Duke Nukem 3D 20th Anniversary World Tour: Come get some!

Duke Nukem 3D 20th Anniversary World Tour: Come get some!

Note de l'auteur

Noël 1996. Alors que les autres enfants s’amusaient avec le petit plombier moustachu sur Super Nintendo, je faisais de la résistance avec mon PC et ce bon vieux Duke. Il faut se remettre dans le contexte, Duke Nukem 3D était à sa sortie une petite révolution avec au menu des injures à tout-va, des gunfights endiablés et des explosions à tous les coins de rue. Vingt ans plus tard, Duke l’immortel est de retour dans un World Tour qui résonne comme un dernier tour de piste avant une retraite bien méritée.

Back in 1996

dukeDuke Nukem 3D est un FPS old school, un Doom-like comme on disait dans le temps. Le mythique titre du très regretté studio 3D Realms est aussi la définition parfaite du jeu vraiment bourrin. À une époque où massacrer des aliens puants était plus important que de déjouer les plans machiavéliques de méchants Russes ou Nord-Coréens, Duke Nukem a laissé pour l’éternité son empreinte dans le panthéon des jeux vidéo. Gore à souhait et politiquement (très) incorrect, le jeu vous met dans la peau du antihéros le plus macho du monde à l’humour bien gras. Bien qu’il soit une caricature, Duke n’en reste pas moins un personnage ultra charismatique et facilement reconnaissable rien qu’avec son ombre. Mais ce qui fait vraiment la particularité de Duke et ce pour quoi on l’aime tant, ce sont ses légendaires répliques vulgaires comme « I’ve got balls of steel! » ou « Eat shit and die! » enregistrées par l’inimitable voix de Jon St. John.

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20161014235338_1Duke Nukem 3D ne se résume pas seulement à son personnage loufoque ! Concrètement, c’est aussi l’un des meilleurs FPS de tous les temps. Grâce à un level design complexe et intelligent, le FPS de 3D Realms est loin, même très loin, de la linéarité qu’on nous propose aujourd’hui dans les Call of Duty. Chacun des quatre épisodes (présents dans l’Atomic Edition) du jeu est littéralement unique, regorgeant d’endroits secrets à découvrir et autres puzzles à résoudre. Comme tout bon Doom-like de l’époque, vous allez devoir trouver des cartes de sécurité (bleues, jaunes et rouges) pour avancer petit à petit dans les niveaux. Pour vous frayer un chemin pas d’inquiétude, Duke, en bon américain, possède tout un arsenal, dont certaines armes vraiment délirantes comme le Shrinker ou le Freezer. Et vous allez en avoir besoin, parce que face à vous, c’est toute une armada extraterrestre qu’il va falloir atomiser. En plus d’avoir une grande variété d’ennemis, le jeu offre aussi des combats épiques, contre des boss gigantesques, qui se concluent à chaque fois par une cinématique complètement déjantée.

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20161015001131_1C’est avant tout le souci du détail qui avait mis Duke Nukem 3D sur un piédestal par rapport à ses nombreux concurrents. L’interaction avec les décors était vraiment poussée, avec par exemple de nombreux éléments destructibles ou bien l’impact des balles sur les murs à côté du sang alien dégoulinant. Mais aussi des choses toutes bêtes, comme la possibilité d’ouvrir les portes, d’allumer et d’éteindre les lumières, ou de regarder les écrans de sécurité, apportaient un petit plus non négligeable. Mais ce n’était pas tout ! Le narcissique Duke peut évidemment s’admirer dans la glace comme la Reine de Blanche Neige, boire de l’eau pour récupérer de la santé, pisser dans les urinoirs et même tiper des strip-teaseuses pixelisées, en gros, la définition de l’immersion en 1996. Autres spécificités de Duke Nukem 3D, les nombreuses références pop culturelles de l’époque, comme Terminator, Evil Dead ou même Doom.

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Peu de gens le savent, mais Duke Nukem 3D était également l’un des premiers jeux avec une vraie communauté modding. Grâce à l’éditeur de niveaux Build, les « moddeurs » ont avec le temps réalisé un contenu de qualité tout simplement énorme. À tel point que certains épisodes ont même fait l’objet d’extensions officielles comme Duke!ZONE. Encore en activité aujourd’hui, j’espère que la communauté va continuer son travail sur cette nouvelle édition, via le Steam Workshop.

 

Happy Birthday Duke!

20161021201201_1Alors, quoi de nouveau dans cette édition 20e anniversaire ? Tout d’abord, il s’agit là de la plus belle version de Duke Nukem 3D à ce jour, grâce à un lifting graphique qui fait passer le moteur en 2.5D à de la 3D plus moderne. Un meilleur éclairage permet au jeu d’être légèrement plus agréable à l’œil, parce que clairement, Duke Nukem 3D accuse ses 20 ans d’existence. Eh oui, Duke n’a peut-être pas pris une ride grâce à ses injections de stéroïdes, mais ce n’est pas vraiment le cas pour le moteur du jeu ! Pour fêter dignement cet anniversaire, Gearbox a eu la bonne idée de faire appel à des anciens de 3D Realms pour créer un tout nouvel épisode dans le pur esprit de l’opus original. J’ai beaucoup aimé parcourir cet Alien World Tour ; massacrer de nouveau les envahisseurs aliens aux quatre coins du monde est un vrai bonheur. Le retour du multijoueur est aussi un gros plus, avec une possibilité de faire la campagne en coop ou bien de se mettre joyeusement sur la tronche dans un deathmatch sanglant. Petit bémol, si les graphismes ont fait l’objet d’une attention particulière dans cette édition, on ne peut pas en dire autant pour le son qui est étouffé et beaucoup moins punchy qu’avant. Même les nouvelles lignes de Jon St. John sont moins convaincantes et sonnent faux, comme si Duke avait perdu de sa force et de son agressivité avec le temps. Heureusement pour les fans, il est toujours possible de jouer avec les dialogues classiques.

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ikszoucEn fin de compte, cette édition anniversaire est sympathique, même si elle n’est pas à la hauteur du mythe. Clairement, Duke aurait mérité mieux pour ses vingt ans ! Par exemple, la raison de l’absence des extensions de l’édition Megathon m’échappe totalement. Si vous possédez déjà la version Megathon, les nombreuses petites nouveautés ne seront pas suffisantes pour débourser 20 euros, sauf si vous êtes comme moi un fan hardcore. Pour les autres, cela dépend de votre relation avec le jeu vidéo. Si vous voulez parfaire votre culture (et collection) « vidéoludique », que vous soyez sur consoles ou PC, cette nouvelle édition Duke Nukem 3D est un must have. Par contre, si vous êtes allergiques aux jeux rétro, et ce malgré une nette amélioration des graphismes, passez votre chemin. Pour conclure, bien que cette édition sonne comme un hommage en demi-teinte, c’est toujours un plaisir coupable de revivre les aventures du légendaire Duke. J’espère du fond du cœur que tout comme la résurrection de Homeworld (tests ici et ici), Gearbox fort de son expertise avec les Borderlands en fera de même pour Duke Nukem. Hail to the King baby!

Duke Nukem 3D 20th Anniversary World Tour

Développeur : Nerve Software, Gearbox Software, LLC
Éditeur : Gearbox Publishing
Prix : 20 €

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