Dolls et From Beyond : deux Stuart Gordon en vidéo !

Dolls et From Beyond : deux Stuart Gordon en vidéo !

Note de l'auteur

From BeyondSidonis-Calysta, l’excellent éditeur de la collection Western de légende, animée par les cinéphiles Patrick Brion, Bertrand Tavernier et Yves Boisset, fête cette année son dixième anniversaire. Depuis quelques temps, l’éditeur indépendant s’intéresse aussi au cinéma fantastique ! Après avoir sorti dans les bacs quelques titres comme Lifeforce de Tobe Hooper, Les Rescapés du futur (alias Futureworld, la suite de Mondwest), L’Horrible Invasion (Kingdom of the Spiders), La Révolte des Triffides (The Day of the Triffids) ou plus récemment Venin (Venom) avec Klaus Kinski, il nous propose un double programme Stuart Gordon des plus alléchants avec Dolls – Les Poupées et surtout From Beyond : aux portes de l’au-delà, un film gore corsé d’un zeste d’érotisme, afin de s’astiquer la glande pinéale. Explications.

“ Que savons-nous du monde et de l’univers qui nous entourent ? Nos moyens de perception sont absurdement limités. Nous ne voyons les choses que grâce aux instruments dont la nature nous a pourvus et n’avons aucune idée de leur nature profonde. Avec cinq misérables sens, nous prétendons nous fondre à l’infinie complexité du cosmos…

Cette machine près de la table va émettre des ondes sur des organes sensoriels dont nous soupçonnons à peine l’existence. Ces mêmes ondes vont nous ouvrir des perspectives que ni l’homme ni toute autre forme de vie n’ont encore explorées. Nous découvrirons ce qui fait aboyer les chiens dans le noir, ce qui fait se dresser les oreilles des chats après minuit. Toutes ces choses et tous les mystères auxquels se heurtent les êtres vivants nous seront révélés. Nous franchirons le temps, l’espace, les dimensions et sans le moindre mouvement du corps, nous atteindrons ainsi le cœur même de la création.ˮ

H. P. Lovecraft, De l’au-delà.

re-animatorEn 1985, Stuart Gordon arrache les morts à la paix qu’ils avaient enfin trouvée en les ramenant à la vie dans les morgues de Re-Animator. Un an après avoir éclaboussé les écrans avec ce premier long métrage fauché, drôle et délirant, le réalisateur a retrouvé l’univers du romancier Howard Philip Lovecraft.

Prophète de la série B et digne héritier de Roger Corman, le fondateur d’Empire International Pictures, Charles Band, lui propose en effet d’adapter une courte nouvelle du père du Nécronomicon, datant de 1920, De l’au-delà. Gordon relève le pari avec quasiment la même équipe que pour son précédent film. On retrouve en effet dans From Beyond le couple vedette de Re-Animator : Jeffrey Combs, dans un nouveau rôle de savant fou, et la scream queen Barbara Crampton, qui joue encore de ses charmes. Carolyn Purdy-Gordon, l’épouse du réalisateur, fait aussi partie du casting (elle joue dans tous ses films et interprète ici une épouvantable doctoresse).

poster usLe chef opérateur attitré des productions Empire, le Suédois Mac Ahlberg, le compositeur Richard Band (frère de Charles) et le coproducteur Brian Yuzna reprennent également du service. Fort du succès de Re-Animator, tourné pour environ 800 000 dollars, on alloue à Stuart Gordon un budget nettement plus conséquent de cinq millions de dollars. Le tournage se déroule en Italie, près de Rome, dans les ex-studios du producteur Dino de Laurentiis, Dinocitta’, racheté une bouchée de pain par Charles Band. Le génial dessinateur de BD Neal Adams, célèbre pour ses planches chez DC Comics, assure la direction artistique du film. On fait également appel à quatre différentes équipes de maquilleurs – menées par les rois de la prothèse John Carl Buechler (Troll) et Mark Shostrom (Evil Dead 2) – pour créer le bestiaire sorti de l’imagination foisonnante de H. P. Lovecraft, véritable zoo des ténèbres. Des monstres en plastoc laids et caoutchouteux, mais aussi très inquiétants. Pour contourner la censure, Buechler et Shostrom ont aussi remplacé le sang par une matière visqueuse, à savoir 600 litres de gélatine (slime) pour les effets chocs.

Jeffrey Combs

Jeffrey Combs, après transformation.

Car si Re-Animator repoussait les frontières du gore et du Grand-Guignol avec un humour féroce et dévastateur, Gordon serait-il capable d’aller plus loin dans la surenchère avec ce film d’horreur terminal ? C’est en effet un pari insensé que de vouloir visualiser les créatures de Lovecraft, indicibles par excellence (des formes ectoplasmiques indescriptibles). Le père de Cthulhu a d’ailleurs toujours privilégié une écriture allusive (du style : “Elle vit l’innommable et s’évanouit.ˮ). Bref, le reclus de Providence – qui vivait la nuit et dormait le jour, restreignant ainsi ses contacts sociaux –, n’était pas l’auteur le plus facile à adapter au cinéma.

From Beyond

On se fend la gueule chez Stuart Gordon !

DÉMONS ET MERVEILLES

Le scientifico-organique From Beyond raconte en tout cas une drôle d’histoire : de nos jours à Arkham, ville imaginaire du Massachusetts, le docteur Edward Pretorius (Ted Sorel) et son jeune assistant Crawford Tillinghast (Jeffrey Combs) sont à la recherche de nouvelles perceptions sensorielles. Dans une grande bâtisse néo-gothique, ils testent pour la première fois le Résonateur, une machine infernale qui permet de voir des choses invisibles qui nous entourent. Ils y réussissent si bien que des créatures monstrueuses jaillissent d’une autre dimension et les agressent ! Là-dessus, une psychiatre BCBG (la très “sexeˮ Barbara Crampton) tombe aussi sous l’emprise du Résonateur, qui stimule sa libido ! L’appareil titille en effet la glande pinéale (aussi appelée épiphyse), un organe très mystérieux enfoui dans le cortex (qui sert aux reptiles de véritable “troisième œilˮ). Cette glande secrète une hormone, la mélatonine, qui agit sur notre sommeil et nos pulsions sexuelles. Stimulé dans le film par des ondes électromagnétiques, l’organe hypertrophié dérègle les sens et décuple les instincts les plus pervers (un peu comme l’émetteur du Déclic, la BD érotique de Manara).

Barbara Crampton, From Beyond

Barbara Crampton en tenue de combat BDSM. Rhââ Lovely !

Dans Re-Animator, les cadavres revenus à la vie se trouvaient déjà drôlement ragaillardis au niveau du sexe (on se souvient tous du fameux broute-minou de Barbara Crampton par une tête décapitée !) ; dans From Beyond, c’est carrément une frénésie sexuelle qui s’empare des personnages : le souriant et lubrique Dr Pretorius viole tout ce qui bouge, après avoir subi des métamorphoses monstrueuses (il change de forme constamment). Victime aussi de mutations, Tillinghast voit un orifice se dessiner sur son front… d’où s’échappe une glande pinéale géante et télescopique (Cronenberg a dû adorer ce clitoris frontal – en fait la glande pinéale, d’habitude au repos dans la boîte crânienne). Et la psy, en pleine séance de bondage SM, se retrouve harnachée de cuir. Une vraie nympho en chaleur ! La jeune et jolie thérapeute en bas noirs s’arme en effet de chaînes, frottant un tuyau d’extincteur jusqu’à ce que le jus en sorte (ou de la neige carbonique, si vous préférez). Bonjour les symboles !

FROM BEYOND

Barbara Crampton : “Je veux en voir d’avantage. Ressentir plus encore.ˮ Nous aussi !

Tiraillés entre le désir contradictoire de fuir la demeure et de se laisser aller corps et âme dans les gouffres insondables du stupre et de la luxure, ces derniers se découvrent des zones érogènes et deviennent totalement libidineux au contact du Résonateur. Bref, la température monte dans ce film qui s’adresse à des zones sombres de notre inconscient.

Dès lors, on ne s’étonne plus de croiser des limaces volantes de deux mètres de large dans cette œuvre étrange, où Ken Foree, l’inoubliable mercenaire vaudou du Zombie de George Romero, se retrouve torse nu, en slip rouge, face à de sales bestioles (ce grand black d’un mètre quatre-vingt-seize joue ici un ex-footballeur américain devenu garde du corps) ! Bref, l’enfer fluo selon Stuart Gordon devrait ravir les fans de cinéma bis déviant. D’autant qu’il y a dans ce film des partis pris d’éclairage très stylisés, avec des couleurs violentes et agressives (en particulier des bleus et des roses vifs). Mais aussi des filtres de couleurs qui feraient passer Dario Argento pour un moine cistercien. On l’a compris, la sobriété et le bon goût n’ont pas vraiment le droit de cité dans From Beyond. Et c’est très bien comme ça.

From Beyond

Ce gros obsédé de Dr Pretorius : “Les humains sont une proie si facile.ˮ

PIÈCES DE VIANDE AVARIÉES

Présenté à quatre reprises à la M.P.A.A. (Motion Picture Association of America), le système de classification des films, From Beyond écope d’un “Rˮ aux États-Unis (soit d’une interdiction aux moins de 17 ans) et se voit écourté de quatre minutes. La version Unrated Director’s Cut parue en 2007 dans le DVD import édité par MGM comportait quelques changements dans le montage et des plans gore additionnels censurés à l’époque (Jeffrey Combs y dévorait un cerveau, puis y gobait un œil). On les a retrouvé aussi dans le Blu-ray région A édité en 2013 par Shout ! Factory. Mais hélas, pas ici ! L’édition française de From Beyond est en effet présentée en DVD et en Blu-ray dans sa version écourtée (contrairement à ce qu’il y a d’écrit sur la jaquette, la durée de ce montage cinéma est de 82 minutes et non de 86). Qu’importe, il y a suffisamment de quoi détourner le regard dans cette version expurgée.

from beyond

Une scène coupée du montage français. Jeff va recracher l’orbite de Mme Gordon.

Si, à sa sortie, ce long métrage a été mal accueilli par la critique et n’a pas rencontré le succès escompté, il a gagné peu à peu ses galons de film culte. À la revoyure, cette série B est même hilarante et très sympa ! Raison de plus pour se précipiter sur cette édition, qui offre en bonus Beyond Lovecraft, un documentaire de dix-huit minutes écrit par l’ex-rédacteur en chef de Mad Movies, l’éminent Marc Toullec.

BD US

L’import Blu-ray américain régionalisé A paru chez Shout ! Factory, sans sous-titres français.

On recommande en particulier la vision du Blu-ray : propre et visiblement nettoyée, la copie du film bénéficie de belles couleurs vives. Elle est toutefois fréquemment visitée par de petits points blancs durant les deux premières bobines et quelques accrocs de pellicule. L’image s’améliore heureusement par la suite. Et le piqué et la compression ne sont jamais pris en défaut. Le long métrage est bien présenté dans son format d’origine en 1.85:1 16/9. Mais la piste sonore ne propose qu’une Stéréo DTS-HD Master Audio sur la VO (alors que le Blu-ray américain de Shout ! Factory proposait, lui, un mixage en 5.1 DTS-HD MA). La VF, bien plate, doit se contenter, elle, d’un simple mono DTS-HD MA.

Après Re-Animator et From Beyond, Stuart Gordon est resté proche de sa sphère d’influence : il a réalisé encore trois œuvres (dont l’inédit Castle Freak en 1995) basées sur Lovecraft, un écrivain qui a consacré sa vie à élargir le champ de nos imaginations jusqu’à des mondes situés au-delà des portes du sommeil.

STUART GORDON

Il n’en a pas l’air, mais Stuart Gordon est un gai luron.

Âgé aujourd’hui de 67 ans, Gordon n’a cessé tout au long de sa carrière de choquer ou de déranger le public avec des films perturbants comme Edmond (2005), un drame avec William H. Macy basé sur une pièce de David Mamet. Ou bien le remarquable Stuck en 2007, tiré d’un fait divers (une infirmière renverse une nuit un pauvre SDF qui s’encastre dans le pare-brise de sa voiture. Au lieu de prévenir les secours, elle l’emmène chez elle et le laisse dans son garage !). Gordon a aussi participé en tant que scénariste au Body Snatchers d’Abel Ferrara et au Dentiste de son pote Brian Yuzna.

Mais le réalisateur de Robot Jox (un ancêtre de Transformers et Pacific Rim tourné en 1990) et Fortress (un film de SF carcéral avec Christophe Lambert) a également travaillé pour… Walt Disney ! En 1989, ce maître de l’horreur a en effet vendu au studio de Mickey l’histoire originale de Chérie, j’ai rétréci les gosses. Quand il attaque en 1986 le tournage de Dolls – Les Poupées, il déclare d’ailleurs que ce film d’épouvante sera une sorte de “Walt Disney horrifiqueˮ.

DOLLS

POUPÉES DE CIRE, POUPÉES DE SANG

Loin des excès gore de ses films lovecraftiens Re-Animator et From Beyond, Dolls est donc davantage un conte pour enfants ou une version cauchemardesque de Hansel & Gretel. L’intrigue lui a d’ailleurs été inspirée par un livre célèbre, Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. Charles Band, qui avait déjà produit en 1979 un film de poupées zarbi, Tourist Trap de David Schmoeller, est ravi de remettre le couvert (par la suite, il financera dans le même genre la série Puppet Master). Alors qu’aucun scénario n’a été écrit, le boss d’Empire pré-vend le projet à des distributeurs étrangers sur la base d’une affiche teaser (“Elles veulent jouer avec vous !ˮ est la phrase d’accroche du poster). Journaliste à Fangoria, célèbre magazine américain consacré aux films d’horreur, Ed Naha est en charge de signer le script de Dolls (il a déjà rédigé celui de Troll pour Charles Band). Budgété à 1,2 million de dollars, le film entre en production. Il est tourné avant From Beyond, mais sort après en salles, car le long métrage nécessite beaucoup d’animation image par image. Le responsable des effets visuels, David Allen, a en effet filmé l’animation des poupées devant un écran bleu à une vitesse de huit images par seconde. Un processus long et onéreux (la postproduction durera presque un an).

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La petite Carrie Lorraine et son lutin adoré, entourée par une horde de poupées sinistres.

THEY WALK. THEY TALK. THEY KILL.

La simplicité narrative de Dolls le rapproche des films de maisons hantées : surpris par un terrible orage, un couple et une petite fille trouve refuge une nuit dans un étrange manoir perdu dans une forêt touffue. La demeure est habitée par deux charmants vieillards, qui fabriquent des poupées. La maison croule en effet sous des centaines de marionnettes et pantins. Des jouets en porcelaine dont les visages s’éclairent parfois d’un rictus macabre. D’autres voyageurs en perdition échouent chez eux : un VRP et deux punkettes délurées (dont l’une est lookée comme Madonna, période Like a Virgin). La nuit promet d’être longue et au petit matin, chacun connaîtra le sort que sa conduite aura mérité…

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Une fan transie du Daily Mars.

Dolls est en effet une fable morale qui semble dire : “Gare à ceux qui perdraient leur âme d’enfant, ils pourraient bien finir rangés sur une étagère au milieu d’autres poupées de porcelaine.ˮ Le couple de septuagénaires qui accueillent chez eux des étrangers égarés les transforment en effet en poupées meurtrières. Armés de marteaux, de scies et d’objets tranchants, celles-ci déciment des touristes de passage avec une rare cruauté. Soldats de bois vraiment armés, ours en peluche géant et cannibale, squelettes de Barbie : la parade de Dolls n’a rien du Monde des Bisounours !

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Les géniaux Guy Rolfe et Hilary Mason.

Les films de poupées sont légion dans l’histoire du cinéma. Des Poupées du diable (The Devil-Doll) de Tod Browning en 1936 à The Ventriloquist’s Dummy, l’un des sketchs du film britannique Au cœur de la nuit (Dead of Night, 1945), de la saga Chucky au récent Annabelle, elles n’ont cessé d’hanter nos écrans au fil des décennies. Loin d’être un chef-d’œuvre du genre, Dolls de Stuart Gordon est un film bougrement attachant qui bénéficie de bons trucages, d’une photo élégante et surtout de l’excellente interprétation de Guy Rolfe et Hilary Mason dans le rôle des propriétaires du manoir. Rolfe fut un inoubliable Mr. Sardonicus dans le film éponyme de William Castle. Et Hilary joua autrefois la voyante… aveugle de Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg. Respect donc.

dolls

Mieux vaut ça que de voir la prochaine production Besson.

Pour le reste, cette série B pleine d’humour souffre du cabotinage des autres comédiens (à l’exception de la petite fille incarnée par Carrie Lorraine, sobre dans son jeu), de personnages stéréotypés (parents acariâtres, punkettes horripilantes…) et d’un certain manque de rythme.

Blu-ray US DOLLS

L’import Blu-ray américain régionalisé A paru chez Shout ! Factory, sans sous-titres français.

Cela ne retire rien au plaisir que l’on prend à la vision de ce long métrage qui joue sur les peurs enfantines et ressemble parfois à un épisode étiré de La Quatrième Dimension. En ce qui concerne l’édition vidéo, l’image du Blu-ray est encore parasitée par des points blancs, notamment sur le (très beau) générique inaugural. Mais la restauration est réussie sur la photographie, les contrastes et la définition. Côté son, le 5.1 présent sur l’import Shout ! Factory a disparu de l’édition française. Il est remplacé en VO par une stéréo efficace. D’autant que la VF en mono, totalement éteinte, efface une majorité des ambiances. Enfin, on trouve en bonus un autre documentaire de dix-huit minutes signé Marc Toullec, Dolls, la maison des poupées. Accompagnés de bières et de pizzas, ces deux Stuart Gordon eighties vous permettront en tout cas de passer un très bon moment entre potes un samedi soir grindhouse !

LAST

Cette poupée Barbie a comme un défaut de fabrication.

From Beyond – Aux portes de l’au-delà (From Beyond). De Stuart Gordon (USA, 1986). 1h22. Avec Jeffrey Combs, Barbara Crampton, Ted Sorel, Ken Foree, Carolyn Purdy-Gordon. Disponible en DVD et en Blu-ray chez Sidonis productions / Calysta Films.

Dolls – Les Poupées (Dolls). De Stuart Gordon (USA, 1987). 1h18. Avec Stephen Lee, Carrie Lorraine, Carolyn Purdy-Gordon, Guy Rolfe, Hilary Mason, Ian Patrick Williams. Disponible en DVD et en Blu-ray chez Sidonis productions / Calysta Films.

Blu-ray français From Beyond

L’édition française du Blu-ray paru chez Sidonis/Calysta.


From Beyond : Aux Portes de l’Au-Delà – Stuart Gordon by www.cinexterminator.com

DOLLS BD FR

L’édition française du Blu-ray paru chez Sidonis/Calysta.


Dolls, les Poupées – Stuart Gordon by www.cinexterminator.com

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