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Dragon Ball Super : Multiverse, timelines et paradoxes temporels

Dragon Ball Super : Multiverse, timelines et paradoxes temporels

dragon-ball-super-poster-mirai-trunks-black-gokuAlors que la Dragon Ball mania bat son plein avec l’anime et le manga Dragon Ball Super, il est temps de revenir sur cette suite ultra commentée sur le net. D’autant que l’arc en cours sur Mirai Trunks met la logique des fans à rude épreuve avec des allers-retours incessants dans le temps. Si Trunks était déjà venu foutre le bordel dans la temporalité lors de l’arc « Cell » dans DBZ, ici il en remet une couche, tout en tentant d’imposer un semblant d’ordre à travers des explications plus ou moins convaincantes.
Entre des transformations qui n’en finissent plus, un multiverse tout beau, tout neuf, mais parfaitement inexploité, la multiplication des timelines et quelques paradoxes temporels, DBS balance tout et fonce tête baissée, quitte à se prendre des murs au passage.

Attention ce décryptage contient des spoilers.

Il y a certaines licences qui déchaînent les passions sur les forums de discussion du monde entier. Et s’il y en a une qui rend les fans hystériques et les pousse à dire tout et n’importe quoi, c’est bien la saga Dragon Ball. Avec cette suite officiellement lancée l’année dernière, les débats les plus enflammés ont repris leur place sur certains sites, chacun y allant de sa petite analyse, et c’est plus particulièrement l’arc en cours qui fait couler beaucoup d’encre. Mais tout d’abord, revenons rapidement sur les premières saisons de Dragon Ball Super. Il est clair que cette suite des aventures de Gokû et sa Z Team n’est pas franchement une réussite, tout du moins dans l’anime. Parce que se retaper les arcs Beerus et Golden Freezer était parfaitement dispensable compte tenu du fait qu’on se les était déjà farcis dans les piètres films Battle of Gods et La Revanche de Freezer. Au-delà du plaisir de retrouver tous les personnages, on n’a pas vraiment compris l’intérêt de nous rebalancer les deux films sous forme d’arcs, d’autant que visuellement, ils souffrent clairement de la comparaison. Le film mettant en scène le retour de Freezer avait autrement plus de gueule que la série, concernant le graphisme et l’animation. Enfin bref, passons sur la technique qui n’est pas au rendez-vous sur DBS, à part sur quelques rares séquences.

 

vlcsnap-2016-07-03-06h29m22s101-660x330S’il est un élément à retenir de ces deux premiers arcs, c’est la mise en place d’un multiverse. En effet, Beerus, le Dieu de la Destruction annonce à Gokû qu’il existe pas moins de douze univers distincts. Il faudra attendre le troisième arc pour effleurer ce concept de multiverse avec le tournoi opposant les plus grands combattants des univers 6 et 7, dont Gokû et sa team font partie. Cette idée d’introduire plusieurs univers avait, sur le papier, du potentiel. C’était l’occasion d’élargir considérablement le monde et la mythologie de Dragon Ball, mais encore aurait-il fallu savoir quoi en faire. Et là, désillusion… Le principe même du multiverse n’est absolument pas exploité et ne sert finalement que de prétexte pour introduire de nouveaux personnages, pour la plupart complètement nazes. Ça aurait pu être l’occasion de voir une évolution complètement différente de la race Saiyan, par exemple, ou encore la possibilité de voir un univers dans lequel Freezer aurait gagné. Mais non… Au lieu de ça, on nous sert un tournoi sans envergure et n’ayant aucune résonance ni réelle conséquence sur la suite des événements. On a bien droit à une race de Saiyan alternative, en la personne de Kiabe et même si son affrontement avec Vegeta offre une séquence intéressante, cette rencontre nous laisse un goût d’inachevé. Quel dommage que le multiverse à la sauce Dragon Ball ne soit pas allé plus loin dans les possibilités qui s’offraient à lui !

 

Après trois arcs longuets et sans réel intérêt, intéressons-nous à celui qui est en cours depuis maintenant quelques mois. Il fut annoncé en grande pompe et pour cause, puisqu’il mettait en scène Mirai Trunks (ou Trunks du futur) que l’on n’avait plus vu depuis la fin de l’arc Cell. Les suppositions sont allées bon train durant plusieurs semaines, d’autant que le bad guy de cet arc n’était autre que Gokû. Enfin, pas vraiment puisqu’il s’agissait de l’énigmatique Gokû Black. Alors, je sais, la capillarité du Saiyan est un peu particulière mais n’allez tout de même pas imaginer un Gokû avec une coupe afro… Non, Black c’est juste parce qu’il est vraiment très méchant et cruel. Bref, c’est un peu l’anti Gokû, quoi ! Et qui dit retour de Mirai Trunks, dit bordel spatio-temporel. Il nous avait déjà fait le coup dans DBZ, en débarquant du futur et voilà qu’il recommence. À l’époque, Akira Toriyama avait opté pour une conception du voyage dans le temps dans laquelle chaque trajet temporel faisait naître une nouvelle timeline parallèle. De ce fait, Trunks n’avait pas pu sauver son monde ravagé par C-17 et C-18 mais avait pu prévenir de leur arrivée et sauver Gokû d’une maladie du cœur, dans le passé, créant par la même occasion une autre timeline dans laquelle les choses se déroulent différemment.

 

dragon-ball-super-episode-55-episode-54-titreÀ ce jour, il est officiellement établi qu’il existe au moins quatre timelines différentes. La première est celle dans laquelle on évolue depuis le début de la série et qui a vu se succéder Freezer, Cell, Buu, Beerus et compagnie. La seconde est celle de Mirai Trunks, dans laquelle Gokû a succombé à sa maladie et la Z Team s’est fait anéantir par C-17 et C-18. Le monde y est ravagé et les humains tentent d’y survivre. C’est dans cette timeline n2 que Black fait son apparition. C’est donc entre ces deux-là que se concentre l’action de cet arc. Mais il ne faut pas pour autant en oublier les deux autres. La troisième timeline est similaire à la deuxième, Gokû y est mort d’une maladie du cœur à la naissance de Trunks et le reste de la team a également été décimée par les cyborgs. La différence notable est que Trunks, adulte, n’a pas pu revenir dans la timeline n1 pour prévenir ses amis de sa victoire face à C-17 et C-18 puisque Cell l’a tué avant, a pris sa machine à voyager dans le temps et a débarqué à sa place dans la timeline n1, dans laquelle il se fera tuer par San Gohan comme chacun sait. C’est bon, vous suivez toujours ?! Aller, courage ! Bon, quant à la quatrième timeline, elle découle de la troisième puisque c’est ici que Trunks n3 débarque pour sauver tout le monde. Dans celle-ci, tout est à peu près identique à la première, mais on ne sait pas franchement ce qui s’y passe. Toutefois, on sait que Gokû y a été sauvé. OK, donc pour celles et ceux que je n’ai pas encore perdus, on est d’accord, sur quatre timelines, Gokû n’est vivant que dans deux d’entre elles.

 

Si vous avez vu les épisodes 60 et 61, vous savez désormais que Black et Samazu, le Kaïo de l’univers 10, sont une seule et unique personne. J’ai bien dit univers, hein… Pas timeline ! Et on sait également que Samazu, dans le futur, après sa toute première rencontre avec Gôku, a utilisé les Super Dragon Ball pour échanger son corps avec le sien, puis l’a tué ainsi que Chichi et Goten. Suite à ça, il a utilisé son « Anneau du Temps » afin de venir dans la timeline n2, celle de Mirai Trunks pour proposer au Samazu n2 de pactiser avec lui pour éradiquer la race humaine. Nous avons donc deux Samazu, mais d’où vient celui qu’on appelle désormais Black ? Il ne peut pas venir de la timeline no1, puisqu’il s’est fait tuer par Beerus et il ne peut pas venir de la n3, puisque dans celle-ci, Gokû est mort et donc il n’aurait pas pu échanger leurs corps. Conclusion, le Samazu devenu Black vient forcément de la timeline inconnue, c’est-à-dire la n4. Je crois que je viens d’en perdre certains, sur ce coup…

 

dragon-ball-super-episode-37-episode-36-bande-1Dragon Ball Super n’a vraisemblablement peur de rien en mêlant multiverse et voyages spatio-temporels dans un incroyable bordel. Si on a vu que le multiverse était sous-utilisé, le principe des timelines est pas mal exploité mais pas toujours correctement. En atteste un paradoxe temporel plutôt gênant qui pointe forcément le bout de son nez. Attention, ça va aller très vite ! Samazu a échangé son corps avec celui de Gokû, après l’avoir rencontré, et est donc devenu Black. Or, c’est suite à son premier combat avec Black que Gokû est allé voir Samazu. Comment Black peut-il exister alors même que Samazu n’a encore jamais rencontré Gokû ??? En gros, le mec a préexisté à sa propre création… Genre balèze, quoi ! Une faille qui n’est pas passée inaperçue sur les réseaux et qui a été âprement débattue. Toujours est-il que, à moins d’une incroyable pirouette scénaristique, les auteurs semblent avoir trouvé les limites de leurs bidouillages spatio-temporels. Cet arc, bien que bancal, reste à ce jour le plus intéressant depuis le début de DBS, celui qui prend le plus de risques. Reste à voir ce que nous réservera la suite et l’on sait déjà, grâce aux titres des épisodes à venir, qu’une fusion est à prévoir. Bejito, Gogeta… Les paris restent ouverts !

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