Des clips & des claps, épisode 7: Jonathan Glazer

Des clips & des claps, épisode 7: Jonathan Glazer

Il n’y a pas que le ciné et Game of Thrones dans la vie et c’est pour cette raison que pour accompagner votre été, le Daily Mars vous propose un dossier sur une sélection de clips réalisés par de grands, parfois très grands noms du 7ème Art. Que ce soit avant, pendant ou après leurs carrières cinématographiques, que ce soit une tentative isolée ou un exercice répété à plusieurs reprises, leurs détours par le clip ne sont jamais passés inaperçus. Passage en revue des troupes…!

 

jonathan-glazer-70th-venice-film-festival-01Avant de devenir le réalisateur inspiré et glaçant de Sexy Beast, Birth et Under The Skin, le britannique Jonathan Glazer s’est lui aussi illustré dans le clip. Signant pour l’occasion, des réalisations pour certains des groupes et des morceaux les plus emblématiques des 90’s. Ce touche-à-tout a également bossé dans le merveilleux monde de la pub où une fois encore il s’est fait remarquer. La réalisation de Jonathan Glazer est souvent traversée par des fulgurances plastiques basées sur une esthétique assez froide, baignée dans des couleurs bleutées. Ses clips lui ont très clairement permis de citer ses influences cinématographiques et d’expérimenter afin de trouver une voie bien personnelle et de devenir un réalisateur vraiment singulier.

 

 

 

En 1995, il rentre dans la famille des clippeurs par la grande porte, puisqu’il signe un clip pour le magnifique morceau de Radiohead: Street Spirit (Fade Out) sur l’album The Bends. Dans un somptueux noir et blanc, Glazer joue sur les effets d’ombres et de lumière et superpose des ralentis et des accélérés. Un clip inspiré, qui semble suspendre le temps et qui, avec pas grand chose, parvient à se muer en poésie visuelle et sonore où les formes s’entremêlent pour donner une peinture vivante. Jonathan Glazer se fait de suite remarquer et nous offre l’un des clips les plus marquants de sa carrière.

Cette même année, pour Damon Albarn et les trublions de Blur, il s’inspire du Orange Mécanique de Kubrick. L’inoubliable The Universal du quatrième album du groupe, The Great Escape déploie sa pop aérienne dans un clip hommage au réalisateur. Jonathan Glazer transforme toute la bande en droogies dans un bar quasi-identique au Molokova Bar, du célèbre film. Albarn, tout en jeu de regard, est aussi attirant qu’inquiétant et une fois de plus, Glazer nous balance un instantané de l’histoire du clip.

Toujours en 1995, on reste sur les terres de Sa Majesté, avec les ambassadeurs du trip-hop, Massive Attack. Cette fois, c’est à un autre film de Kubrick, qu’il fait des clins d’œil, le glaçant Shining. Dans une ambiance quasi-Lynchienne, le clip de Karmacoma sur l’album Protection, nous plonge dans un trip surréaliste et angoissant. Les couloirs de l’hôtel Overlook ne sont pas loin et Glazer affirme une nouvelle fois son admiration pour Stanley Kubrick, mais pas que… Au croisement de divers influences, il s’essaie à la citation d’autres grands noms du 7ème Art comme Tarantino ou les frères Coen.

Un an plus tard, en 1996, c’est avec un autre groupe anglais qu’il s’illustre. Après la langueur et la mélancolie de Radiohead, il s’attaque au groove funky de Jamiroquai sur l’album Travelling Without Moving. Pour le clip de Virtual Insanity, il sera élu Réalisateur de l’année aux Music Video Awards et le clip en lui-même sera nommé 10 fois aux MTV Awards et remportera 4 récompenses (meilleure vidéo, meilleurs effets spéciaux, meilleure mise en scène et prix de l’innovation vidéo). Il faut dire que le concept est simple mais il fallait y penser. Ce sol mouvant qui déplace les objets, mêlé aux pas de danse à la cool de Jay Kay, donne un rendu absolument génial. La preuve!

En 1997, le réalisateur retrouve Radiohead mais seul Thom Yorke apparaît dans le clip de l’emblématique Karma Police. Sur ce morceau intemporel tiré de l’album OK Computer, on accompagne le leader du groupe dans une voiture sans chauffeur, à la poursuite d’un pauvre type qui fuit en courant, le long d’une route déserte. Comme à son habitude, Glazer fait du coude à certains films et réalisateurs qu’il apprécie. Dans le cas présent, on pense irrémédiablement à Christine de John Carpenter mais également et une fois encore, à Lynch et son Lost Highway. Pas forcément sa réalisation la plus marquante, ce clip n’en reste pas moins une pierre importante dans l’édifice cinématographique du réalisateur.

Gros bond dans l’espace et dans le temps puisque nous voilà chez nos amis les ricains, en 2009. The Dead Weather, duo formé de Jack White et de la vénéneuse Alison Mosshart, nous balance le brûlot rock Treat Me Like Your Mother et c’est Glazer qui s’occupe de tout mettre en images. Dans un terrain vague de banlieue américaine, Jack et Alison, tout de cuir vêtus, se tirent dessus à coup d’armes automatiques, type Kalachnikov. Violent et sauvage à l’image du morceau, le clip surprend et Glazer montre une autre facette de son talent.

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