Dexter, bientôt la fin (critique du 8.01)

Dexter, bientôt la fin (critique du 8.01)

Note de l'auteur

Un banc commémoratif. Quelle belle idée.

Une sensation désagréable. L’impression qu’il est trop tard, que le mal est fait. Cet épisode de reprise de Dexter, sur des critères objectifs, n’avait rien d’infamant. Son gros problème aura été de ne déclencher aucun intérêt particulier. Une saison moyenne et deux mauvaises auront eu raison de toute envie d’en savoir plus sur ses personnages.

Devenus caricatures d’eux-mêmes depuis un bout de temps, ils se contentent de radoter. La série, en 8 ans, n’aura offert que peu d’évolution, en dehors du personnage de Debra. Le premier épisode de cette dernière saison possède même quelques relents de statu quo pas bienvenus.

Après une scène d’un ridicule absolu (et étrangement volontaire) de l’inauguration d’un banc commémoratif à la mémoire de La Guerta (sans déconner ? un banc ? un paillasson, c’était l’option numéro 2 ? ), Angel ‘La Paçion’ Batista se fend d’un long et interminable monologue sur le fait que la mort de La Guerta… lui a donné envie de redevenir un flic. Merde. Donc la dream team est de retour. Les pieds nickelés de la preuve, les boulets de la déduction, Quinn et Batista vont remettre le couvert pour une nouvelle saison de « ah ben mince, ça nous avait échappé ».

« Change de chaîne, c’est Dexter« 

Un Angel Batista, qui, étrangement, devient le numéro 3 dans l’ordre d’importance de la série, après Dexter Morgan, après Debra ‘cette sensation s’appelle coke’ Morgan (1). Tout est même mis en place pour que le grand ennemi discret de la saison de Dexter, ça soit lui (l’évident, c’est Charlotte Rampling), vu qu’il doit se débarrasser des affaires de La Guerta. Sur les conseils de sa nièce, qui couche avec Quinn, donc qui n’a que des bonnes idées, il compte garder un objet de La Guerta. Donc il va fouiller dans son passé. Et il va trouver un indice sur Dexter, forcément (2). Et c’est lui qui va s’interposer face à Dexter.

Pourvu que j’ai tort. Pourvu que les scénaristes n’aient pas décidé cela, de faire tomber Dexter Morgan de la main de Angel Batista.

La chute aux enfers de Debra me rend indifférent, Quinn, Batista et Masuka m’agacent à un point qui défie l’entendement, je me moque éperdument de l’identité du dénoyauteur de cerveau, je ris à l’avance à l’idée qu’il puisse s’agir de Rampling comme la bande-annonce le suggérait maladroitement. Et pire que tout, Dexter m’ennuie. Ce personnage si fort, si impressionnant, si imposant (celui qu’on voit dans le générique), s’est transformé en baudruche boursouflée, fatiguée, sans vie.

Best. Detectives. Ever.

Regarder une mauvaise série est une épreuve pas évidente (car on continue généralement à regarder très longtemps après la date de péremption). Mais constater qu’une série qu’on a aimé profondément est devenue catastrophique est une torture. Le seul élément qui aide à tenir, c’est la proximité de la fin.

Après, il restera les souvenirs. Ceux du Bay Harbor Butcher. De Keith Carradine. Du Trinity Killer. D’une baignoire ensanglantée et d’un enfant qui pleure. On gardera les bons. On oubliera les mauvais.

DEXTER, 8×01 A Beautiful Day (SHOWTIME)

Ecrit par Scott Buck

Réalisé par Keith Gordon

Avec : Michael C. Hall (Dexter Morgan), Jennifer Carpenter (Debra Morgan), David Zayas (Angel Batista), James Remar (Harry Morgan), C.S. Lee (Vince Masuka), Aimee Garcia (Jaime Batista), Charlotte Rampling (Evelyn Vogel), Bethany Joy Lenz (Cassie), Sean Patrick Flanery (Jacob Elroy)

(1) : Oui, elle s’est mise à la coke, mais étrangement, se comporte comme une droguée à l’héroïne je trouve. Maintenant, je peux me tromper…

(2) : Genre un livre avec les initiales WW.

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