• Home »
  • SÉRIES »
  • Le Visiteur du futur : les frères Descraques parlent de la saison 3
Le Visiteur du futur : les frères Descraques parlent de la saison 3

Le Visiteur du futur : les frères Descraques parlent de la saison 3

Dimanche 18 novembre, la très attendue saison 3 du Visiteur du futur (baptisée Le Visiteur du Futur : Les Missionnaires) débarque sur le web et sur Studio 4.0, la plateforme de webcréations associée à France 4. Petit voyage avec François (créateur de la série) et Raphaël Descraques (son frère et un des principaux acteurs) à travers la chronologie de la série.

Le Visiteur du Futur, le re-retour. Ce week-end, la troisième saison de la série phénomène du web français (10 millions de vues sur les plateformes vidéo !) fait son come back sur la toile avec dix épisodes de treize minutes. Mélange de suspense, de science-fiction et d’humour, la série séduit par son ton et sa capacité à grandir au fil des saisons. Autant de raisons qui nous ont donné envie d’en savoir plus sur ce qui attend le public à partir de dimanche… mais pas seulement.

François Descraques, créateur et réalisateur du Visiteur du Futur (crédit photo : Anaïs Vachez)

François, si on se téléportait le jour où tu as créé Le Visiteur du Futur, on apprendrait quoi ?

François Descraques : C’était en 2009, une époque où beaucoup de lecteurs n’étaient même pas nés, je pense (rires). Ca faisait partie des concepts que j’avais développés sur mon blog, FrenchNerd. Avec Florent (Dorin, NDLR), qui joue Le Visiteur, on s’était réuni et je lui ai dit : « J’ai envie de faire un truc de science-fiction, mais je sais pas quoi : viens, on en parle toute l’après-midi ».  On a parlé de plein de concepts et on est arrivé à quelque chose de très compliqué. Un truc avec un mec sur une station orbitale dans l’espace, dans le futur et qui est tout seul. Un type qui est dans une sorte de parc d’attractions qui refait le passé. A la fin du brainstorming, on s’est dit « Ce serait marrant qu’il y ait une brèche temporelle et qu’il se retrouve dans le présent. Dans le présent, il parle avec des gens de maintenant. Et il les emmerde ». Là, on s’est dit qu’on tenait l’idée. On a pensé « Tout le reste, on s’en fout. On n’en a pas besoin. Ce qui est bien, c’est cette histoire de mec du présent qui se fait emmerder par un autre du futur ». Du coup, on a tout jeté et on n’a pris que cette idée. C’est ça qui a posé les bases de la série.

 

Si maintenant on devait se déplacer entre la saison 2 et la saison 3, au jour où a été décidé de faire cette nouvelle saison. Il faudrait régler la machine à voyager dans le temps à quel moment ?

F.D. : A chaque fin de saison, on ne sait pas ce qu’on va faire après. Je suis honnête avec les comédiens : je leur dis « Vous savez, c’est peut-être la dernière saison qu’on fait ». Pour la saison 3, on avait cependant eu une confirmation juste au moment du Comic Con 2011, sauf qu’on ne pouvait pas en parler. Après il a fallu prendre le temps d’écrire, de tourner… et on voulait prendre de l’avance surtout.

Raphaël Descraques : On a commencé à tourner début 2012, en fait…

F.D. : On a mis six mois à commencer à tourner. Cette fois, il fallait que tout soit bien développé, ce qui prend du temps. Et entre-temps, j’ai participé au Golden Show aussi. L’agenda s’est rempli très, très vite

 

« Raph’ est le personnage auquel les 20/25 ans peuvent le plus facilement s’identifier » (Raphaël Descraques)

 

Raphaël, on se rend cette fois à la veille du tournage de la saison 3 : comment ça se passe quand, comme toi, on retrouve un personnage qui commence à avoir une histoire, une mémoire bien remplie ?

R.D. : C’est très, très cool. A chaque début de saison, on part sur autre chose. Là, on sent que sa relation avec le Visiteur évolue. Il n’est plus emmerdé par ce type, qui fait partie de son quotidien. Chaque saison permet de renter un peu plus dans ce personnage, de tester de nouvelles choses.

F.D. : Cette année, je voulais que  la saison soit plus centrée sur Raph. Dans la saison 2, il était devenu un personnage un peu plus secondaire, qui aide le Visiteur mais dont les histoires sont en périphérie. Cette fois, je voulais que les problèmes des Missionnaires soient très centrés sur lui. Son souci majeur, c’est l’argent mais sa maturité est aussi au cœur de l’histoire : au début de la saison 1, il est étudiant mais ne va pas à la fac. Au début de la saison 3, il se rend compte que les autres ont évolué mais sans lui.

R.D. : Il a une copine quand même. C’est ce qui fait que quelque part, il doit assumer quelque chose assez proche de ce qu’on attend d’un père de famille… ce qu’il ne fait pas du tout, parce qu’il est encore vachement jeune dans sa tête. Ses problématiques sont liées au présent et à des trucs du quotidien et c’est ce qui fait que l’on peut s’identifier à lui. Ce sont des choses concrètes pour un spectateur de 20/25 ans. Les problématiques du Visiteur du Futur sont, elles, plus de l’ordre de l’extraordinaire .

F.D. : Le personnage de Raph exprime en fait des questions que toute l’équipe du Visiteur a aussi en tant que groupe. Dans la saison 1, on parle de la façon dont on a découvert ce concept et comment on a commencé à le kiffer. Dans la saison 2, c’était plus « Pourquoi on le fait ? Pour quelles raisons ? ». Et la saison 3, c’est comment on parvient à gagner de l’argent avec cette vie-là.  Le personnage de Stella, à ce titre, n’est pas celui d’une copine chiante. Elle ne veut pas que Raph gagne à tout prix de l’argent : elle veut juste qu’il évolue. C’est une question que l’on avait tous en nous : est-ce qu’on peut faire ça longtemps, sans être payé, sans que ça devienne un problème ?…

Raphaël Descraques incarne Raph’, jeune adulte pleutre dont la vie sera bouleversée par les intrusions du Visiteur du Futur.

« Dans cette série, il y a beaucoup de mes propres peurs » (François Descraques)

 

Une autre thématique se balade d’ailleurs dans toute la chronologie : celle de l’amitié…

F.D. : Les relations entre les personnages sont au centre du projet. Et surtout pour quelles raisons tu vas donner du temps et de ton énergie, pour qui tu fais ça. A la base, les personnages du Visiteur ne sont pas amis, mais ils se créent leur propre famille au fur et à mesure, autour d’un objectif commun. Ca devient le seul truc qui les lie. Ce dont je suis plus fier dans Le Visiteur du Futur, c’est que c’est un projet de potes (il regarde Raphaël – NDLR) et même de famille, qui est devenu un projet professionnel. C’est tellement rare que l’on veut vraiment le mettre en avant…

C’est aussi quelque chose dans lequel, visiblement, on apprend beaucoup sur soi, non ?

F.D. : En fait, dans cette série, il y a beaucoup de mes peurs. A la fin de la saison 2, globalement, le groupe est uni. Uni par l’amitié, par un projet commun.  Mais dans ma tête, je me dis « Comment ce groupe pourrait éclater ? Qu’est-ce qui pourrait arriver comme merde ? » C’est là que les Missionnaires (les adversaires du Visiteur et de son équipe en saison 3, NDLR) arrivent et foutent le bordel.  Au fur des épisodes, le public découvrira pourquoi ; quelle est l’analogie par rapport à tout ça. L’éclatement d’un groupe, c’est un peu ma phobie. C’est pour ça que dès le début de la saison 3, je voulais qu’il y ait des tensions directes, que l’on sente tout de suite qu’un certain nombre de questions habitent les protagonistes parce qu’elles n’ont pas été réglées. De sorte qu’il suffise de pas grand’chose pour que ça pète. D’ailleurs dans l’épisode 2, on met sur le devant de la scène trois couples qui expriment ça : Raph et Stella, Judith et Matteo… et Le Visiteur et Henry (rires). Chacun a un problème dans son intimité, aucun n’ose pas en parler à l’autre. Tout ça va être influencé par les Missionnaires .


Raphaël, si on revient dans le présent et si tu devais présenter ton personnage à quelqu’un qui ne le connaît pas, tu en dirais quoi ?

R.D. : Il a pas mal évolué. Dans la saison un, c’était quasiment moi et au fur et à mesure, il a pris une ampleur différente. C’est un mec qui se fait pas mal marcher sur les pieds -même si je ne me fais pas non plus trop respecter. Pendant longtemps, il n’a aussi aucun succès avec les filles –même si là aussi, je n’en ai pas non plus énormément. C’était d’ailleurs intéressant à jouer, en début de saison 2, ces situation où il galérait à parler avec elles… Mais au-delà de cet aspect « chie dessus », il y a chez lui une vraie envie de faire le bon choix, de dire la vérité. Et ça même si à la fin de la saison 2, à l’image du Visiteur qui est plus sournois, il devient capable de mentir pour obtenir ce qu’il veut.  En saison 3, on sent que c’est un branleur mais qu’il n’est plus tout seul. C’est un gars qui a conscience de ses responsabilités, et de son rôle dans la mission qui consiste à sauver le monde ».

F.D. : C’est aussi quelque chose qui l’arrange, cette mission. C’est une occupation qu’il connaît… et qui lui permet de négocier pour ne pas avoir un vrai travail. Stella lui dit d’ailleurs que c’est pas mal comme truc mais que ce n’est pas un métier. Et il a beau répondre que c’est stylé, ça ne rapporte pas d’argent.

R.D. : N’importe qui dirait que c’est super stylé de toute façon. Mais là on creuse le fait que ce n’est pas très concret. C’est là qu’on le confronte à sa responsabilité, à la nécessité de grandir.

F.D. : … et ça, c’est notre quotidien aujourd’hui.

Judith (Justine Le Pottier) et Mattéo (Mathieu Poggi), deux super agents de la Brigade Temporelle. Le second est très amoureux de la première, qui lui en fait bien baver.

« Une BD du Visiteur du Futur sortira en mars, une expérience libératrice » (François Descraques)

 

François, si Le Visiteur débarque tout de suite et te dit « Ne diffuse pas la saison 3, sans quoi, dans vingt ans, tu vas te laisser pousser le goitre à la George Lucas et multiplier les éditions spéciales en refourguant les idées que tu as laissés tomber dans le passé ». Tu l’écoutes ou pas ?

F.D. : (rires) On taille beaucoup George Lucas et autant j’aime pas trop les derniers épisodes de La Guerre des Etoiles qu’il a réalisés, autant je ne suis pas toujours d’accord quand je vois qu’il se fait beaucoup taper dessus… Quand il a fait la Nouvelle Trilogie, on lui a reproché de trahir l’esprit Star Wars et maintenant, on lui reproche d’abandonner. Je crois que George Lucas symbolise le cauchemar de tout le monde, dans une certaine mesure. Le gars qui a réussi et qui a l’air malheureux dans ce qu’il a réussi.

R.D. :  Et puis nous, à notre niveau, on essaie de repousser nos limites. Lucas, au bout d’un moment, il n’avait plus de limites, ni de garde-fous.

F.D. : La suite du Visiteur du Futur va en tout cas passer par une bande dessinée. Elle sortira en mars : c’est moi qui l’ai écrite et ce sera une aventure originale. C’est une expérience assez libératrice puisque je l’écris mais ne la réalise pas, étant donné que c’est le travail du dessinateur. On peut en tout cas se permettre beaucoup plus de choses.  Après, il faut composer avec d’autres challenges, comme le format. Je l’ai fait parce que je suis fan de BD et que j’ai grandi avec ça. Et aussi parce que c’est encore un truc de fou .

R.D. : Moi, pendant ce temps, je fais des sketches sur internet et je continue avec l’école de théâtre : j’ai pas mal d’autres petits projets. Sans lâcher le Visiteur du Futur pour lequel je propose régulièrement des idées. Comme chaque membre de l’équipe.

F.D. Raph, ça doit être un des seuls qui m’envoient des textos à trois heures du matin avec une idée de fou et que je lis à moitié endormi…

Partager