DOCTOR WHO 7×09 – Cold War (critique de l’épisode)

DOCTOR WHO 7×09 – Cold War (critique de l’épisode)

Note de l'auteur

‘‘Hair, shoulder pads, nukes… It’s the eighties, everything is bigger!’’

1983. Un sous-marin nucléaire Russe, lors de forages au Pôle Nord à la recherché de pétrole, découvre une créature prisonnière de la glace. Décongelée, l’être se réveille et coule le sous-marin. Le Docteur, arrivé à bord avec Clara, identifie la créature comme un Ice Warrior, né sur Mars et resté endormi 5000 ans. Il faut réussir à le persuader de ne pas déclarer la guerre aux Humains.

Mark Gatiss affectionne les reconstitutions historiques, et notamment celles des périodes de conflit – cet aspect, la méticulosité avec laquelle avait été reconstituée la war room de Churchill, était bien quasi le seul à sauver un épisode comme « Victory of the Daleks » (5×03). Cette fois, il nous plonge au début des années 80, époque ou sévissait encore la Guerre Froide, l’ère de la menace permanente de destruction mutuelle.  Un cadre intéressant pour une histoire, plutôt bien exploité par le scénariste, même si le spectateur qui a écrit ces lignes a du passer le cap qui consiste à accepter qu’une période qu’il a vécu soit devenue de l’histoire lointaine pour les enfants d’aujourd’hui.

« Cold War » est un cas classique de monstre lâché dans un environnement confiné dont il n’est pas possible de s’échapper. Pour s’assurer de cela, le Tardis est délocalisé lorsque s’active son Hostile Action Displacement System qui n’avait fait parler de lui qu’une seule voit auparavant, dans une aventure du deuxième Docteur en 1968.

Le monstre lui-même n’est pas inconnu, puisque l’épisode marque le retour d’un autre monstre classique de Doctor Who. Les Ice Warriors sont apparus en 1967, alors que l’équipe cherchait de nouveaux ennemis récurrents pour remplacer les Daleks, menacés de disparaître de la série puisque leur créateur Terry Nation ambitionnait de les placer au cœur d’un spin-off lancé aux Etats-Unis. Le projet ne vit jamais le jour, et les Daleks continuèrent d’apparaître régulièrement, ce qui explique peut-être en partie pourquoi les Ice Warriors ne sont réapparus qu’assez peu : quatre serial en tout jusqu’au milieu des années 70, il y a près de quarante ans. (Deux apparitions prévues dans les années 80 ont été abandonnées à cause des circonstances de production un peu chaotiques de cette époque.)

Ice Warriors est à la base un surnom, donné par les Humains en ayant retrouvé pour la première fois, dans des circonstances similaires à celle de cet épisode. Mais il a fini par s’imposer comme leur nom usuel. Leur histoire est un peu floue : ils viennent de Mars (ce qui valu au dixième Docteur de les mentionner dans « The Waters of Mars »), ont déjà envisagé de conquérir la Terre pour remplacer leur planète devenue inhabitable. Mais par la suite, ils sont devenus des avocats de la paix, des sortes de diplomates dans une Fédération Galactique du futur qui incluait la Terre, Mars, Alpha Centauri et Arcturus (le serial de 1972  « The Curse of Peladon »).

Mark Gatiss essaie au travers de cet épisode d’incarner cette transition, de montrer un véritable guerrier qui ait aussi des émotions, une éthique, un sens de l’honneur, qui puisse ressentir la compassion, et dont on puisse envisager qu’il évolue vers les Pacifistes que deviendront les Ice Warriors.

Si le design de l’armure est resté très fidèle, dans l’aspect général, à celui créé dans les années 60, Mark Gatiss a introduit une nouveauté. C’est cet élément qui lui a permis, en plus de l’idée de situer l’histoire dans un sous-marin, de convaincre Steven Moffat de laisser revenir les Ice Warriors, qui y voyait la caricature des monstres lents et peu agiles de la série classique. Pour la première fois, Gatiss dévoile la créature qui se trouve à l’intérieur de l’armure. Quoi qu’en réalité, nous n’en découvrons guère plus que le visage, le reste se contentant d’être une ombre fugace, ce qui s’avère révélateur du principal problème de « Cold War ».

Comme à son habitude, donc, le scénario de Mark Gatiss est érudit, aussi bien en ce qui concerne l’histoire de la série que celle du monde. Mais il peine à aller au-delà de cette érudition, à introduire assez d’éléments de création pour rendre son travail personnel et tout à fait mémorable.

Surtout, le fan de films d’horreur qu’il est utilise une référence aussi évidente – celle d’Alien – que pas vraiment appropriée. Car que reste-t-il à Alien une fois qu’on en a enlevé la totalité des scènes de morts violentes, la moindre goutte de sang ou trace de gore (comme il est logique de le faire dans une série s’adressant aussi aux enfants) ? En tout cas, ce qu’il ne reste pas, c’est le moindre sentiment d’effroi. « Cold War » ne fait pas peur, n’instille pas de véritable angoisse, et s’avère certes intéressant, mais au final un peu plat. Il évoque l’histoire de la série, et marche dans les pas du chef d’œuvre écrit par Robert Shearman, « Dalek » (1×06) sans en avoir ni la tension, ni l’émotion.

« Cold War » est un épisode dans lequel rien ne cloche vraiment, à part peut-être une résolution qui manque de punch et de montrer un peu plus concrètement la transition effectuée par l’antagoniste. S’il constitue une réintroduction efficace aux Ice Warriors, qui rend possible d’autres apparitions à l’avenir, il manque de quelque chose qui aurait pu lui permettre de s’inscrire dans les mémoires.

Maquettes

Pour la première fois depuis longtemps, l’équipe de la série a fait usage de miniatures. Les plans du sous-marin dans l’eau sont en effet une maquette filmée dans la fumée. Les intérieurs ont été conçus en studio par les décorateurs de la série. Pour qu’il soit possible d’y filmer relativement facilement, ils sont d’ailleurs bien plus spatieux et haut de plafond qu’un véritable sous-marin. (Voir les coulisses du tournage)

Ultravox

Le Professeur Grisenko a-t-il raison d’être inquiet en 1983 de l’avenir du goupe britannique Ultravox ? Le groupe s’en effet séparé quelques années plus tard, peu après le départ du nouveau chanteur du groupe, Midge Ure, en 1987 pour se lancer dans une carrière solo. Un des membres du groupe, Billy Currie (claviers) a essayé de reformer un nouveau Ultravox autour de lui en 1992, mais sans succès. Cependant, la formation classique du groupe avec Ure s’est finalement reformée en 2008 et a sorti un album inédit en 2012.

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