#DrNo Sausage Party

#DrNo Sausage Party

Note de l'auteur

sausage

 

 

 

Les sels de bain, y en a des qui les mettent dans leur bain pour se parfumer et s’adoucir la peau, les idiots. Et y en a des qui les sniffent ou qui se les injectent en intraveineuse pour planer haut, très haut dans le ciel de leur cerveau liquéfié en plein trip hallucinogène ! Des irrécupérables de l’Apatow family genre Seth Rogen (un gars avec des neurones en béton armé avec tout ce qu’il a pu fumer pour apparaitre dans des trucs pas drôles genre Délire Express ou le remake ignoble du Frelon Vert) ou encore l’insupportable Jonah Hill (capable d’être ridicule à la fois dans les comédies pas drôles genre 21 Jump Street ou les biopics faussement sarcastiques genre War Dogs). Deux tocards qui s’adonnaient déjà ensemble au nawak conceptuel de compétition avec la purge intergalactique This Is The End.
En fait, le truc dingue, quand on regarde Sausage Party, c’est qu’on visualise l’instant précis où ces énergumènes ont eu leur épiphanie toxico-morphino-opiomano-stupéfiante. Un soir, défoncés à toutes les poudres blanches qui traînaient dans leur appartement, du talc pour bébé au sucre glace, les voilà qui imaginent, en contemplant une part de pizza mâchouillée, ce que ça ferait si les aliments, ben ils étaient vivants et qu’ils mourraient dans d’atroces souffrances quand on les mangeait ! Une idée aussi tarée que géniale ! Parce qu’il y a du génie dans Sausage Party. Planqué dans les vapeurs de crack, mais bien présent.
Un super marché minable paumé en plein « Ploucland » made in USA comme il en existe des zillions. Les aliments vivent benoîtement dans une croyance aveugle. Celle du « Dieu Client » qui les choisirait et les emmènerait au paradis (un peu comme dans The Island). Dans ce purgatoire consumériste paradisiaque, Frank la saucisse en érection et Brenda le pain à hotdog chaudasse rêvent d’amour et de copulation (pas de doutes, on est bien dans l’Apatow family). Mais la réalité va très vite rattraper ces tourtereaux alimentaires qui vont découvrir l’envers du décor de la vie à base d’écorchement de patates et de viscères de boites de spaghettis éclatées sur le carrelage.
Sausage Party possède les défauts de ses qualités et réciproquement ! De ce point de départ complètement fou, Greg Tiernan & Conrad Vernon (le réalisateur de Monstres contre Aliens et Shrek 2) alternent scènes sépulcrales spectaculairement dérangeantes (une scène de guerre tétanisante à la Soldat Ryan et LA scène-choc du film, un délire gore culinaire inoubliable de drôlerie et de malaise) et paresse dégueulasse de vulgarité facile (coucou le porn food turgescent, le vrai!). Un putain de trip de drogué quoi… Où l’esprit de Jean-Marie Bigard se mettrait à hanter l’esprit délabré des auteurs. Résultat, Sausage Party se perd entre quête mystique en mousse, partouze alimentaire inoffensive et cruauté subversive. Une saucisse cocktail détonante… Et frustrante aussi. Sans cette sempiternelle fainéantise Apatowesque, cette comédie de synthèse animée pour adultes (rarissime à Hollywood) aurait pu devenir un authentique brûlot anarcho-nihiliste. Mais ces junkies de Seth et Jonah et Evan Golderg (réalisateur du navet L’interview qui tue) ont préféré fuir toute forme de subversion, en bons crétins dociles qu’ils sont. Le chef d’œuvre taré était à portée de pixel… Mais non. Définitivement non. La tribu Apatow n’est bonne qu’a se vautrer dans la vulgarité facile et foncièrement conservatrice (pour ne pas dire réac). Une putain de frustration !

Sausage Party
2016. USA. Réalisé par Greg Tiernan & Conrad Vernon.
Avec les voix de Seth Rogen, Kristen Wiig, Jonah Hill…
En salles depuis le 30 novembre

 

 


SAUSAGE PARTY — bande annonce-comic con par hitekfr

 

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