DVD/Blu-Ray de Warcraft : Le Commencement dispos en précommande

DVD/Blu-Ray de Warcraft : Le Commencement dispos en précommande

Note de l'auteur

C’est le moment de faire un petit retour sur Warcraft : Le Commencement qui termine son exploitation mondiale en salles et engrange les millions, surtout en Asie, ainsi que les louanges de la plupart des spectateurs (rarement ceux de la critique, voir celles du Dr No et de Herr Gaster en nos pages). Alors que les éditions DVD et Blu-Ray sont déjà annoncées pour le 31 octobre 2016, on se dit vraiment, quelle drôle de chose que la réception d’un de ces films attendus pendant des années, ici par une communauté très fidèle de joueurs n’ayant pour la plupart arpenté que le World of Warcraft, le célèbre MMORPG issu du Studio Blizzard, fournisseur de jeux terriblement addictifs aux succès colossaux (Warcraft, Hearthstone, Heroes of the Storm et tout récemment le FPS gentillet Overwatch). En général, une telle promesse appelle des réactions excessives, qu’elle déçoive ou qu’elle comble les attentes, mais cette fois, on a beau compter les défauts, le film jouit d’un indéniable capital-sympathie et évite le pire. Faut-il pour autant ouvrir la Porte des Ténèbres dans votre salon ? Petite synthèse du phénomène…

De toute évidence, la grande force de l’équipe d’Irvine réside dans sa capacité à créer des univers familiers, entre la Fantasy et le cartoon, à la violence savamment dosée, aux gameplays d’une redoutable efficacité, le tout relevé par un humour qui use de toutes les références geek, même les plus récentes. Sa force, mais aussi sa faiblesse. Il suffit de tendre l’oreille et l’on percevra les commentaires parfois véhéments mais pas toujours exagérés des fameux haters, némésis vidéoludiques des fanboys, qui lui reprochent de « disneyser » les différents genres au travers desquels elle étend son emprise. Qu’à cela ne tienne, afin de mobiliser jusqu’aux plus réticents, le studio mise sur le recrutement d’un réalisateur rapidement identifié par la communauté.

World of Warcraft recherche un réalisateur

Et Duncan Jones constitue un excellent choix, un technophile, gamer, quadra ayant totalement intégré les réseaux dans son quotidien, en connaissant les règles et se jouant des pièges du bashing facile online et de l’autopromo gonflante. Et ce gars bien, donc, comme nous, a réalisé Moon, cette petite perle minimaliste, tout en nuances de gris (pas cinquante, non, même si ça reste une histoire de lune…), comme l’astre qui lui donne son nom : un film de type SF old school dont l’esthétique renvoie humblement à Kubrick, un exercice de style franchement badant qui lui vaut une entrée convaincante dans le club des metteurs en scène à suivre. La suite, c’est Source Code. Pas ce qu’on fait de pire en matière de scénario (toujours SF) et de casting (Jake Gyllenhaal, expert polymorphe), pourtant, le résultat se révèle brouillon sur la fin, boitant un peu sur ses ellipses, même si l’ensemble reste tout à fait distrayant.Duncan-Jones Warcraft, enfin. Joie des fanboys au taquet ! Quand Sam Raimi et les producteurs voulaient centrer le film sur les Humains, Duncan Jones, lui-même ancien joueur, décrochait le projet après le forfait du premier réalisateur, malgré son maigre CV, retenu pour sa vision du scénario et sa loyauté au matériau d‘origine. Alors, quand on a apprécié le monde de Warcraft, on respire et on commence à y croire à cette adaptation cinéma. Les ingrédients sont réunis : haute main de Blizzard sur le projet, un réalisateur prometteur, un budget confortable et une histoire qui s’appuie sur une base connue, réussie, solide.

Blizzard a dit : When it’s done !

Même avec les meilleures dispositions du monde, malgré une tendance assumée à la mauvaise foi, l’honnêteté veut que l’on reconnaisse que c’est plutôt… pas beau. Parfois seulement embarrassant. Une ou deux fois presque magique (des gros plans : « mais c’est un Orc qui parle ! »). Mais à la fin, jamais la promesse n’est tenue. On est tellement loin des premiers frissons d’émotion procurés — au siècle dernier, hein — par un simple serpent aquatique (Abyss, toujours). Et plus près de nous, quand un Game of Thrones réécrit les standards de la Fantasy, on s’attend quand même au minimum syndical venant d’une telle marque. Mais, non, bien que défilent au générique les noms des créateurs historiques de la licence, les Morhaime, Metzen et consorts, force est d’admettre que la Dream Team s’est pris un mur en sortant de sa zone de confort.

L’histoire en elle-même tient le tout, surtout quand on connaît déjà le contexte, les enjeux, on compense. Mais comme pour son précédent film, il est flagrant que Jones a souffert d’avoir dû faire court et sabrer quelque quarante minutes, dont un bon nombre sont au menu des éditions DVD/Blu-ray, comme on pouvait s’y attendre (en revanche, pas de version Director’s Cut prévue, comme précisé de nombreuses fois par Duncan Jones lui-même). Trop d’ellipses « artificialisent » les relations des personnages entre eux et donnent la désagréable impression de suivre une conférence sur le commencement de Warcraft, présentation PowerPoint à l’appui. Les habitués bouchent les trous, quand le spectateur lambda reste perplexe, les résultats US en témoignent.

Warcraft : Le Commencement

Seulement trois années de développement pour le jeune réalisateur, le budget serré (environ 160 millions, mouais…), les personnages trop énormes, qui pourraient chacun prétendre à un film à part entière, quelle excuse, comment justifier, aujourd’hui, ces plans larges… euh… comment dire… compotesques ? La lumière ? En tout cas, une photo cracra, des décors, réels ou non, incapables de donner une cohérence à l’ensemble. Il faut se rendre à l’évidence, Warcraft n’est rien, cinématographiquement parlant. Rien que la rencontre d’une histoire, de ses héros, avec sa communauté, ravie de se (re)plonger dans cet univers qui lui fournit parfois encore de beaux moments avec des potes des quatre coins du monde (le vrai, et celui d’Azeroth) et pourtant… les habitués savent que Blizzard tient à sortir ses produits seulement quand ils sont prêts. Or, à l’évidence, ça n’est pas le cas pour le film et rien ne semble le justifier.

Lok’tar, voyageur !

On achètera sûrement ce fichu DVD/Blu-Ray, parce que ce soir-là malgré tout, en quittant la salle, on pouvait sans honte ranger le/la cinéphile dans sa poche pour se laisser aller à savourer les quelques private jokes tout en espérant que ce petit Orc qui nous est si cher bénéficiera d’une suite plus aboutie, ce qui est loin d’être acquis d’après les dernières rumeurs. Dès les premières minutes, en (re)découvrant les cimes enneigées qui entourent Forgefer (Ironforge, les vrais savent…), il fut difficile de réprimer l’envie de pointer l’écran du doigt en murmurant « maison » dans un hoquet. Parce que mince, quand même, il y a le souvenir du craquement sourd des [bottes en cuir de la chouette] foulant la neige de Dun Morogh au petit matin…

DVD de Warcraft

En bonus :

Deleted/Extended Scenes
Gag Reel
Origin Story
The fandom of Warcraft
ILM : Behind the Magic of Warcraft

 

 

Blu-Ray de Warcraft

En bonus :

Deleted/Extended Scenes
Gag Reel
Origin Story
The fandom of Warcraft
ILM : Behind the Magic of Warcraft
Warcraft: Bonds of Brotherhood Motion Comic
The World of Warcraft on film : Talent, VFX, Stunts and more
Warcraft: The Madame Tussauds Experience
Warcraft Teaser 2013
Source contenus DVD/Blu-Ray : Judgehype

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