Def Leppard – and there will be a next time…

Def Leppard – and there will be a next time…

Note de l'auteur

Il y a trente ans, un nouvel album live de Def Leppard aurait fait la une de tous les magazines spécialisés… Il y a trente ans, on aurait vu le logo mythique du groupe fleurir sur un paquet de t-shirts, ça ne fait pas un pli. Ouais, il y a trente ans, pas un journaliste n’aurait eu besoin de répondre à la question « Def quoi ? ». Mais voilà, c’était il y a trente ans.

Loin de moi l’envie de vous sortir le sempiternel « c’était mieux avant », parce que ce n’est certainement pas vrai, mais il est clair que l’auteur de ces lignes déplore grandement que la notion de rock classique s’arrête grosso modo aux derniers albums de Led Zeppelin ! Après, on s’en balance, comme dirait le Doc. Le hard rock en général et les p’tits gars de la New Wave of British Heavy Metal en particulier, c’est un peu comme les films de genre par rapport au cinéma dit « sérieux », c’est sympa mais bon… Hein ? Faut pas déconner !

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Avant…

Eh bien si, déconnons à plein tubes, un terme qui désigne non pas un objet oblong en forme de tuyau mais les fameuses lampes qui permettent à un ampli de guitare électrique de faire du boucan ! Et du boucan, Def Leppard en a fait plus que beaucoup durant leur longue carrière ! En effet, ils sont peu nombreux les groupes qui peuvent se targuer d’afficher un total de 100 millions d’albums vendus au compteur…

Alors certes, lorsqu’on se plonge dans la discographie studio du groupe de Sheffield, on ne peut s’empêcher de remarquer quelques failles et disons le tout net, une sacrée traversée du désert à l’orée des années 2000… Donner des petits frères aux albums cultes que furent Pyromania (1983), Hysteria (1987) et Adrenalize (1992) n’est pas une mince affaire, surtout lorsque les modes changent, que de nouveaux styles de musique apparaissent et que la jeunesse se détourne de ce qu’écoutaient leurs parents.

Qu’importe, Def Leppard est anglais, natif du Yorkshire par dessus le marché, une région bien connue pour la qualité de son patrimoine musical (hello Joe Cocker, Arctic Monkeys) et pour la ténacité de ses enfants, et il en faudrait plus qu’une étiquette de ringards pour décourager nos mousquetaires du Hard FM ! Ce terme, à première vue péjoratif, résume d’ailleurs assez bien l’esprit du groupe… En effet, plusieurs décennies après sa création, il n’y a pas une journée où l’on n’entend une chanson de Def Leppard à la radio, en Angleterre comme aux États-Unis !

Après !

Après !

Et la ténacité paie puisqu’il y a deux ans de cela, le groupe nous a offert son meilleur album en vingt ans, l’éponyme Def Leppard (2015) qui a raccroché les wagons de la meilleure manière possible en renouant avec les recettes qui firent leur succès originel, du gros riff bien efficace, des refrains instantanément mémorisables qu’on va aimer reprendre sous la douche, derrière le volant ou dans le métro (pour les plus audacieux) et des mélodies accrocheuses sans être racoleuses. Du coup, les salles ont commencé à se remplir de nouveau et voici qu’arrive cet album avec un titre en forme de clin d’œil, and there will be a next time…, une manière de dire qu’on en a pas encore fini avec les léopards sourds.

Dix sept titres se cachent derrière une pochette, soyons honnêtes, digne d’un bootleg des années 90 acheté dans une foire aux disques Porte de Versailles. Alors que Def Leppard nous avait habitués à des illustrations somptueuses tout au long de leur carrière, c’est un peu décevant ! Cependant, il ne faut pas juger le bouquin par sa couverture comme chacun sait.

Et c’était peut-être même l’effet voulu car, pardon, mais quel son et le contraste n’en est que plus grand ! Rares sont les groupes autant pointilleux sur la qualité de leur production en studio qui parviennent à rendre le même résultat sur scène. Et à ce petit jeu là, Def Leppard met tout le monde d’accord !

Des titres préhistoriques comme Rock of Ages aux petits derniers propres à soulever les stades (Let’s Go, Dangerous) en passant par les singles imparables (Pour Some Sugar on Me, Photograph, Foolin’, Let’s Get Rocked) et quelques chouchous des fans (Rocket, Animal), Def Leppard frôle le sans faute avec une classe teintée de folie toute britannique, le genre « allons nous pinter au pub mais avec un nœud papillon s’il vous plaît » ! Blimey !

Après, et c’est peut-être un peu personnel comme digression (Gression !), votre serviteur a grandi avec ces albums, passé des heures de cours de géographie à reproduire leur logo sur son cahier de texte, lutiné la gueuse sur leurs ballades et transpiré des cheveux sur leurs hymnes. Alors ici, c’est objectivité zéro ! Mais peu importe, après tout quand la musique est bonne comme disait Jean-Jacques…

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