DOCTOR WHO 7×07 – The Bells of Saint John (critique de l’épisode)

DOCTOR WHO 7×07 – The Bells of Saint John (critique de l’épisode)

Note de l'auteur

L’heure du retour a sonné pour le Docteur.

‘‘I don’t know where I am’’

Doctor Who renoue avec la tradition du lancement de saison à Pâques. Cette fois, il ne s’agira cependant pas de treize épisodes, mais seulement de huit, cinq ayant été déjà diffusés en septembre à l’occasion de la décevante mini-saison de départ des Ponds. Cette reprise voit le Docteur faire définitivement connaissance avec sa nouvelle comparse, Clara Oswald.

Depuis l’intrigue du dernier Special de Noël, le Docteur a arpenté l’Univers à la recherche de Clara Oswald, la femme morte deux fois qui semble exister à l’identique à différentes époques. C’est au bout du compte elle qui le retrouve, et l’amène dans le Londres contemporain, où ils affrontent un ennemi qui se sert du wifi pour uploader les esprits humains qu’il consume…

Force est de reconnaître que je me suis un peu détaché émotionnellement de Doctor Who ces derniers temps. Pourtant, je suis plutôt dans le camp de ceux qui ont beaucoup aimé la sixième saison, malgré ses quelques défauts. Mais la première partie de la septième, qui semblait étirer sans raison le séjour des Ponds, était marquée par une sérieuse abondance de facilités, d’incohérences et de répétitions, sans parler de l’horripilante absence de continuité.

Le sentiment de répétition est encore présent dans cet épisode, notamment lors de sa séquence prégénérique, qui évoque irrésistiblement le message du Docteur ordonnant de ne pas cligner des yeux dans « Blink », mais aussi par son monstre, réminiscent des modules d’information de la Bibliothèque. C’est que Steven Moffat se caractérise par une écriture sur les effets, par opposition à son prédécesseur qui commençait toujours par les personnages. Ceci pour dire que Russell T Davies n’était pas moins répétitif que Moffat – après tout, c’est lui qui a terminé trois de ses quatre saisons par une invasion de la Terre par les Daleks, et les conclusions des saisons 1 et 4 sont remarquablement similaires. Simplement, cela se voyait moins, parce que les émotions associées à Rose ou à Donna étaient très différentes.

L’émotion plus distante de Steven Moffat ne présente pas cet avantage de camouflage. A nouveau, il a réussi un très joli coup de casting, et Jenna-Louise Coleman est parfaite, notamment dans son alchimie avec Matt Smith. Mais cette nouvelle comparse mystérieuse dont la vie comporte des aspects impossibles renvoie un peu trop fortement à l’intrigue de la première saison d’Amy. J’espère que Moffat saura développer les aspects qui distinguent les deux personnages, notamment le fait que Clara semble être un personnage moins solitaire et plus empathique.

Avouons cependant que Steven sait s’amuser de ses défauts, au travers de dialogues toujours incroyables qui comptent au moins une pépite toute les deux répliques, notamment quand il fait remarquer à voix haute par le Docteur à quel point il aime entendre les gens s’interroger : Doctor who ?

Un bon point aussi, pour la manière dont le scénariste s’amuse à faire enrager la branche du fandom partie à fond dans son délire Moffat-horrible-misogyne (‘‘Is it an evil spirit ?’’ – ‘‘It’s a woman’’). L’autocongratulation (‘‘eleven is the best’’) n’était en revanche sûrement pas nécessaire.

Un nouveau duo… et une belle alchimie en préambule.

S’il ne m’a pas embarqué à 100%, « The Bells of Saint John » était un épisode de début de saison léger et relativement réussi, quoiqu’absolument pas mémorable, qui a la bonne idée de ne pas trop s’appesantir sur le mystère de Clara Oswald. Un mystère qui, je l’avoue, ne m’intéresse guère, d’autant que j’ai le sentiment qu’il y a suffisamment d’éléments en suspens comme ça, avec l’ordre du Silence, la bataille à venir de Trenzalore et la plus vieille question de l’Univers. Mais tout est probablement lié.

La promesse marketing d’un thriller James Bondien n’est pas tout à fait tenue, puisque l’ensemble s’avère finalement assez bavard. Heureusement, la photographie très réussie, qui s’écarte enfin des codes Bruckheimer de la peau orange sur fond bleu-vert, vient soutenir un épisode dont le budget semble être passé dans la délocalisation du tournage à Londres. C’était quarante-cinq minutes de bonnes répliques dans un divertissement statique et un peu creux. Une description qui correspond à pas mal de premiers épisodes de saison pour la série, mais qui malheureusement s’applique à trop d’épisodes de l’époque Moffat. Espérons qu’il saura nous surprendre dans les prochaines semaines.

Comme vous l’aurez constaté, « The Bells of Saint John » ne m’inspire guère. Mais je ne suis pas sûr que son scénariste était davantage inspiré que moi. Quelques bons moments et la confirmation que Clara est une excellente comparse (au moins en théorie, il reste encore à lui écrire des choses intéressantes) compensent plus ou moins un certain manque de profondeur.

Great Intelligence

La Grande Intelligence semble donc s’imposer comme le big bad de cette saison, après sa première apparition dans le dernier Special de Noël. Pour mémoire, il s’agit d’un ennemi de la série classique, une race extraterrestre très ancienne qui cherche à réacquérir une forme corporelle. Sa capacité à télécharger des consciences pourrait même faire partie de l’explication des existences multiples de Clara.

Clara et le cinquantenaire

Comme on l’avait déjà remarqué dans l’épisode précédent, Clara semble porter de multiples références à la série elle-même. Comme Doctor Who, elle est mort deux fois, et comme Doctor Who elle est liée au chiffre 23. La version victorienne de Clara était née un 23 novembre, comme la série. La version contemporaine a oublié de reporter son 23è anniversaire dans son livre, et la 23e saison de Doctor Who fut justement une saison annulée par un mouvement de grève, des épisodes n’étant jamais produits. Décalée dans le temps et reconfigurée, la 23e saison fut finalement «The Trial of a Time Lord».

The Bells of Saint John

Les véritables police phone box des années 60 arboraient un logo des Ambulance Saint John, destiné à indiquer au public que les forces de police étaient entraînées aux premiers secours par les membres de la Saint John Ambulance association. Le logo figurait sur le premier design du vaisseau du Docteur, en 1963, mais a rapidement disparu. Ce n’est qu’avec « The Eleventh Hour », le premier épisode de l’ère Moffat/Smith, qu’il est définitivement réapparu.

Une feuille… d’origine alien ? Là est la question.

‘‘Earl’s Court was an embarrassment’’

Cette réplique indique que les employés de la Grande Intelligence ont visiblement confondu la dernière police phone box existante avec le vaisseau du Docteur. Une cabine bleue est en effet toujours plantée à Londres, à proximité de la station de métro de Earl’s Court.

Graines de mystères

Principaux éléments d’importance visiblement implantés par Steven Moffat dans cet épisode : l’existence d’une femme dans une boutique qui a donné à Clara le numéro de téléphone de la cabine du Docteur (River Song ?) et la présence d’une feuille morte séchée, qui semble revêtir une certaine importance, dans le livre de Clara (une feuille d’origine alien ?). Notons que Clara habite Chiswick, à deux pas de la maison de la mère de Donna, et qu’Amy Pond Williams a écrit dans le passé des livres jeunesse encore lu par les ados d’aujourd’hui. Ce personnage a eu une carrière professionnelle fascinante…

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