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Dossier complet: Saint Seiya, la galaxie, le mythe (Part2/2)

Dossier complet: Saint Seiya, la galaxie, le mythe (Part2/2)

Voici la 2ème partie de notre dossier sur Saint Seiya (vous trouverez la 1ère ici). Sans détour, on rentre dans le vif du sujet.

En 2004, la sortie d’un nouveau manga traitant de l’avant Saint Seiya attise la curiosité et affole les compteurs. Saint Seiya G (G pour Gold) publié chez Panini Manga et annoncé comme la préquelle de la série originale, est centré sur la jeunesse des chevaliers d’or, les fameux Gold Saints. De très belles promesses en perspective mais sur le papier, le résultat déçoit et les lecteurs, à commencer par moi, déchantent. Kurumada supervise mais laisse le dessin et le scénario à Megumu Okada. Le graphisme s’en trouve radicalement changé. Très (trop?) fouillées, les planches sont vite illisibles, la mise en page est confuse et les personnages difficilement reconnaissables en raison d’un style trop shôjo (manga pour jeunes filles), se définissant par des grands yeux à la Candy. Mais tout ceci n’est rien à côté de la trahison faite au matériau d’origine tant l’esprit n’est plus là. Les combats se veulent tellement grandioses qu’ils n’ont plus rien à voir avec nos bon vieux affrontements d’antan. On se rapproche plus d’un sous Bastard ! (manga culte et ultra-violent des 80’s). Bref ça n’est plus Saint Seiya. Un ratage assez douloureux pour les fans les plus anciens et qui continue, puisque le titre n’est toujours pas terminé au Japon. Passez donc votre chemin.

 

Heureusement, en 2006, l’espoir renaît avec Saint Seiya : The Lost Canvas. Kurumada supervise toujours mais comme pour SSG, il passe la main à un autre auteur, Shiori Teshirogi, jeune dessinatrice talentueuse. Tenons-nous une suite ? Non, toujours pas. Cette nouvelle préquelle remonte encore plus loin dans le temps : on est en Italie au XVIIIème siècle, lors de la précédente guerre sainte (toujours) contre Hadès. Le titre, terminé depuis peu (25 tomes), se rapproche nettement plus de l’original, aussi bien au niveau du graphisme que dans l’esprit et les clins d’œil. En réelle fan de Kurumada, Teshirogi reprend la mythologie à son compte et l’étoffe. On retrouve des têtes connues qui font office de passerelles entre les deux titres. Pleine de qualités, la série tente de s’affranchir de son aînée et arrive à surprendre malgré un chemin très balisé. Alors oui, le titre n’est pas exempt de défauts et les redites sont nombreuses. Cependant, SS: The Lost Canvas constitue un(e) spin-off/préquelle respectueux(se) de l’œuvre de Kurumada sensei. La mangaka ne veut pas dénaturer le mythe que représente le titre et lui fait dans l’ensemble honneur. Après 25 tomes de bons et loyaux services, la série tire sa révérence de manière très convenable. Elle aura même droit à une adaptation animée de très grande qualité mais qui sera malheureusement arrêtée en cours de route. À noter qu’à la suite de cette série, Teshirogi s’est lancée dans Saint Seiya : The Lost Canvas Chronicles, dans lequel elle revient sur chacun des chevaliers d’or et dont vous trouverez la critique ici.

On pensait en avoir fini avec Saint Seiya mais voilà que débarque en 2009 Saint Seiya : Next Dimension. Quand on croit que c’est terminé, il y en a encore ! Cette fois, pas d’auteur tiers, Kurumada reprend son bébé en main là où il l’avait laissé et offre aux fans la suite officielle et directe de Saint Seiya premier du nom. Enfin ! Les fans frémissent à nouveau, le Maître est de retour. Mais premier constat assez douloureux sur la forme : Kurumada, malgré tout le respect que j’ai pour lui, a un point faible, le dessin. Ce qui fonctionnait très bien à la fin des années 80 dans le manga ne passe plus aujourd’hui. Bon nombre de dessinateurs talentueux ont depuis montré le bout de leurs plumes (Teshirogi ou Shingo Araki pour l’anime original) et le graphisme de Saint Seiya : Next Dimension paraît daté en comparaison. D’autant que le choix de tout coloriser n’est pas du meilleur goût.

 

Et sur le fond ? Nous retrouvons les Bronze Saints, dont Seiya, bien amoché. Suite à son combat contre Hadès, ils se retrouve en fauteuil roulant, plongé dans un état végétatif. Kurumada reprend d’ailleurs quelques éléments et idées du film renié, dont les premières minutes. Ce qui déconcerte, c’est le parti pris du voyage dans le temps. Cette suite se passe dans deux temporalités différentes : l’une dans le présent (post-Hadès) et l’autre dans le passé, durant la précédente guerre sainte déjà relatée dans Saint Seiya : The Lost Canvas. La série interfère avec SSG et donc surtout avec SS : The Lost Canvas, puisqu’elle réécrit ce pan de l’histoire avec des différences notables. L’auteur s’affirme comme seul maître à bord de son titre et relègue les autres séries au rang de simples spin-off, ne rentrant pas réellement dans LA chronologie. Pour le moment, seulement cinq tomes sont sortis en France et il est donc difficile d’émettre un avis tranché. Mais Kurumada semble savoir où il va et l’apparition d’une nouvelle armure risque de remettre pas mal de choses en question. Wait & see…

 

Les diamants sont éternels, Saint Seiya l’est aussi ! En 2012, l’anime Saint Seiya Omega débarque sur les écrans japonais. Encore ? Oui, encore… Après la suite reniée (le 5ème film donc), après le(a) spin-off /préquelle raté(e) (SSG), après la préquelle réussie (SS: TLC) reléguée au rang de spin-off par la suite officielle en cours (SS: ND), voici la suite plus ou moins officielle de la suite… À ce niveau-là, c’est la crampe de cerveau et j’espère avoir conservé la plupart d’entre vous. L’histoire se déroule plusieurs années après la série originale et met en avant une nouvelle génération de chevaliers. Bien qu’elle raccroche certains wagons avec la série-mère, cette mouture 2.0 s’adresse essentiellement à une nouvelle génération, plus jeune. Pour être honnête, il y du bon et du beaucoup moins bon et certains éléments risquent de déconcerter les vieux de la vieille.

 

Vous l’aurez compris, la saga Saint Seiya est pléthorique, avec de multiples facettes et ramifications, plus ou moins complexes. Mais envers et contre tout, le mythe reste intact. Et malgré toutes les tentatives de relancer la série, l’originale restera la seule, l’unique. La meilleure en somme.

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