Dream team de Pécau, Mavric, Andronik et Verney

Dream team de Pécau, Mavric, Andronik et Verney

Note de l'auteur

Les chars et la Deuxième Guerre mondiale, épisode III. Après les Russes et les Allemands, place aux alliés avec leur Sherman, peut-être le moins efficace de tous. Alors pour en faire une machine victorieuse, l’équipage a, plus qu’ailleurs, toute son importance. De l’Angleterre à l’Allemagne, emboîtons le pas de la Dream team. Avec ses amis, ses amours et ses emmerdes. Tout schuss.

L’histoire : Mai 1944, la troisième division blindée US, basée en Angleterre, s’apprête à faire traverser la Manche à ses Sherman pour un très proche débarquement. Sauf que la progression en France ne s’annonce pas comme un long fleuve tranquille pour l’équipe du sous-lieutenant Anderson car son équipement révèle ses nombreux défauts à l’usage. Un char moyen que nous allons suivre de Normandie à la banlieue de Paderborn en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Mon avis : troisième opus de la série Machines de guerre, après le deux premiers et excellents Cette machine tue les fascistes et Krieg machine, Dream team est dans la même veine que ses petits frères. Avec le destin d’hommes à travers un char dans cette Deuxième Guerre mondiale. Le prisme de la machine est intéressant pour comprendre une époque et une tranche d’Histoire. En l’espèce, on se penche sur le Sherman M4A3E8(76), un nom un peu barbare que l’on doit aux Britanniques qui ont étrenné le Sherman avant de le baptiser. Cet équipe est échu à toutes les forces alliés et fut un élément déterminant pour gagner la guerre.

Même si, paradoxalement, loin de l’image de conquérants qu’affectent de prendre les Yankees, cette machine était loin de satisfaire les hommes lors de son introduction. Les Nazis s’en gargarisaient même la qualifiant de briquet Ronson pour sa capacité à… s’enflammer. Très vulnérable à longue distance avec son blindage léger, il fut redoutable de près grâce à une maniabilité à toute épreuve. Les alliés n’eurent de cesse de le perfectionner à mesure que le temps passait.

Il fallait pas mal de courage pour oser monter dans la bête et la maîtriser. Cinq hommes dans cette histoire constituèrent ce qu’ils nommèrent, eux-même, une dream team au point de l’inscrire sur le blindage de leur cheval motorisé. A travers cette équipe de rêve, on traverse la fin de la WWII. C’est un récit inventé mais basé sur la réalité, c’est donc passionnant à suivre. Mais si, comme souvent, les histoires d’amour finissent mal en général.

Comme dans les deux premiers opus, il y a toujours cette mine d’informations en post-face pour les passionnés avec toutes les caractéristiques techniques et toute l’histoire de cette machine qui a longtemps après le deuxième conflit mondial équipé l’armée française. Un petit cahier technique précieux et très bien documenté.

Il y en a pour tous les goûts dans cette aventure fictive mais diablement réaliste. Les conflits par le biais d’une arme, c’est osé et ça marche.

Si vous aimez : une petite partie de World of tanks, histoire de savoir lequel vous préférez.

En accompagnement : une visite dans le parc national de Sequoia en Californie là où trône Général Sherman, l’arbre qui possède le tronc le plus imposant du monde et qui aurait selon les estimations 2200 ans. Baptisé ainsi en hommage à William Tecumseh Sherman, général du camp fédéré pendant la Guerre de sécession. Tiens le même Sherman qui a donné son nom aux chars.

Autour de la BD : on ne change pas une équipe qui gagne. Le trio Pécau – Mavric – Andronik est à nouveau à la manœuvre. L’ancien prof d’histoire est toujours à l’écriture, ses compères des Balkans au crayon. Pécau est un auteur prolifique qui situe toujours ses créations dans son domaine de prédilection : l’Histoire. Le trait des deux dessinateurs est précis et net et parfois spectaculaire.

Extraits : « Le char Sherman n’est pas un bon char… Il est moins bon que le Panther ou le Tiger des Boches. Bien moins bon que le T34 ou le JS1 des Soviets. A peine moins bon que le Churchill des Rosbifs. Seulement, c’est le nôtre, et on n’en a pas d’autres, alors, les gars, faudra bien faire avec. »

Écrit par Jean-Pierre Pécau
Dessiné par Senad Mavric, Filip Andronik et Jean Verney
Édité par Delcourt

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