaire grâce à une compagnie baptisée Murder Incorporated, dont l’activité consistait à tuer des gens sur commande).

Mais aussi Opération Thunderbolt (1977) sur la mission commando de Tsahal sur l’aéroport ougandais où un commando palestinien retenait des civils en otage (Klaus Kinski y joue un terroriste). Golan et Globus produisent d’autres compatriotes comme Moshé Mizrahi, qui obtiendra par la suite l’Oscar du meilleur film étranger avec La vie devant soi, d’après le roman de Romain Gary (Simone Signoret y jouait une vieille prostituée). Mais aussi Boaz Davidson, qui obtiendra en 1978 un énorme succès public avec Juke Box (Lemon Popsicle), un précurseur israélien de Porky’s.

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Bim Stars, alias The Apple (1980). Une comédie musicale à gros budget d’un goût très douteux. Golan pensait casser la baraque avec ce film. Tragique erreur.

Menahem est une force de la nature, une grande gueule, un type à moitié “meshuge”. Yoram, un négociateur né. Ce sont deux personnalités opposées et pourtant complémentaires. Ils décident de quitter le pays avec, en poche, seulement 500 dollars chacun (une loi israélienne leur interdisait de partir avec plus d’argent). En 1978, ils débarquent à Los Angeles avec un seul but en tête : conquérir Hollywood en créant un empire qui pourrait rivaliser avec les plus grands studios américains. Ils rachètent pour cela une compagnie préexistante, The Cannon Group, Inc., spécialisé dans les films à petits budgets. Le logo métallique de Cannon, avec la fameuse flèche qui s’enclenche dans le “C”, au son d’une nappe de synthé typiquement eighties, est resté dans les mémoires. Mais les débuts sont laborieux. Les premiers titres du catalogue se résument à des séries Z médiocres comme le slasher New Year’s Evil, Hospital Massacre avec la playmate de Playboy et ex-compagne de Hugh Hefner, Barbi Benton, ou l’infâme comédie musicale disco The Apple (rebaptisé Bim Stars dans l’Hexagone). Une bande qui rivalise en termes de kitsch et de vulgarité avec les pires productions de Bollywood. Cannon enchaîne les bides et peine à se faire une place au soleil.

BREAKIN'Un jour, Menahem tombe sur une bande de curieux danseurs sur la plage de Venice Beach. Munis de ghettos-blasters, ces jeunes à casquettes exécutent des mouvements robotiques sur une étrange musique. Nom d’un Dibbouk, Golan découvre le smurf ! Il est persuadé qu’il faut produire d’urgence un film sur ce nouveau phénomène. Ce sera Break Dance : The Movie, tourné en trois semaines (exploité aussi sous le titre Break Street 84 puis Breakin’), l’un des premiers longs métrages à capitaliser sur l’explosion du hip-hop. On y retrouve déjà le rappeur Ice T dans un rôle de MC mais aussi “Shabba-Doo” et “Boogaloo Shrimp” dans les rôles de Ozone et Turbo. 500 danseurs afro-américains et portoricains animent ce long métrage à la BO entraînante (on y entend les Bar-Kays, Rufus et Chaka Khan…). Ce long métrage coûtera 1,2 million de dollars. Il en rapportera près de 40 au box-office américain. Jackpot. La machine Cannon est lancée.

INVASION USAProfitant de ce succès soudain, les compères décident de recruter une légion de gros bras et se lancent dans des bandes d’action. Des films de pure exploitation, faciles à vendre en Orient et en Amérique latine. Mais qui cartonneront aussi dans l’Amérique reaganienne ! Acteur exécrable, Chuck Norris signe avec eux un contrat d’exclusivité de sept ans, à raison de deux films par an. C’est l’époque des Portés disparus (Missing in Action), Invasion U.S.A. (où le barbu empoigne deux mini Uzi 9 mm !) et autre Delta Force (avec aussi Lee Marvin, venu cachetonner). Des sous-Rambo d’une rare indigence.

“Mémé et Yoyo” s’offrent aussi les services de Charles Bronson, en finançant notamment les suites ultra-réactionnaires d’Un justicier dans la ville (Death Wish). Golan se souvient : “Bronson ne parlait à personne, restait assis dans sa loge jusqu’à ce que l’assistant l’appelle pour tourner. Et il n’aimait pas faire plus d’une prise. Il était professionnel, mais pas du tout chaleureux.*”

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Bloodsport, de Newt Arnold (1988). Et Van Damme devint star des vidéo clubs.

Bloodsport – Tous les coups sont permis (1987). Et Van Damme devint star des vidéoclubs.

Bien sûr, le mégalo Menahem évoque aussi dans le documentaire sa rencontre légendaire avec le Belge Jean-Claude Van Damme dans un restaurant français de Los Angeles où il travaillait comme serveur : “Il s’est approché de notre table en portant deux assiettes de soupe à bout de bras. Et pour m’impressionner, il a passé son pied par-dessus ma tête en m’effleurant les cheveux de quelques millimètres, sans que les assiettes de soupe ne bougent ! Je me suis dit qu’un homme capable de ça serait sûrement une star.” Bloodsport – tous les coups sont permis (1987) sera le premier d’une longue liste de films avec JCVD produits par la Cannon.

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Sylvester Stallone dans Over The top, de Menahem Golan (1986). Un cruel revers commercial pour la star et le studio...

Sylvester Stallone dans Over The top, de Menahem Golan (1987). Un cruel revers commercial pour la star et le studio…

 

 

 

 

Et puis il y aura le cas Stallone. À l’époque, ce dernier sort de deux immenses triomphes commerciaux : Rambo II et Rocky IV. Sly touche à ce moment de sa carrière six millions de dollars par film – le plus haut salaire d’Hollywood. En 1986, Cannon produit d’abord Cobra, un polar violent écrit et interprété par Stallone, dans lequel l’acteur joue le lieutenant Marion Cobretti, un flic dont le pistolet mitrailleur à visée laser et le revolver Colt .45 éradiquent le mal par le mal. Et en 1987, Golan lui propose un cachet de treize millions pour incarner, dans Over the Top, un camionneur participant à des championnats de bras de fer. Et une semaine plus tard, le contrat est signé ! Du jamais vu. Ce qui n’empêchera pas le film de faire un flop mondial.

Pote de Stallone, l’inoubliable Ivan Drago de Rocky IV, Dolph Lundgren, intègre aussi l’écurie Cannon. On verra notamment le géant suédois dans un nanar comme Les maîtres de l’univers (où il incarne Musclor).

LE NINJA BLANC

N’oublions pas une autre “star maison” : l’Américain d’origine russe Michael Dudikoff, aperçu notamment dans American Warrior (American Ninja en VO) ou Le ninja blanc. Il faut voir dans le documentaire Eli Roth, le réalisateur d’Hostel, décrire la joie de son pote Tarantino lorsque ce dernier a réussi à dégotter une copie 35 mm de Ninja III : The Domination avec la starlette Lucinda Dickey (possédée par l’esprit maléfique d’un ninja assassin). Les ninjas sont d’ailleurs l’un des fonds de commerce du tandem israélien : dès 1981, les Cannon Boys s’intéressaient déjà aux arts martiaux avec L’implacable ninja (Enter the Ninja) avec Franco Nero et le Japonais Shô Kosugi. Certes, ces films sont plutôt médiocres. Mais ils rapportent beaucoup d’argent à la compagnie. Et font toujours les beaux soirs de RTL 9 sur la TNT.

HERCULELe binôme israélien couvre d’ailleurs tout le spectre du cinéma, en tâtant même de l’heroic fantasy avec Hercule joué par le culturiste Lou Ferrigno (L’incroyable Hulk de la série télé). Mais aussi Sword of the Valiant avec Sean Connery ! Et Les Barbarians de Ruggero Deadoto (l’impérissable auteur de Cannibal Holocaust) avec les frères jumeaux Peter et David Paul (des bodybuilders).

 

L'affiche du jamais tourné "Spider-Man, the movie", de Tobe Hooper, telle que montrée au Marché du film de Cannes en 1986. La patte Cannon, telle qu'évoquée dans le documentaire : savoir concocter la crème des affiches teasing...

L’affiche du jamais tourné « Spider-Man, The Movie », de Tobe Hooper, telle que montrée au Marché du film de Cannes en 1986. La patte Cannon, telle qu’évoquée dans le documentaire : savoir concocter la crème des affiches teasing…

En parlant de musclés, il faut évoquer aussi les tentatives du studio de se lancer dans des adaptations de comics à l’écran : Cannon avait les droits de Spider-Man. Mais stupidement, il ne les a jamais exploités. Il y eut aussi un Captain America avec Reb Brown qu’il vaut mieux passer sous silence. Et surtout, le catastrophique Superman IV en 1987 (initialement prévu à 34 millions de dollars, le budget est diminué de moitié juste avant le tournage, ce qui explique la mauvaise finition des effets spéciaux !). Une adaptation ratée d’un super-héros DC, dont l’échec commercial retentissant faillit couler la boîte.

Canon s’est enfin frotté au film-opéra (jusqu’alors la spécialité du producteur de la Gaumont, Daniel Toscan du Plantier) avec le Othello de Franco Zeffirelli. Mais aussi au genre érotique avec L’amant de Lady Chatterley version Just Jaeckin, Mata Hari, de nouveau avec Sylvia Kristel, et surtout le soft-porn Bolero, avec la belle Bo Derek, qui monte à cru (et surtout à poil !) sur un cheval dans une arène de corrida. Sans oublier, en 1983, le film d’aventures Sahara, qui a valu à Brooke Shields une nomination aux Razzie Awards comme pire actrice de l’année. Lambert Wilson y joue un berbère en turban. Si.

La Cannon, ce n’est heureusement pas que de la ninjaxploitation ou des actionners décérébrés. Au mitan des années 1980, la maison de production s’affirme aussi comme un asile pour les auteurs, rejetés par Hollywood. Pour accéder à la respectabilité, les Israéliens signent des contrats mirobolants avec de grands cinéastes avec lesquels ils montent des films de prestige pour gravir les marches de Cannes. C’est la meilleure période de la Cannon, celle où la compagnie tourne le plus grand nombre de bons films. Parmi les metteurs en scène venus réclamer un soutien financier chez Golan et signant un pacte de sang faustien avec les globules de Globus, on retient John Cassavetes (Love Streams, Ours d’or au Festival de Berlin – un film de 2h45 qu’ils n’ont pas retouché au montage !), Robert Altman (Fool for Love avec Sam Shepard et Kim Basinger), Barbet Schroeder (Barfly avec Mickey Rourke et Faye Dunaway), le romancier Norman Mailer (Les vrais durs ne dansent pas), Jerry Schatzberg (La rue avec Christopher Reeve), John Frankenheimer (Paiement cash, d’après Elmore Leonard).

RUNAWAY TRAINMais aussi le Russe Andreï Kontchalovski (Andrei Konchalovsky pour les anglo-saxons), qui tournera pour eux trois excellents films : Maria’s Lovers, Runaway Train (d’après un scénario d’Akira Kurosawa) et Le bayou (Shy People).

Viré par Spielberg du plateau de Poltergeist, Tobe Hooper trouvera aussi refuge chez Cannon et signera un contrat de trois films avec la firme : Lifeforce (1985), L’invasion vient de Mars et Massacre à la tronçonneuse 2 (1986).

Ce qu’il y avait de beau avec les Go-Go Boys, c’est qu’ils réinjectaient à chaque fois tout l’argent qu’ils gagnaient dans d’autres films. Davantage que des financiers ou des affairistes, ces deux-là étaient avant tout des amoureux du cinéma. Respect, donc.

Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (1985) : un parfum d'Indiana Jones.

Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (1985) : un parfum d’Indiana Jones.

Pourtant, nos rois de la tchatche ont longtemps été perçus comme des bouffons. Avec sa mâchoire carnassière, le producteur “falstaffien” Menahem Golan ressemblait à une sorte de croquemitaine, de grand bateleur. Quant à Yoram Globus, il montait des films en dix minutes, sans même regarder le scénario ! Les deux associés ont fait la couv’ du prestigieux magazine américain Newsweek. On se souvient aussi de leurs pages publicitaires dans la presse professionnelle (The Hollywood Reporter, Variety) où ils se faisaient photographier déguisés en explorateurs, casque colonial sur la tête. C’était à l’occasion du lancement d’Allan Quatermain et les mines du roi Salomon, un film d’aventures avec Richard Chamberlain et la presque débutante Sharon Stone. Un sous-Indiana Jones pour lequel ils ont donné à Cannes une fastueuse fête avec 5000 personnes, organisée au Palais du Festival.

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À l’époque, on ne disait d’ailleurs pas Festival de Cannes mais “Festival de Cannon”. Menahem et Yoram régnaient en effet sur la Croisette et faisaient la loi au Marché du film. Ils avaient inventé le système de la prévente, mais aussi celui du package (“Si tu veux acheter mon Bronson, tu dois prendre aussi le Cassavetes ou le Godard”). Car, oui, Golan a réussi l’exploit de convaincre le pape de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard, de tourner pour lui ! Le deal s’est d’ailleurs conclu sur une nappe en papier de restaurant – celle du Carlton. King Lear – c’est le titre du délit – sera au final un désastre commercial et artistique. Au vu du résultat, le nabab de la Cannon avouera par la suite dans la presse : “Godard a pris un cachet d’un million et demi de dollars pour tourner une merde dans son jardin.” En 1986, Cannon avait six films en compétition à Cannes et quarante-six en vente au marché du film.

Thornemi_01Mais les hommes de la Cannon ne comptent pas s’arrêter là. Au sommet de leur gloire, ils s’implantent en Europe rachetant des circuits de salles en Angleterre (où ils ont importé le pop-corn dans les cinémas, vendant une tonne de maïs par mois aux Anglais), mais aussi en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne. Ils s’offrent également les studios londoniens d’Elstree. Et absorbent Thorn-EMI – une vieille institution au Royaume-Uni. Ils distribuent ainsi My Beautiful Laundrette de Stephen Frears – qui devient l’un des plus grands succès du cinéma britannique dans les années 1980. Ils créent enfin dans l’Hexagone Cannon France, qui distribuera des films tels que le premier Highlander, l’excellent Banco avec Burt Reynolds ou le fantastique Hitcher avec Rutger Hauer.

Après une ascension fulgurante, nos deux souverains vont hélas connaître une chute tout aussi spectaculaire. En effet, les deux associés sont de plus en plus souvent en désaccord : Yoram trouve que Menahem produit trop de films. Et ce dernier pense que son cousin achète trop de salles de cinéma. Ils se séparent en février 1989. Golan touche 75 millions de dollars d’indemnités et fonde avec le pognon sa nouvelle boîte, 21st Century Corporation, qui fait à son tour faillite (malgré un film sur la lambada !). En vérité, Cannon a été mêlé dans le scandale financier Crédit Lyonnais/Metro Goldwyn Mayer. Le sulfureux banquier Giancarlo Parretti avait en effet proposé à Yoram Globus de racheter la MGM et d’en devenir président. À la suite de cette alliance malheureuse, ce gangster de Parretti, qui blanchissait des tonnes d’argent douteux, entraînera la compagnie dans sa chute. La Cannon Group commencera à décliner avant de fermer définitivement ses portes en 1992. Elle appartient désormais à la Metro-Goldwyn-Mayer depuis 1993.

Superman IV, de Sydney J. Furie (1987) : une catastrophe commerciale et artistique et le début de la fin pour Cannon.

Superman IV, de Sydney J. Furie (1987) : une catastrophe commerciale et artistique et le début de la fin pour Cannon.

À la gloire de Golan-Globus, ce documentaire, clairement commandité par leurs soins, évite pourtant de virer à l’hagiographie. On y voit d’ailleurs Golan piquer une énorme crise de colère en interview, lorsque la réalisatrice, Hilla Medalia, aborde avec lui un sujet qui fâche : le bide de Superman IV. Doté d’un excellent montage, le film exhume des images d’archives extrêmement rares. Et bénéficie d’une fin franchement émouvante dans laquelle Menahem et Yoram se retrouvent, enfin, après avoir été longtemps brouillés. La rencontre a lieu dans une salle de projection privée où ils contemplent des extraits de films produits par la Cannon. Une scène mélancolique qui prouve que, plus qu’une simple histoire de fric, l’histoire de la Cannon est avant tout une belle histoire d’amitié, qui annonce celle, plus réussie, des frères Weinstein avec Miramax.

Mais un autre documentaire concurrent sur le sujet, produit par Brett Ratner, adopte un point de vue radicalement différent : il s’agit d’Electric Boogaloo : The Wild, Untold Story of Cannon Films de Mark Hartley, déjà auteur de passionnants docus sur le cinéma d’exploitation australien (Not Quite Hollywood) ou philippin (Machete Maidens Unleashed !) Vous pouvez d’ailleurs lire l’article de LORDOFNOYZE sur ce film en cliquant par ici. Hartley y donne la parole à près d’une centaine d’intervenants parmi lesquels Dolph Lundgren, Sybil Danning, Tobe Hooper, Franco Nero, Barbet Schroeder ou Luigi Cozzi qui se rappellent avec humour de leurs participations à la mythique firme. Bien meilleure, car plus drôle et dynamique, cette “biographie non-autoriséeˮ a été projetée en première européenne dans le cadre de L’étrange festival à Paris, mi-septembre. Il sortira en France en DVD le 15 janvier 2015 aux éditions Luminor.

Menahem Golan et Yoram Globus

Menahem Golan et Yoram Globus

L’octogénaire Menahem Golan, lui, s’est éteint le 8 août 2014 en Israël, à Jaffa. Paix à son âme de vieux grigou. Pour lui rendre hommage, on se retapera des séries B en pagailles de la Cannon, comme Exterminator 2 (1984), la suite du Droit de tuer avec Robert Ginty, ou The Naked Cage, un film carcéral à la Roger Corman, saturé de bimbos à gros seins. Merci monsieur Golan. Reposez-vous bien, vous l’avez mérité.

(*propos recueillis en 2011 dans les n°8 et 9 du magazine Impact).

The Go-Go Boys

 

 

 

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