Edito : CSI, La Fin est Proche

Edito : CSI, La Fin est Proche

© CBS Paramount Network Television

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Le dimanche 27 septembre 2015, CBS diffusera le dernier double épisode de CSI, histoire d’offrir une fin méritée après l’annulation de la série au terme de sa quinzième saison. Un dernier tour de piste où seront rappelées les figures tutélaires de la série : Gil Grissom (William Petersen) et Catherine Willows (Marg Helgenberger).

CBS offre ainsi aux spectateurs une réelle conclusion à une série importante même si elle a sombré dans un anonymat poli. La série que l’on voit mais que l’on ne regarde plus vraiment. Celle qui fait partie du paysage. Une habitude, chaque année un peu plus en berne. Pourtant, CSI fut une révolution. Une déferlante qui a façonné la fiction policière américaine pendant dix ans. Et savoir, aujourd’hui, que l’annonce de sa conclusion sonne comme un soulagement, provoque toujours un petit pincement au cœur.

Ne nous leurrons pas, la série a perdu de sa superbe depuis bien longtemps. Paresseuse, feignante, embourbée malgré la valse des départs et arrivées, CSI a oublié ses élans précurseurs, modernes, jusqu’à sa nature comme la science, qui ne semble plus vraiment l’objectif moteur des intrigues. Par lassitude, à force de répéter toujours les mêmes schémas. Et simplement parce qu’aucune série n’est inoxydable et que l’épreuve du temps laisse des plaies qui ne cicatrisent jamais.

C’est la malédiction du média : une obsolescence non programmée. Et la gourmandise du succès. Comme un parasite qui continue à se nourrir d’un corps desséché, les auteurs ont épuisé le filon et n’ont jamais cherché à bousculer les habitudes. Une forme d’aveuglement. De croire au mirage qui prétend que la série n’était pas cassée et qu’il ne fallait donc pas la réparer. CSI a dépassé sa date optimale d’utilisation dans la forme qu’on lui connaît. Elle reste néanmoins fondatrice, mère d’une descendance riche et fructueuse et l’un de ses enfants indirects est depuis quelques années le programme le plus regardé aux États-Unis (NCIS).

© CBS Paramount Network Television

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Pourquoi ? Parce que cette dernière n’a pas souffert des départs des acteurs et le public semble plus attaché aux têtes qu’au concept. Un joli paradoxe tant CSI a misé sur des personnages fonctions, dont la vie privée devait rester en hors-champ et ne pas bousculer la logique très fermée des épisodes. Si certains personnages ont pu évoluer avec le temps (Grissom en tête), d’autres sont restés parfaitement immuables (Nick dont on ne saura jamais rien de sa vie personnelle). La recette CSI était excellente – elle a duré quinze ans et trois séries dérivées – elle a simplement périclité par différents concours de circonstance.

Nous allons bientôt célébrer sa fin. Une fin que l’on imagine chargée de nostalgie, nous rappelant combien la série a pu nous faire vibrer, combien elle a su se montrer intelligente, combien elle restera une pierre séculaire dans la fiction télévisuelle policière au même titre que Hill Street Blues, NYPD Blue et Law & Order. Aujourd’hui, il n’existe plus de séries aussi influentes dans le paysage. La fin de CSI correspond à un nouvel état : la multiplication des hôtes de diffusion (network, câble, SVOD) a morcelé l’audience, l’éparpillant dans une vaste galaxie, fait de succès d’estime, de niches et de quelques consensus.

Avec la conclusion de CSI, se révèlent plusieurs interrogations sur les séries : de ses problématiques d’écriture au regard sur la production/diffusion. Même quand elle tire sa révérence, elle demeure une œuvre importante. À travers elle, c’est tout un art qui s’exprime ou s’est exprimé.

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